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Economie

Forum investir à Bouaké: le maire Amadou Koné capte plus de 800 milliards FCFA d’intention d’investissements, les secteurs cibles

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La Municipalité de Bouaké dirigée par le ministre ivoirien des Transports Amadou Koné, en collaboration avec le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), le Comité de Concertation Etat Secteur Privé (CCESP) et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), a organisé la première édition du forum économique « Invest In Bouaké ».

C’était du 25 au 26 janvier 2024 à la Préfecture de Bouaké, en marge de la 34ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), en présence de Mme Nialé KABA, Ministre de l’Economie, du Plan et du Développement, représentant SEM. Tiémoko Meyliet KONÉ, Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, M. Georges Koffi BOLAMO, Directeur de Cabinet Adjoint du Premier Ministre et d’environ 700 participants dont 450 opérateurs économiques. Pour cette première édition, ce sont des intentions d’Investissements de plus de 800 milliards FCFA qui ont été captées par le Maire Amadou KONÉ . Les temps forts de ces 48h du forum.

Promouvoir les potentialités économiques et touristiques, ainsi que les projets et opportunités d’investissements à Bouaké, deuxième ville de la Côte d’Ivoire, et capitale de la région de Gbêkê ( centre), tel est l’objectif général du forum économique et touristique organisé les 25 et 26 janvier 2024 à la Préfecture de Bouaké. Ce forum qui s’inscrit dans la vision du ministre ivoirien des Transports Amadou Koné, maire de la commune de Bouaké, de bâtir un « Bouaké Nouveau » a connu un franc succès avec une annonce d’un total de plus de 800 milliards d’investissements privés captés pour les 5 ans sur 200 milliards initialement espérés.

Mme Nialé KABA invite le secteur privé à prendre une part active dans la réalisation de ces projets.

Mme Nialé KABA, Ministre de l’Economie, du Plan et du Développement, représentant de SEM. Tiémoko Meyliet KONÉ, Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, s’est réjouie de l’initiative de ce forum économique qui s’inscrit dans la vision du Président de la République d’une Côte d’Ivoire Solidaire et s’aligne sur le pilier 5 du PND 2021-2025 : promouvoir un développement durable et équilibré étendu à toutes les régions. Elle a rappelé la poursuite de l’action gouvernementale dans la réalisation des grands projets de la région du Gbékè et de Bouaké avant d’inviter le secteur privé à prendre une part active dans la réalisation de ces projets.

Le maire Amadou Koné présente sa vision du «  Bouaké Nouveau » et exhorte les opérateurs économiques à venir investir à Bouaké en toute sérénité

M. Amadou KONE, Ministre du Transport, Maire de BOUAKE, a présenté sa vision du « Bouaké Nouveau », visant à faire de Bouaké une cité cosmopolite, paisible et prospère ; un carrefour d’échanges par excellence ; et un pôle agroéconomique de développement durable et inclusif.
Cette vision se traduit par la volonté de faire de Bouaké le Hub de la mobilité verte, en développant l’éco-tourisme, des unités d’assemblage de motos et de véhicules électriques, et que Bouaké redevienne le Hub de l’industrie textile. A cet effet, une entreprise a annoncé un projet d’investissement de $ 350 millions, soit 210 milliards FCFA, pour la relance de la filière textile, depuis la filature jusqu’à la confection et la commercialisation. Ce projet, qui va créer 30 000 emplois directs et 30 000 emplois indirects, a fait l’objet de la signature d’un protocole d’entente entre les grands producteurs de coton, la mairie de Bouaké et cette entreprise .

Son appel aux bailleurs de fonds à investir à Bouaké

Le maire Amadou Koné après avoir exposé les potentialités économiques de la ville a invité les opérateurs économiques à venir investir à Bouaké en toute sérénité.
«  Les espaces nécessaires pour la réalisation de vos projets sont disponibles et la Mairie de Bouaké s’engage à faciliter toutes les démarches administratives.
Nous assurerons une collaboration étroite entre le secteur privé et les autorités locales pour assurer la sécurité et le succès de vos investissements » a-t-il lancé.

A sa suite, M. Georges Koffi BOLAMO, Directeur de Cabinet Adjoint du Premier Ministre, a présenté la stratégie de développement du textile en Côte d’Ivoire et a mis en exergue les opportunités d’investissements dans le secteur du textile.

Les temps forts du Forum

Outre les allocutions de la première journée, le forum a enregistré la signature de plusieurs MOU, l’ouverture et la visite d’une foire d’exposition, le pitch de trois entrepreneurs de Bouaké, plusieurs Master CLASS, des BtoB et BtoG.
Enfin, le vendredi 26 janvier, deuxième et dernière journée du forum a débuté avec la visite des sites d’implantation des projets, guidé par le maire.
Avant de quitter Bouaké, tous les participants et les invités ont été accueillis au site touristique de N’ZI RIVER LODGE pour un déjeuner avec une animation traditionnelle.

Signature de 14 MOU

14 MOU (Memorandum Of Understanding – entendons, Déclaration d’Intention entre des Parties -), préalables à la mise en place de projets importants qui montrent les accords entre parties, en vue d’une collaboration ont été signés entre la mairie de Bouaké et des opérateurs économiques dans les secteurs de l’éducation, des infrastructures, du logement, de la construction, du financement et des études.

Foire d’exposition

Mme Nialé KABA, Ministre de l’Economie, du Plan et du Développement, a procédé à la coupure du ruban marquant l’ouverture de la foire d’exposition pilotée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. Les officiels ont visité une cinquantaine de stands d’exposants et sponsors qui ont présentés leur savoir-faire.

Pitch de 03 entrepreneurs

Côte d’Ivoire PME (CI-PME) a procédé à la sélection d’une centaine d’entrepreneurs de la ville de Bouaké. Trois projets ont été retenus pour présenter leurs projets à l’auditoire.
Le premier projet est la mise en place d’une WEB TV pour la promotion de la ville de Bouaké, le second a porté sur la transformation de la tomate en poudre et le troisième sur la transformation, le conditionnement et la commercialisation du café ivoirien.
Les trois entrepreneurs, ont été félicité pour leurs projets et ont reçus l’assurance de bénéficier de l’accompagnement de CI-PME, de la mairie de Bouaké, du Ministère du Commerce et de l’Industrie, du CEPICI et deux structures financières.

Les Master Class- partage d’expérience

Trois sessions de Master Class ont porté sur les axes suivants:

  1. Master Class 1 : « Comment obtenir un accompagnement et un financement pour développer son projet, du GUDE-PME»
  2. Master Class 2 : « La conception et fabrication de machines et outillages destinés à la production agricole et l’agro-industrielle » ;
  3. Master Class 3 : « La mobilité électrique pour une Ville Durable »

Au titre des BtoB et BtoG et des intentions d’Investissements

Le maire a rencontré une cinquantaine d’entreprises sur les deux journées.
Des intentions d’investissements ont été annoncées à hauteur de 816,790 milliards FCFA portant sur :
• Trois projets proposés par le CEPICI : 18,990 milliards FCFA
• Huit projets du secteur privé : 22,5 milliards FCFA
• Six projets de la Mairie : 88,3 milliards FCFA
• Trois projets Public/Privé : 477 milliards FCFA
•Un projet textile : 210 milliards FCFA
Quelques projets, notamment l’aménagement de la plateforme logistique et industrielle sur 1000 hectares, la construction de deux échangeurs et le Projet Flying Whales de Cargo Fret aérien avec ballon dirigeable, dans la ville de Bouaké, n’ont pas encore été chiffrés.

Les 37 projets et opportunités d’investissement à Bouaké

SECTEUR DE L’AGRO-INDUSTRIE (6)
Reprise de l’usine de textile Gonfreville (de la filature à la confection) sur 60 hectares ;
Réalisation d’une usine de production de jute (sacs pour l’emballage des produits agricoles) ;
Plantation industrielle de maïs irrigué sur 1000 hectares Plantation industrielle de piment sur 50 hectares ;
Création d’un complexe rizicole au centre de la Côte d’Ivoire sur 6 000 hectares ;
Plantation industrielle d’ananas sur 2 000 ha.

SECTEUR DE L’ELEVAGE (4)
Promoteur Installation d’un ferme avicole de 1,2 millions de têtes ;
Construction d’un abattoir moderne de volaille d’une capacité de 50 000 têtes par jour ;
Création de ranchs de bétail (Bovins, Ovins) sur 3000 têtes (1 500 hectares) ;
Installation d’unités de fabrication d’aliments de bétail (fourrages,…) 5 000 tonnes par an.

SECTEUR DE LA LOGISTIQUE ET DU COMMERCE (5)
Aménagement d’une plateforme logistique dans la zone industrielle de 1000 hectares à Bouaké ;
Installation d’une chaîne du froid comprenant une réfrigération centrale conteneurisée… ;
Construction du marché de gros de Bouaké 12,4 hectares ;

Construction d’un espace de 200 Restaurants / Buvettes (maquis) ;
Construction de marchés à thèmes (bois, quincaillerie, mécanique, produits halieutiques…

SECTEUR DES SERVICES ET DE L’EDUCATION (8)
Création d’un Centre d’écoute et d’appels téléphoniques ;
Construction de 15 écoles primaires et secondaires dans les quartiers et villages…
Ouverture d’un Lycée international à Bouaké ;
Construction d’une pépinière municipale ;
Construction d’une salle de cinéma et de spectacle ;
Création d’une brigade de salubrité
Réhabilitation de la piscine municipale ;
Construction d’une académie sportive avec hôtel et casino au sein du N’Zi river lodge.

SECTEUR DE LA CONSTRUCTION / INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT (9)
Création d’une usine d’assemblage de motos électriques (3M) ;
Construction de la gare routière principale ;
Construction d’un échangeur au carrefour de la préfecture à Bouaké ;
Démarrage de la mise en œuvre du plan de mobilité urbaine durable ;
Construction d’un Echangeur de type flyover ;
Construction d’un aérogare moderne (en prélude aux vols internationaux) ;
Restructuration urbaine autour de l’autoroute A3 (après la prise d’une DUP) ;
Construction d’une gare interurbaine et internationale ;
Bitumage des trottoirs de la ville de Bouaké.

SECTEUR DE LA CONSTRUCTION / ENVIRONNEMENT ET LOGEMENT (5)

                                                                                                                           Construction de logements sociaux, moyens et haut standing de 5 000 logements ;                       

Réalisation d’un centre de collecte et de traitement de déchets plastiques sur le modèle Nigérian « Payer l’école grâce à la collecte de déchets plastiques » ;
Réalisation d’un parc de loisir vert sur 40 hectares ;
Centre de traitement de boue de vidange ;
Réalisation d’un hôtel / appartement de 100 lits pour accompagnants de malades…

Sercom Amadou Koné

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Côte d’ivoire : Crise du café-cacao / le SYNAP-CI prépare la riposte du 16 septembre

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La crise qui secoue la filière café-cacao prend une nouvelle tournure. Le Syndicat national des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) prépare une mobilisation pour le 16 septembre 2026, avec le soutien annoncé de l’ensemble des organisations de producteurs.

Sur le terrain, les difficultés persistent. Des stocks résiduels de la campagne 2025-2026 demeurent, selon le SYNAP-CI, entre les mains de nombreux producteurs. Leur écoulement reste une préoccupation majeure pour les planteurs, confrontés à des difficultés financières alors que la nouvelle campagne se profile.

À cette situation s’ajoute le nouveau prix annoncé pour la campagne 2026-2027. Son niveau suscite de fortes inquiétudes chez les producteurs, qui estiment que leurs revenus restent sous pression face aux charges de production, de transport et d’entretien des plantations.

La commercialisation et les nouvelles exigences liées à la traçabilité constituent également des préoccupations dans la filière. Pour les organisations de producteurs, ces difficultés successives fragilisent davantage les conditions de vie des planteurs.

Le SYNAP-CI prépare la mobilisation

Face à cette situation, le SYNAP-CI a adressé un préavis de grève au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières. La date du 16 septembre 2026 est ainsi retenue comme échéance pour le mouvement annoncé.

Le syndicat assure qu’il n’agit pas seul. L’ensemble des organisations de producteurs sont annoncées aux côtés du SYNAP-CI dans cette démarche. Une mobilisation collective destinée à faire entendre les revendications des producteurs et à obtenir des réponses aux difficultés qui affectent la filière.

Avant cette échéance, le président national du SYNAP-CI convoque les coordinateurs et délégués à une importante réunion de concertation. Elle aura lieu dimanche 13 septembre 2026, à 10 heures, au bureau régional du SYNAP-CI à Daloa.

Cette rencontre doit permettre d’examiner la situation, d’harmoniser les positions et de définir les dernières dispositions à prendre avant la date annoncée de la grève.

Présentée comme « exceptionnelle et décisive », la réunion de Daloa doit également permettre de renforcer la cohésion entre les différentes structures du syndicat et de préparer la mobilisation sur le terrain.

À trois jours de la grève annoncée, le SYNAP-CI et les autres organisations de producteurs veulent donc parler d’une seule voix. L’enjeu est désormais de trouver des réponses aux préoccupations liées aux stocks résiduels, au prix du cacao et aux conditions générales de commercialisation, dans une filière qui traverse une période de fortes tensions.

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Yamoussoukro : le dialogue social au cœur de la bataille pour un meilleur revenu des producteurs de cacao

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Comment améliorer durablement les revenus des producteurs et les conditions de travail dans la cacaoculture ivoirienne ? C’est l’une des principales questions au cœur de l’atelier de trois jours ouvert ce mercredi à Yamoussoukro, avec l’appui de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

La rencontre intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la première économie cacaoyère mondiale, marqué notamment par le lancement de la nouvelle campagne et les interrogations suscitées par le prix annoncé de 1 200 FCFA le kilogramme.

Autour de la table : pouvoirs publics, Conseil du Café-Cacao, organisations de producteurs et de travailleurs, employeurs, entreprises, coopératives, société civile et partenaires techniques. Objectif : dépasser les constats et rechercher, à travers le dialogue social, des réponses concrètes aux difficultés qui affectent les différents maillons de la chaîne de valeur.

Prenant la parole au nom de la Directrice pays de l’OIT, Mme Ndèye Koumba Diop, le spécialiste du dialogue social, Amoussou Faustin, a insisté sur la nécessité d’une approche collective.

Pour lui, la performance économique de la filière ne pourra être durable que si elle s’accompagne d’une meilleure répartition des bénéfices, de conditions de travail décentes et d’un dialogue régulier entre les différentes catégories d’acteurs.

« Aucune aventure solitaire ne peut prospérer dans ce domaine », a-t-il lancé, invitant les acteurs à privilégier l’écoute, la confiance et la recherche de solutions partagées.

Les défis sont nombreux : faibles revenus, travail des enfants, conditions de travail, gouvernance des coopératives, durabilité environnementale, transparence et nouvelles exigences des marchés internationaux. Autant de problématiques qui nécessitent, selon l’OIT, une concertation structurée.

Gbongué Mamadou, Directeur chargé des projets et du suivi-évaluation du Conseil du Café-Cacao, a pour sa part placé le producteur au centre de la réflexion.

« Sans producteur, il n’y a pas de cacao, pas de café et pas de chocolat », a-t-il rappelé, soulignant le rôle déterminant du planteur dans toute la chaîne de valeur.

Il a expliqué que la majorité des exploitations cacaoyères ivoiriennes sont de petites exploitations familiales, généralement de trois à quatre hectares, où le ménage assure une part importante du financement et de la main-d’œuvre.

Dès lors, améliorer le revenu du producteur revient aussi à améliorer les conditions de vie de toute la famille agricole : alimentation, santé, scolarisation des enfants, investissement et développement des communautés rurales.

Sur le prix de 1 200 FCFA/kg, au centre des débats depuis l’annonce de la nouvelle campagne, Gbongué Mamadou a reconnu les interrogations des acteurs. Il a toutefois rappelé que le prix du cacao reste fortement lié aux fluctuations du marché international et que la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un mécanisme de commercialisation destiné à sécuriser autant que possible le revenu des producteurs.

Mais, selon lui, la question du revenu ne saurait être réduite au seul prix bord champ.

L’amélioration de la production et de la productivité, la diversification des revenus, la réduction des coûts d’exploitation et le développement de nouvelles compétences constituent également des leviers essentiels pour accroître la rentabilité des exploitations.

Cette approche prend une importance particulière face à la difficulté croissante d’accès à la main-d’œuvre agricole. L’objectif est notamment de permettre aux producteurs de disposer de revenus suffisants pour rémunérer une main-d’œuvre extérieure lorsque cela est nécessaire.

Dans cette perspective, le Conseil du Café-Cacao travaille également à la professionnalisation des métiers de la filière, notamment à travers la mise en place d’un centre de formation dédié aux métiers du cacao.

La question du revenu est par ailleurs étroitement liée à celle du travail des enfants.

Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Adama Camara, la Directrice générale du Travail, Fanta Coulibaly Kagambega, a rappelé que la performance d’une filière ne doit pas se mesurer uniquement à sa capacité à générer de la richesse.

Elle doit également être appréciée à l’aune de sa capacité à améliorer durablement les conditions de vie de ceux qui produisent cette richesse.

Lorsque les revenus des ménages agricoles restent insuffisants pour couvrir les besoins essentiels, la vulnérabilité augmente et peut favoriser la persistance du travail des enfants.

L’amélioration des revenus apparaît ainsi comme un enjeu à la fois économique, social et humain, directement lié au travail décent, à la dignité des travailleurs et à la protection des générations futures.

Les assises de Yamoussoukro ambitionnent donc de poser les bases d’un mécanisme permanent de dialogue social dans la filière cacao. Les participants devront notamment examiner les dispositifs actuels de concertation, identifier leurs limites, renforcer les capacités de négociation des acteurs et dégager des pistes d’action concrètes.

Les échanges portent également sur le concept de revenu vital, les mécanismes de création et de répartition de la valeur ainsi que les moyens de favoriser le travail décent tout au long de la chaîne de production.

Pour les autorités en charge de l’Emploi et de la Protection sociale, le dialogue social ne doit pas rester un simple cadre d’échanges. Il doit devenir un outil concret de transformation de la filière.

La Côte d’Ivoire dispose pour cela de plusieurs atouts : des institutions publiques, des organisations professionnelles, une filière structurée, des experts et des partenaires techniques engagés.

Des avancées existent également sur le front de la protection sociale, avec notamment la prise en charge des cotisations liées à la Couverture maladie universelle des producteurs affiliés au Conseil du Café-Cacao et la mise en œuvre du régime social des travailleurs indépendants, qui ouvre progressivement aux producteurs agricoles l’accès à des droits sociaux, notamment en matière de retraite.

Au-delà des discours, l’enjeu sera désormais de transformer les échanges de Yamoussoukro en engagements, mécanismes de concertation et actions mesurables.

Dans un contexte où le revenu des producteurs demeure au centre des préoccupations et où les marchés internationaux imposent des exigences croissantes en matière de traçabilité, de durabilité et de travail décent, le défi est de taille.

Car derrière chaque tonne de cacao exportée se trouvent des producteurs, des travailleurs, des familles et des communautés dont le niveau de vie dépend directement de la capacité de la filière à créer de la valeur, mais surtout à mieux la partager.

Christ Kémondé

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Côte d’Ivoire : Gbongué Mamadou rassure sur la sécurité du prix et du revenu des producteurs de cacao

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Dans le cadre des réflexions sur le dialogue social et l’amélioration des conditions de vie dans la filière cacao, Gbongué Mamadou, représentant du Conseil du Café-Cacao (CCC), est revenu sur la stratégie de commercialisation de la Côte d’Ivoire. Face aux discussions suscitées par le prix d’achat du cacao fixé à 1 200 FCFA pour la présente campagne, le responsable du CCC a tenu à apporter des clarifications aux acteurs du secteur et aux producteurs.

Reconnaissant que la fixation du prix dépend des fluctuations du marché international de l’offre et de la demande, Gbongué Mamadou a défendu le choix stratégique opéré par les autorités ivoiriennes. La Côte d’Ivoire a fait l’option d’une stratégie de commercialisation qui permet de sécuriser le producteur, affirmant qu’il s’agit de la meilleure option possible pour garantir le revenu du producteur de cacao. Il a rappelé que sécuriser ce revenu demeure un engagement prioritaire pour l’État de Côte d’Ivoire et le Conseil du Café-Cacao, car sans producteur, il n’y a ni cacao, ni café, ni chocolat.

Au-delà de la question tarifaire, le représentant du CCC a souligné les efforts entrepris pour renforcer la protection sociale des ménages agricoles, qui restent majoritairement de petites exploitations familiales. Depuis l’année dernière, le gouvernement a autorisé la prise en charge intégrale des cotisations de la Couverture Maladie Universelle (CMU) par le Conseil du Café-Cacao au profit des producteurs et de leurs familles, afin de leur garantir un accès décent aux soins de santé.

Conscient des blocages liés aux règles du marché mondial et aux lois antitrust dès lors qu’il s’agit d’évoquer uniquement le prix, Gbongué Mamadou préconise d’agir sur d’autres leviers complémentaires, notamment l’amélioration des rendements et la diversification des revenus des planteurs, la structuration de la main-d’œuvre avec la création du Centre de formation aux métiers du cacao, ainsi que la mise en œuvre de la traçabilité complète via la carte du producteur.

Pour le Conseil du Café-Cacao, l’enjeu des travaux actuels réside dans l’établissement d’un dialogue social durable et inclusif, capable de dégager des synergies concrètes et de garantir des conditions de travail et de vie dignes à l’ensemble des producteurs ivoiriens.

Christ Kemondé

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