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Conditions climatiques hostiles et production de cajou en Afrique occidentale gérer l’impact

Depuis son introduction en Afrique par les explorateurs portugais au XVIe siècle, le cajou s’est répandu sur l’ensemble du continent, notamment en Afrique occidentale tropicale

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Cultivé pour contrer la désertification et l’érosion il y a quelques décennies, le cajou est aujourd’hui devenu un produit économique important.

Aujourd’hui, l’industrie du cajou contribue de manière significative à la croissance économique de plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Bénin et le Ghana, entre autres, notamment par la création d’emplois et la génération de revenus grâce à l’exportation de noix de cajou.

La noix de cajou pousse bien dans les régions tropicales et subtropicales du monde. Cela explique pourquoi environ 60 % des Noix Brutes de Cajou brutes (NBC) du monde sont produites en Afrique, l’Afrique de l’Ouest produisant plus de 45 % des noix de cajou mondiales.

Pour le citoyen lamda, le cajou étant résistant à la sécheresse, les conditions climatiques difficiles en Afrique de l’Ouest ne devraient pas affecter la production. 

Cependant, les rapports hebdomadaires de l’Alliance pour le Cajou Africain (ACA) provenant de divers pays producteurs de cajou d’Afrique de l’Ouest, ainsi que des recherches, ont montré que des conditions météorologiques défavorables affectent la production de cajou.

Cet article examine pourquoi les conditions météorologiques en Afrique de l’Ouest affectent la production de cajou, une culture largement connue pour être résistante à la sécheresse, et comment cela peut être géré.

Selon un chercheur principal de l’Institut de Recherche sur le Cacao du Ghana (CRIG), Dr Paul K. K. Adu-Gyamfi, la résistance à la sécheresse de la noix de cajou a été mal perçue.

Ceci, explique-t-il, est dû au fait que pendant très longtemps, « l’anacardier a été cultivé comme une culture de boisement pour fournir une couverture dans un environnement marginal sans aucun intérêt pour ses fruits ou ses noix ». On ne s’est donc pas beaucoup intéressé aux rendements et à la productivité des anacardiers.

Cependant, au cours des dernières années, la noix de cajou est devenue un produit de base important dont les fruits et les noix suscitent un grand intérêt économique.  

Il explique que « les rendements variables et les taux de survie des pieds de cajou dans différentes écologies dans la plupart des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest suggèrent que l’anacardier est sensible à la sécheresse, bien qu’il soit plus robuste que d’autres cultures arboricoles comme le cacao ».

Pour une productivité optimale de la noix de cajou, une combinaison positive de plusieurs facteurs environnementaux est nécessaire. Citant plusieurs études, le Dr Adu-Gyamfi a souligné l’importance de la bonne proportion de précipitations, de température et de sécheresse requise pour une productivité optimale.

« L’anacardier a besoin d’une gamme de précipitations annuelles de 1500 – 2000 mm (Sys et al. 1993) et d’une gamme de températures de 25 – 28 ᵒC (Dendena et Corsi 2014) avec une période sèche prononcée de 5 – 6 mois (Dedzoe et al. 2001) pour une productivité optimale », a-t-il souligné.

Cependant, en raison des récents changements climatiques, certains pays producteurs de cajou connaissent des conditions météorologiques défavorables à la productivité de la noix de cajou.

Au Bénin par exemple, le Dr Joseph TOKORE, chargé de programme (Bénin) du projet PRO-Cajou de l’USDA pour l’Afrique de l’Ouest et chercheur sur le cajou, explique que la pluviométrie annuelle moyenne de ces dernières années se situe entre 800 et 1100 mm, ce qui est parfois inférieur au niveau nécessaire aux anacardiers.

La situation n’est pas si différente dans plusieurs pays producteurs de cajou. Cette situation, associée à la température élevée et à la longue sécheresse que l’on connaît habituellement, affecte l’anacardier aux stades les plus critiques de la production, ce qui se traduit par une mauvaise croissance des semis pendant la phase végétative, entraînant un taux de mortalité élevé, et par le flétrissement des fleurs pendant la phase de reproduction.

Ceci affecte par conséquent le taux de croissance et le rendement de l’anacarde, respectivement.   

Une analyse de la relation entre la quantité de pluie et le rendement de la noix de cajou au Bénin par exemple montre que, bien que les rendements n’évoluent pas systématiquement en fonction de la pluviométrie, une bonne répartition de la pluviométrie dans le temps est nécessaire pour un bon rendement et donc une bonne production, a analysé le Dr TOKORE.

Par ailleurs, l’harmattan au Bénin et dans certains pays d’Afrique de l’Ouest est généralement caractérisé par « un vent sec, froid la nuit et chaud le jour, transportant des particules de poussière du Nord à l’Est, qui contribue fortement à la destruction des fleurs d’anacardier ». 

« En effet, cette poussière est composée de particules végétales (herbes, fleurs sèches, pollen), de particules animales (plumes d’oiseaux, déchets de toutes sortes), de germes, de virus, de parasites et de champignons microscopiques, qui sont source de maladies végétales et humaines », a-t-il souligné.

Gérer l’impact des conditions climatiques hostiles sur la production de noix de cajou

Si les producteurs de noix de cajou ne peuvent pas contrôler les conditions météorologiques, ils peuvent certainement gérer leur impact sur la production de noix de cajou.

Selon les docteurs Adu-Gyimffi et TOKORE, trois points clés sont nécessaires à cet égard : l’utilisation de matériel de plantation amélioré, l’augmentation de la fertilité des sols et la lutte contre les parasites et les maladies.

Grâce à la recherche, des matériaux de plantation de cajou améliorés ont été développés par divers instituts de recherche agricole en Afrique de l’Ouest.

Ces variétés améliorées de cajou sont non seulement à haut rendement et résistantes aux ravageurs et aux maladies, mais sont également, selon le Dr Adu-Gyamfi, « tolérantes au stress de l’humidité et de la température ». 

L’utilisation de clones greffés améliorés et de semis recommandés réduit l’impact des conditions climatiques hostiles sur la production.

En outre, les agriculteurs doivent augmenter la fertilité du sol de leurs plantations de cajou, en particulier les jeunes plantations de moins de cinq ans, en utilisant de la fumure organique. Cela augmente le taux de rétention d’humidité du sol et aide à réduire la mortalité, en particulier pendant la phase végétative de la production de cajou face à des températures hostiles.

L’irrigation au goutte-à-goutte, selon le Dr TOKORE, est fortement recommandée pendant la saison sèche, en particulier pour les jeunes plantations de cajou dans les deux premières années après la plantation, afin de réduire l’impact des conditions météorologiques hostiles. 

Parce que l’harmattan dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme le Bénin transporte des particules de poussière qui apportent des parasites et des maladies sur les plantations de cajou, un contrôle approprié des parasites et des maladies est nécessaire pour réduire l’impact sur la production.

Cela nécessite le respect de l’utilisation de mécanismes recommandés et fiables de lutte contre les ravageurs et les maladies qui ne compromettent pas la sécurité des consommateurs de noix de cajou et ont un « effet minimal sur l’environnement ».

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Par Isaac Piyuori

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Créer un environnement politique favorable à l’industrie du cajou en Afrique, une nécessité

L’industrie africaine du cajou est devenue très importante pour le développement économique des pays producteurs de cajou, par la création d’emplois et la réduction de la pauvreté, ainsi que pour la pérennité de l’industrie mondiale.

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Avec une production annuelle estimée à 2,1 millions de tonnes, l’Afrique produit environ 57 % des noix de cajou brutes (NBC) mondiales. Actuellement, le Vietnam, qui est le premier transformateur de cajou au niveau mondial, importe une grande majorité de ses NBC d’Afrique.

Comme nous l’avons expliqué dans l’article intitulé, Fixing the global cashew supply chain: processing in Africa the solution? (Remédier aux problèmes de la chaîne mondiale d’approvisionnement en cajou : la solution se trouve-t-elle dans la transformation en Afrique ?) de nombreux analystes et experts de la chaîne d’approvisionnement en cajou estiment que l’industrie africaine du cajou est l’épine dorsale et l’avenir de l’industrie mondiale.

Pour que l’industrie mondiale du cajou soit durable, trois problèmes majeurs doivent être résolus à savoir : la dépendance excessive à l’égard d’une seule origine, la longueur de la chaîne d’approvisionnement (au plan géographique) et le manque de fiabilité des Systèmes d’information sur les marchés.

Il a été établi dans l’article que la solution pour améliorer la chaîne mondiale d’approvisionnement en cajou et la rendre durable réside dans la croissance de l’industrie en Afrique.

Actuellement, bien que l’Afrique produise environ 57 % des NBC mondiales, pour diverses raisons, notamment le manque de motivation appropriée des producteurs agricoles, les mauvaises pratiques agricoles et l’utilisation de semences et de produits chimiques inappropriés, le continent est en sous-production et il est nécessaire de hausser sa productivité.

La transformation en Afrique demeure peu significative, ne correspondant qu’à 10 % de la transformation mondiale, en raison de plusieurs facteurs, notamment le manque d’accès à un financement fiable pour les transformateurs locaux et la faiblesse des liens vers la chaîne d’approvisionnement.

Le continent est également confronté à plusieurs problèmes de fret et de transport interne, notamment les retards qu’accusent les expéditions et le mauvais état du réseau routier, qui rendent le commerce et l’exportation de cajou difficiles, en particulier entre les pays producteurs d’Afrique.

Tous ces défis se résument à la réglementation de l’industrie du cajou en Afrique. Dans quelle mesure l’industrie du cajou est-elle bien organisée et réglementée, au niveau national et au niveau continental ? Existe-t-il des environnements politiques favorables à la croissance de l’industrie, tant au niveau national qu’au niveau continental ?

Au fil des ans, la réglementation a constitué un défi majeur pour la croissance de l’industrie du cajou en Afrique.

Présenter une vue d’ensemble des règlements dans l’industrie du cajou lors d’une table ronde, parrainé par le projet ProCashew de l’USDA, lors de la 15conférence annuelle de l’Alliance pour le Cajou Africain (ACA) en septembre 2021, Jim Fitzpatrick, expert des Systèmes d’information sur les marchés (SIM) et de la chaîne d’approvisionnement en cajou, a expliqué que la réglementation des politiques a été un défi majeur pour l’industrie, indiquant qu’il ne s’agit pas seulement d’un défi africain mais d’un problème mondial pour l’industrie.

« Dans la filière du cajou, il s’est avéré très difficile de relever le défi consistant à assurer un équilibre entre les attentes du secteur privé et les priorités du secteur public, et ce, où que l’on regarde, non seulement en Afrique mais aussi dans le monde entier », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que la volatilité du marché constitue le principal problème concernant la réglementation dans l’industrie du cajou en Afrique et au-delà. Il a expliqué que « la nature volatile du marché de cajou entraîne une distorsion du flux d’informations sur le marché, principalement un mélange de rumeurs, de spéculations et de désinformation ».

Selon lui, la réponse réglementaire des pays s’en trouve également affectée, ce qui conduit parfois à des « impacts inattendus » sur l’industrie.

Structures réglementaires en place en Afrique

En Afrique, plusieurs pays producteurs de cajou ont mis en place diverses structures et institutions pour réglementer l’industrie. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, et la Tanzanie ont tous établi des structures réglementaires différentes pour leur filière du cajou.

Le Directeur des programmes du projet ProCashew de CNFA, Olivier Kabré, a expliqué que si dans certains pays les structures réglementaires sont des initiatives du secteur privé, dans d’autres pays il s’agit d’initiatives gouvernementales avec un soutien juridique.

Le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) de Côte d’Ivoire, selon son Directeur général, DrAdama Coulibaly, est le fruit d’un accord entre les principaux acteurs et parties prenantes de la filière du cajou, y compris le gouvernement.

À l’en croire, une réglementation et une organisation adéquates de la filière du cajou, en particulier la stabilisation des prix bord champ, encouragent les producteurs agricoles, augmentent la productivité et la qualité, tout en garantissant la disponibilité des NBC pour les transformateurs locaux, ce qui conduit à la croissance globale de la filière.

Le Conseil est donc chargé d’organiser et de réglementer la chaîne d’approvisionnement du cajou en Côte d’Ivoire. En conséquence, le Conseil élabore et met en œuvre des politiques et des initiatives visant à assurer la croissance de la filière du cajou en Côte d’Ivoire.

Le Conseil de la noix de Cajou de Tanzanie, selon les dires de son Directeur général par intérim, M. Alfred Francis, assume trois fonctions principales à savoir : la réglementation ; l’enregistrement ; et la promotion. Il a indiqué que le Conseil travaille en collaboration avec le secteur privé pour développer la filière du cajou, améliorer le bien-être des producteurs agricoles et des autres acteurs de la filière.

« En matière de promotion, nous aidons également les producteurs agricoles et les autres acteurs de la filière du cajou à se constituer en groupes. Le Conseil de la noix de cajou de Tanzanie sert de lien entre le secteur privé et le gouvernement. Nous intégrons le secteur privé dans la plupart de nos travaux car, pour l’essentiel, les activités de la filière sont réalisées par le secteur privé », a-t-il déclaré lors de la table ronde de la 15conférence de l’ACA.

Au Ghana, l’Autorité de Développement des Cultures Arboricoles (TCDA) a été investie en septembre 2020 ; elle est désormais l’organisme de réglementation pour le cajou et cinq autres cultures arboricoles.

Selon les sections 2 et 3 de la Loi de 2019 sur l’Autorité de Développement des Cultures Arboricoles (Loi 1010), la loi du Parlement qui a créé l’Autorité, la TCDA doit réglementer et développer la production, la transformation, le négoce et la commercialisation du cajou, de la mangue, du karité, de la noix de coco, de l’hévéa et du palmier à huile.

Il a également été chargé, entre autres, de mener des recherches sur le développement des filières, de fournir un soutien technique ainsi que de coordonner et de faciliter le renforcement des capacités des producteurs agricoles, des transformateurs, des commerçants et des exportateurs.

La réglementation de la filière du cajou au Ghana relève donc directement de la TCDA. De plus, en 2020, le Conseil du Cajou du Ghana (CCG) a été créé pour servir d’association mère à toutes les associations du secteur privé intervenant dans la filière du cajou et pour travailler en étroite collaboration avec la TCDA afin de réglementer la filière du cajou au Ghana. 

Au Burkina Faso, le Conseil Burkinabè de l’Anacarde (CBA), la structure de régulation gouvernementale, et le Comité Interprofessionnel de l’Anacarde du Burkina Faso (CIA-B), l’association mère de tous les acteurs de l’anacarde, ont travaillé ensemble à la régulation et à l’organisation du secteur de l’anacarde.

Au fil des ans, ils ont élaboré et mis en œuvre plusieurs politiques dans la filière du cajou. L’Institut de promotion du cajou au Mozambique et l’Agence nationale du cajou en Guinée-Bissau assument des fonctions similaires dans leurs pays respectifs.

Politiques mises en œuvre et leur efficacité

Une étude menée par l’Alliance pour le Cajou Africain (ACA) sur les politiques de régulation en Afrique montre que si certaines politiques et initiatives mises en œuvre par ces structures de réglementation en Afrique ont été couronnées de succès, d’autres le sont partiellement tandis que certaines sont moins réussies.

Il indique que les politiques et les initiatives de réglementation de la production de cajou ont été généralement couronnées de succès. Les politiques les plus réussies à ce niveau sont la recherche et le développement de variétés, le soutien technique aux producteurs agricoles, la mise en relation des producteurs agricoles et des transformateurs, les infrastructures post-récolte, la réglementation en matière de qualité des exportations, l’information sur les marchés et les prix minimaux à la production.

Tandis que la recherche et le développement variétal, l’assistance technique aux producteurs agricoles et les liens entre les transformateurs et les producteurs agricoles ont été très efficaces, d’autres mesures, notamment la réglementation de la qualité des exportations, l’information des producteurs agricoles sur les marchés et la fixation de prix bord champ minimums, ont été inefficaces dans certains pays.

Le degré de réussite et l’efficacité de ces politiques varient d’un pays à l’autre. Au nombre des autres politiques qui ont été moins efficaces au stade de la production, on compte le développement des groupes de producteurs agricoles, l’amélioration des baux/titres fonciers et des centres agricoles, et les établissements d’enseignement.

En ce qui concerne le commerce et les exportations des NBC, quoique les politiques telles que l’enregistrement des exportations, l’amélioration des infrastructures post-récolte et les liens entre les producteurs agricoles et les exportateurs se soient avérées efficaces dans la plupart des pays, les guichets d’exportation, les droits d’exportation et le système de récépissés d’entrepôt présentent certains défis et sont par conséquent moins réussis et moins efficaces dans certains pays.

Dans le sous-secteur de la transformation, les subventions directes sous forme d’allégements fiscaux sur les bénéfices et d’importations en franchise de droits accordées aux transformateurs par la plupart des pays pour encourager la transformation locale sont couronnées de succès et efficaces.

Selon Jim, les subventions directes sont tout aussi efficaces mais coûteuses. La fenêtre d’exportation pose toutefois des problèmes, car Jim estime qu’elle peut avoir des « conséquences inattendues ».

La recherche a également montré que l’interdiction d’exportation des NBC, l’interdiction non résolue du commerce aux frontières terrestres, les prix fixés par le gouvernement, les mécanismes d’entreposage complexes, la transformation sans lien avec les producteurs et les objectifs irréalistes font partie des politiques, initiatives et interventions qui ont largement échoué dans l’industrie du cajou en Afrique et au-delà.

Principaux domaines d’action à améliorer en Afrique

Le commerce transfrontalier est un domaine qui nécessite davantage d’interventions politiques. Le commerce transfrontalier des NBC entre les pays africains est nécessaire au développement de l’industrie africaine du cajou.

Malheureusement, des cas d’interdiction d’exportation des NBC à travers les frontières ont été observés en Côte d’Ivoire en 2016 et en Tanzanie également. Il est toutefois encourageant de constater que ces pays se sont engagés, par l’intermédiaire de leurs dirigeants, à lever ces interdictions.

En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, selon le Dr Coulibaly, le pays est ouvert au commerce transfrontalier des NBC avec les pays voisins. Il a déclaré que le pays désapprouve cependant le commerce et le transport illégaux des NBC à travers les frontières.

Pour lui, afin d’encourager le commerce régional, les organismes de réglementation de la filière du cajou en Afrique doivent se coordonner pour s’assurer que seuls les exportateurs enregistrés et agréés sont autorisés à acheter et à transporter des NBC à travers les frontières.

En Tanzanie, selon le Directeur général par intérim, l’interdiction d’exporter les NBC a été levée et il n’existe à ce jour aucune restriction au commerce transfrontalier au-delà des exigences frontalières.

Encourager le commerce régional permettra d’ouvrir le marché des NBC au sein du continent, de créer davantage d’emplois et de revenus locaux. Le commerce régional des NBC encouragera également la transformation en Afrique.

(re)lire : Conditions climatiques hostiles et production de cajou en Afrique Occidentale : Gérer l’impact

La non-disponibilité des NBC représente un problème majeur pour bien des transformateurs locaux. La plupart des transformateurs ne sont pas en mesure d’acheter et d’entreposer suffisamment de NBC pour assurer la transformation tout au long de l’année.

Par conséquent, la plupart des usines ne sont opérationnelles que pendant les saisons locales de cajou. Le Directeur Général de l’ACA, Ernest Mintah, estime que si cette situation est due en grande partie au manque de moyens financiers, à la non-disponibilité d’un nombre suffisant de NBC à certaines périodes de l’année est également un problème.


« En encourageant le commerce régional des NBC et l’entreposage, les usines de transformation pourront plus facilement accéder aux NBC des pays voisins pour les transformer. Avec un entreposage et une disponibilité des NBC tout au long de l’année, ils pourront augmenter le traitement et, avec le temps, un pourcentage appréciable des NBC sera traité en Afrique », a-t-il déclaré.

Il est également nécessaire d’élaborer davantage de politiques dans le domaine des subventions aux transformateurs locaux en Afrique.

Pour que l’industrie africaine du cajou puisse atteindre son plein potentiel et contribuer encore davantage au développement économique et à la réduction de la pauvreté en Afrique, la transformation locale des NBC et des fruits du cajou devraient être encouragée.

Cette dynamique nécessite l’engagement et le soutien du gouvernement. Au fil des ans, les pays, notamment la Côte d’Ivoire, ont mis en place plusieurs politiques et initiatives visant à inciter les transformateurs locaux de cajou.

Les diverses structures de réglementation du cajou doivent assurer de bons liens dans la chaîne d’approvisionnement, en particulier entre les producteurs agricoles et les transformateurs.

Pour y parvenir, diverses associations d’acteurs du cajou, en particulier les associations de producteurs agricoles et les coopératives, devraient être créées, renforcées et maintenues aux niveaux local et national.

Enfin, le Conseil International Consultatif du Cajou (CICC) a été créé en 2016 pour assurer une bonne coopération entre les pays producteurs de cajou, notamment dans le cadre du commerce transfrontalier en Afrique.

Cette organisation internationale dirigée par l’Afrique dispose des pouvoirs juridiques et de l’autonomie financière nécessaires pour promouvoir et réglementer la production, la transformation et le commerce de cajou en Afrique.

Cependant, pour plusieurs raisons, parmi lesquelles figurent le manque de fonds et le manque d’engagement de certains pays membres, le Conseil n’a pas été aussi efficace que prévu.

Il importe que les pays s’engagent, surtout sur le plan financier, en faveur du Conseil et que ceux qui n’y ont pas encore adhéré le fassent.

Un CICC fonctionnel sera en meilleure position, comme l’a dit à juste titre le PDG de la TCDA, M. William Quaittoo, pour introduire des politiques qui synchroniseront les différentes politiques de la filière du cajou au niveau national et assureront la normalisation pour encourager le commerce transfrontalier en Afrique.

L’industrie du cajou en Afrique a le grand potentiel de devenir un contributeur majeur à la croissance économique, en particulier dans la création d’emplois et la réduction de la pauvreté sur le continent.

Il importe donc que les gouvernements des différents pays producteurs de cajou, en collaboration avec le secteur privé et les partenaires de développement tels que l’ACA, la GIZ et l’USDA, créent un environnement politique approprié pour permettre à l’industrie de se développer.

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Isaac Piyuori

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Communiqué

la Nonciature Apostolique en Côte d’Ivoire nommé Mgr Mambé Jean-Sylvain EMIEN au Mali

Communiqué de la Nonciature Apostolique en Côte d’Ivoire

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Nomination du Nonce Apostolique au Mali (Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire)

Le Saint Père a nommé ce mercredi 02 février 2022, Mgr Mambé Jean-Sylvain EMIEN, conseiller à la Nonciature, comme Nonce Apostolique au Mali, l’élévant en même temps au siège titulaire de Potenza Picena, avec la dignité d’Archevêque.
S.E.M Mambé Jean-Sylvain EMIEN est né à Jacqueville ( Côte d’Ivoire) le 16 septembre 1970.

Il a été ordonné prêtre le 14 décembre 1997, s’incarnant lui-même dans le diocèse de Yopougon (Côte d’Ivoire). Il est titulaire d’un doctorat en droit canonique.

Il est entré dans le service diplomatique du Saint-Siège le 1er juillet 2005 et a travaillé dans les représentations pontificales en Angola, au Nigéria, en Nouvelle-Zélande, en Espagne, en République Tchèque, en Guinée et au Mali. Il parle français, italien, anglais, espagnol, portugais.

Conférence des Evêques Catholiques de Cote d’Ivoire

CCMECCI

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Guinée Bissau :Umaro Sissoco Embaló est t’il vraiment renversé ?

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Coup d’État en cours en Guinée-Bissau, ceci après que le Président de la République ait procédé à un remaniement gouvernemental sans le consentement du Premier ministre.

Pendant ce temps, le Président de la République Umaro Sissoco Embaló et le chef du gouvernement Nuno Gomes Nabiam et les membres du gouvernement qui se trouvaient en session extraordinaire de la réunion du conseil des ministres se tiennent dans la salle Francisco João Mendes « Tchico Té » du palais du gouvernement à Bissau.

Derrière cette situation, des rumeurs font état d’une tentative de nomination du général Sandji Fati au poste de chef d’état-major des forces armées, bien qu’il soit en réserve et qu’il détienne actuellement le portefeuille du ministère de la défense.
Des informations en coulisses font état du décès du chef d’état-major des forces armées, le général Biaguê Nantan, en Espagne, une information qui n’a pas encore été confirmée par des sources officielles.

Certaines agences de presse, telles que WD et Lusa, indiquent :
Un groupe d’hommes armés, sans uniforme militaire, a tiré des coups de bazooka et des rafales de mitraillette en forçant l’entrée du siège du gouvernement, où le Président de la République présidait la réunion du Conseil des ministres.
Le président de la Guinée-Bissau, qui présidait une réunion du Conseil des ministres, a été entendu tirant des coups de bazooka et des rafales de mitrailleuse au Palais du gouvernement, mardi (01.02.02). Sur les réseaux sociaux, on fait état de plusieurs morts et blessés.
Des sources au bureau du président ont confirmé que le chef de l’État, Umaro Sissoco Embaló, et le premier ministre, Nuno Gomes Nabiam, se trouvaient à l’intérieur du bâtiment. Le personnel du Palais du gouvernement et les journalistes ont été conduits vers la porte arrière du bâtiment. Il leur était interdit d’utiliser des téléphones portables.

Les soldats ont installé des barrières dans un périmètre de 500 mètres autour du palais du gouvernement. Selon des témoins cités par l’agence de presse Lusa, une brigade d’intervention et plusieurs éléments des forces militaires et de sécurité se trouvent également près du Palais de justice.

Le chef d’état-major des forces armées, Biaguê Nan Tam, est à Barcelone depuis plusieurs jours pour suivre un traitement médical.
Les communications et les principales routes de Bissau ont été coupées. Les stations de radio ont fermé leurs portes pour des raisons de sécurité.

Dans un communiqué, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déjà condamné la « tentative de coup d’État » en Guinée-Bissau et tenu les militaires responsables de l’intégrité physique du président de la République et des membres du gouvernement de Nuno Gomes Nabiam.

minute aprés minute :
Une source de l’hôpital Simão Mendes indique à Lusa qu’au moins quatre personnes ont été blessées suite aux violences à Bissau.

Le chef de la diplomatie portugaise, Augusto Santos Silva, a quant à lui condamné les « mouvements armés » qui ont lieu à Bissau : « Il y a des mouvements armés à Bissau qui sont dirigés contre les autorités légitimes de la Guinée-Bissau, le président et le gouvernement, et le Portugal condamne toute tentative, par la violence, d’empêcher le fonctionnement normal des organes de souveraineté de la Guinée-Bissau, conformément à la constitution », a déclaré M. Santos Silva à l’agence de presse Lusa.

L’ambassade du Portugal à Bissau demande aux Portugais de rester chez eux. Dans une déclaration, l’ambassade a prévenu que « compte tenu des récents événements », les citoyens portugais ne devaient pas sortir dans la rue. Elle leur recommande également « d’attendre des informations complémentaires ».

Le radiodiffuseur public rapporte que la fusillade a endommagé le palais du gouvernement et que les « envahisseurs » ont retenu les représentants du gouvernement.

Christ Kemondé en collaboration avec Braima Nhamadjo de CAP Guinée Bissau

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