Connect with us

Édito

[Côte d’Ivoire : Billet retour dans l’administration ivoirienne] remblayage illégal de la lagune Ébrié à Cocody, une affaire de fantômes ou d’extra-terrestres?

Published

on

Ce numéro 4 de votre rubrique satirique préférée  » Billet retour  » publiée dans les colonnes du journal numérique infocentrale.net, s’insurge contre le flou béant qui a droit de cité dans la rocambolesque « Affaire [de] remblayage illégal de la lagune Ébrié », dans les environs de la commune de Cocody, à Abidjan. Ce vaste chantier réalisé sur la planète terre, en République de Côte d’Ivoire, semble le fait des fantômes ou des extra- terrestres et, non, des humains. « Mais un jour, il fera jour et la vérité imposera à tous, les identités de l’auteur de ce giga-chantier et de tous ses complices », dixit un politologue.

Tout comme la mauvaise qualité des travaux du stade Alassane Ouattara d’Ébimpé attribuée alors à la densité pluviométrique avant que les langues ne se délient, le remblayage de la lagune Ébrié dans les environs de Cocody semble non pas le fait des humains, mais plutôt des forces invisibles, extra-terrestres, à en croire les déclarations des uns et le mutisme des autres.

Le remblayage dit illégal de la lagune Ébrié dans les environs de la commune de Cocody a été ébruité par les médias et les réseaux sociaux.

Devant l’ampleur de la polémique, la Mairie de Cocody est récemment montée au créneau pour se défendre. Ainsi, face à la presse le 11 février 2026 dernier, elle a décrié par le biais du Conseil Arnaud Guy Valère Koua, le non-respect du protocole d’application du Décret No 2019-591 du juillet 2019 relatif à l’exploitation du domaine public ou fluvio-lagunaire.

De cette déclaration à première vue très intéressante découle inexorablement et rationnellement plusieurs interrogations suivantes :
1- Qui ou qu’elle autorité administrative a-t-elle donc autorisé la réalisation de ces travaux?
2- Pourquoi la Mairie de Cocody au travers de sa direction technique, n’a-t-elle pas stoppé les travaux dès le départ, afin d’identifier son auteur et de s’assurer s’ils sont exécutés dans les règles de l’art, comme c’est le cas dans toutes les villes et communes de la Côte d’Ivoire?
2- La typologie des travaux de remblayage de la lagune Ébrié dans les environs de la commune de Cocody ne pouvait-elle pas susciter et/ou impliquer l’intervention des services des ministères des affaires maritimes, de la construction, de l’environnement et de la Mairie de Cocody, dans une synergie d’actions concertées, au bénéfice du peuple?

« La Côte d’Ivoire est un pays très magnifique. Ici, les gens pissent sur le mur puis ça va pas souvent quelque part, sapant ainsi le travail du vieux », a soutenu mordicus un philosophe spécialisé en communication politique.

Prompts à traquer ceux qui réclament justice et le changement dans plusieurs domaines, les légalistes, du moins certains, peinent étonnemment à s’auto-inviter dans ce débat, de crainte de mettre, peut-être, les jolis jouets de Kunta-Kinté sur le poignet d’un des bons petits du vieux.

Mais face au caractère plausible des événements, la réaction du vieux et des parlementaires est tant attendue. Car le vieux a promis rigueur, transparence comme dans les années 90-93, et lutte contre la fraude, la corruption et le blanchiment d’argent lors de ce quinquennat toujours contesté par Woody et TiThi.

Ouncado PIERROT

Édito

Côte d’Ivoire : attaques contre Tidjane Thiam, les faits contredisent Anoma Magloire

Published

on

Dans une interview accordée au quotidien Liberté, Magloire Anoma Kouao, membre du Bureau politique du PDCI-RDA et ancien responsable du parti à Aboisso, a livré une sévère critique de la direction actuelle. Au cœur de ses déclarations, une affirmation particulièrement tranchée : Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI ». L’ancien responsable va plus loin, jugeant le président du parti « pas courageux » et estimant qu’il « a échoué ».

Des propos qui relancent le débat sur la gouvernance du PDCI-RDA, le fonctionnement de ses instances et surtout sur la notion de « militant avéré ». Mais face aux déclarations, les faits politiques et les résultats des consultations internes du parti imposent une autre lecture.

Une charge politique qui pose la question du militantisme

La critique d’un président de parti n’a, en soi, rien d’exceptionnel. Dans une formation politique structurée comme le PDCI-RDA, le débat interne, la contradiction et la confrontation des idées font partie de la vie démocratique.

Magloire Anoma Kouao réclame notamment la tenue d’un Bureau politique et dénonce ce qu’il considère comme une concentration de la décision autour de la direction actuelle. Il plaide pour davantage de discussions au sein des instances et revendique, de son côté, plusieurs années d’engagement au sein du parti.

Le débat est donc légitime.

Mais lorsque l’ancien responsable affirme que Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI », la question mérite d’être confrontée aux faits.

Car qu’est-ce qu’un militant « avéré » ? Est-ce uniquement celui qui compte le plus grand nombre d’années dans les structures du parti ? Est-ce celui qui a occupé le plus de responsabilités ? Ou est-ce également celui qui participe à la vie démocratique de la formation et accepte le verdict de ses instances ?

C’est sur ce terrain que la polémique prend une autre dimension.

Le parcours de Tidjane Thiam ne peut pas être effacé

Réduire le parcours politique de Tidjane Thiam à son éloignement de la vie politique ivoirienne pendant plusieurs années serait incomplet.

Le PDCI-RDA lui-même retrace, dans sa présentation officielle de ses dirigeants, plusieurs étapes de son engagement politique. Le parti rappelle notamment son rôle auprès d’Henri Konan Bédié et son entrée au Bureau politique en 1996.

Certes, chacun peut apprécier différemment la régularité ou la profondeur de ce parcours.

On peut considérer que son activité politique a connu des périodes d’interruption. On peut également discuter de son implantation dans les structures locales du parti ou de sa présence sur le terrain.

Mais entre considérer un parcours comme insuffisant et affirmer qu’il n’existe « aucun parcours », il y a une différence importante.

L’histoire politique du PDCI-RDA apporte ici un élément de contradiction à l’affirmation d’Anoma Magloire.

Le verdict des militants, un fait difficile à contourner

L’autre élément central de cette controverse est le vote des militants et des congressistes.

Tidjane Thiam n’est pas devenu président du PDCI-RDA par désignation personnelle.

Lors du 8e Congrès extraordinaire électif, organisé le 22 décembre 2023, il a été élu président du parti avec 4 001 voix, soit 96,48 % des suffrages exprimés, face à Jean-Marc Yacé.

Cette victoire constituait déjà un signal politique majeur.

Mais le résultat a été confirmé lors du 9e Congrès extraordinaire, tenu le 14 mai 2025. Tidjane Thiam y a été reconduit à la tête du PDCI-RDA avec 99,77 % des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par le comité électoral.

Deux consultations internes. Deux victoires très larges.

Ces résultats ne signifient évidemment pas que le président du PDCI-RDA est au-dessus de toute critique. Ils signifient cependant que sa légitimité interne repose sur des votes exprimés dans le cadre des instances du parti.

Dès lors, une déclaration médiatique ne peut, à elle seule, effacer le verdict des congressistes.

Une question à ceux qui contestent sa légitimité

La polémique soulève alors une question politique simple.

Si certains cadres estiment que Tidjane Thiam n’est pas suffisamment expérimenté, qu’il manque de courage ou qu’il a échoué, pourquoi ne pas porter cette contestation directement devant les militants ?

La démocratie interne donne précisément aux responsables politiques la possibilité de défendre une autre vision, de présenter une candidature et de demander aux militants de trancher.

C’est là que se mesure véritablement la force d’une conviction politique.

Il est toujours possible de critiquer un dirigeant après son élection. Il est beaucoup plus exigeant de se présenter devant les militants et de leur demander de choisir une autre voie.

La légitimité politique se conquiert par les urnes, mais elle se respecte également après le vote.

« Il a échoué » : de quel échec parle-t-on ?

L’affirmation selon laquelle Tidjane Thiam « a échoué » mérite également d’être précisée.

A-t-il échoué à conquérir la présidence du PDCI-RDA ? Non. Il l’a remportée en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.

A-t-il échoué à conserver cette fonction ? Non plus. Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.

Son parcours politique comporte néanmoins des difficultés majeures. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2025 a notamment été empêchée dans le cadre des procédures portant sur son éligibilité et sa situation de nationalité.

Mais il convient de distinguer une défaite électorale d’une candidature empêchée pour des raisons juridiques.

Tidjane Thiam n’a pas été battu dans les urnes lors de la présidentielle ivoirienne de 2025. Il n’a pas été confronté au suffrage présidentiel.

Cette nuance est essentielle dans toute analyse politique.

Anoma Magloire pose aussi des questions légitimes

Pour autant, il serait journalistiquement incorrect de rejeter l’intégralité des critiques formulées par Magloire Anoma Kouao.

Certaines de ses interrogations méritent d’être débattues.

Sa demande de voir se réunir les instances du parti, notamment le Bureau politique, relève d’une préoccupation qui peut être entendue. Dans toute formation politique, les dirigeants doivent pouvoir être interpellés, les décisions discutées et les orientations stratégiques débattues.

Un président de parti n’est pas infaillible.

La direction doit accepter la contradiction.

Les cadres doivent pouvoir exprimer leurs désaccords.

Les militants doivent pouvoir être consultés.

Et les textes du parti doivent constituer la référence commune.

Sur ce point, Anoma Magloire pose donc un véritable sujet : celui du fonctionnement démocratique des instances du PDCI-RDA.

Mais le débat interne ne doit pas nécessairement conduire à la délégitimation permanente du président élu.

« Les alliances se discutent au Bureau politique » : le principe vaut pour tous

Dans son entretien, Magloire Anoma estime également que les éventuelles alliances politiques du PDCI-RDA doivent être discutées au sein des instances du parti et non décidées dans un cercle restreint.

Sur le principe, cette revendication peut difficilement être contestée.

Les grandes orientations d’un parti doivent être débattues dans les structures compétentes.

Mais cette exigence appelle une autre interrogation : si les instances doivent être le lieu de décision pour les grandes orientations politiques, ne doivent-elles pas également être le lieu privilégié pour contester la gouvernance du président ?

La presse peut être un espace d’expression.

Elle ne peut cependant pas se substituer aux instances statutaires d’un parti politique.

Lorsqu’un cadre estime qu’une décision est contraire aux intérêts du PDCI-RDA, le meilleur moyen de la combattre reste de porter le débat devant les structures habilitées.

« Dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu »

L’une des formules utilisées par Anoma Magloire mérite également attention.

Il estime que lorsqu’on arrive dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu avant soi.

L’image est forte et rappelle une réalité essentielle : le PDCI-RDA possède une histoire, une mémoire et des générations de militants qui ont contribué à son existence.

Les anciens méritent donc respect et reconnaissance.

Mais respecter les anciens ne signifie pas figer le parti dans son passé.

Une formation politique peut préserver ses fondations tout en modernisant son fonctionnement.

Elle peut honorer son histoire tout en ouvrant davantage ses portes aux jeunes.

Elle peut reconnaître l’expérience des anciens sans empêcher l’émergence de nouvelles générations.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre anciens et nouveaux, mais de parvenir à faire travailler les deux générations ensemble.

Le véritable défi : quelle alternative au-delà de la critique ?

C’est probablement là que se situe le cœur du débat.

Dire que Tidjane Thiam n’est pas courageux est une appréciation politique.

Dire qu’il a échoué est un jugement.

Dire qu’il n’est pas un militant avéré est une position.

Mais quelle alternative est proposée ?

Quelle stratégie pour reconquérir le pouvoir ?

Quelle organisation pour renforcer le parti sur le terrain ?

Quelle place pour les jeunes et les femmes ?

Quelle stratégie pour les échéances électorales à venir ?

Quelle réponse aux attentes des militants ?

Ces questions sont beaucoup plus importantes pour l’avenir du PDCI-RDA que les affrontements de personnes.

Un parti politique ne se renforce pas uniquement par la multiplication des critiques contre son président. Il se renforce également par la capacité de ses cadres à proposer des solutions et à convaincre la base.

Le militantisme ne se résume pas à l’ancienneté

Au fond, la polémique pose une question plus profonde : qu’est-ce qu’être un « militant avéré » ?

L’ancienneté est certainement un élément important.

L’engagement sur le terrain compte.

La fidélité au parti compte.

L’expérience compte.

Mais le militantisme politique suppose également le respect des règles communes et des décisions issues des mécanismes démocratiques.

Si l’ancienneté devenait le seul critère de légitimité, les nouvelles générations seraient condamnées à attendre indéfiniment avant de prendre des responsabilités.

Or un parti qui veut conquérir ou reconquérir le pouvoir doit nécessairement se renouveler.

L’expérience des anciens et l’énergie des nouvelles générations doivent donc se compléter plutôt que s’affronter.

Après le vote, vient le temps du rassemblement

La démocratie ne s’arrête pas le jour du vote.

Avant une élection, chacun doit pouvoir défendre son candidat.

Pendant la campagne, chacun doit pouvoir convaincre.

Mais après le scrutin, la décision collective doit être respectée.

Dans le cas de Tidjane Thiam, deux consultations internes ont produit des résultats particulièrement nets : 96,48 % en 2023 et 99,77 % en 2025.

Ces chiffres ne le rendent pas infaillible.

Ils ne lui donnent pas un blanc-seing.

Ils ne signifient pas que les critiques doivent être interdites.

Ils établissent simplement une réalité : le président du PDCI-RDA dispose d’une légitimité élective interne qui ne peut être effacée par une déclaration dans la presse.

Ceux qui souhaitent une autre orientation disposent, eux aussi, de moyens démocratiques pour la défendre.

Ils peuvent saisir les instances.

Ils peuvent présenter des propositions.

Ils peuvent convaincre les militants.

Et, lorsque le moment viendra, ils peuvent solliciter leur suffrage.

Le PDCI-RDA au-dessus des querelles de personnes

Au-delà de la confrontation entre Magloire Anoma et Tidjane Thiam, c’est finalement l’avenir du PDCI-RDA qui est en jeu.

Le parti peut-il conjuguer son héritage historique avec les exigences d’une formation politique moderne ?

Peut-il permettre la critique sans tomber dans la division ?

Peut-il donner toute leur place aux anciens tout en permettant aux jeunes générations d’émerger ?

Peut-il organiser un débat interne suffisamment ouvert pour que les divergences se règlent dans les instances plutôt que par médias interposés ?

C’est à ces questions que les responsables du parti devront répondre.

Magloire Anoma a raison sur un point : le PDCI-RDA doit rester un parti de débat.

Mais le débat ne doit pas devenir une guerre permanente de légitimité.

Tidjane Thiam a un parcours au sein du PDCI-RDA, même si chacun peut apprécier différemment son degré d’implication selon les périodes.

Il a été élu président du parti en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.

Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.

Ces faits constituent une réalité politique incontournable.

La critique est légitime. La contradiction est nécessaire. Le débat est indispensable.

Mais la démocratie impose également une autre exigence : respecter le choix collectif.

Le PDCI-RDA est plus grand que Tidjane Thiam. Il est également plus grand que Magloire Anoma Kouao. Il est plus grand que chacun de ses dirigeants et de ses cadres.

La « maison verte » appartient à l’ensemble de ses militants.

Aux anciens de transmettre.

Aux nouvelles générations de construire.

Aux dirigeants d’écouter.

Aux contestataires de proposer.

Et à tous de préserver l’essentiel : l’unité du parti, le respect de ses textes, la vitalité de son débat interne et la conquête démocratique du pouvoir d’État.

Le véritable militantisme ne se mesure pas seulement au nombre d’années passées dans une maison politique. Il se mesure aussi à la capacité de la faire vivre, de respecter ses règles et d’accepter le verdict de ceux qui en constituent la base.

Christ Kémondé

Continue Reading

Édito

Côte d’Ivoire : Peut-on salir la mémoire de Félix Houphouët-Boigny sans preuves ?

Published

on

Une publication diffusée sur un profil Facebook dénommé « Jean Pierre Du Pont Officiel » suscite une vive controverse en raison des graves accusations qu’elle porte contre le père fondateur de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny.

Dans un texte intitulé « Le Sassayé », l’auteur affirme que l’ancien président ivoirien aurait ravi Marie-Thérèse Brou à son propre fils, Guillaume Houphouët-Boigny, avant de l’épouser lui-même. Le récit décrit même Félix Houphouët-Boigny comme ayant volontairement écarté son fils d’une relation amoureuse qu’il entretenait avec celle qui deviendra plus tard la Première Dame de Côte d’Ivoire.

Selon l’auteur de la publication, Félix Houphouët-Boigny aurait considéré son fils comme « irresponsable » et aurait décidé d’épouser lui-même Marie-Thérèse Brou, présentée comme une jeune femme dont la beauté et l’avenir méritaient mieux que Guillaume Houphouët-Boigny.

Cependant, une simple vérification des faits historiques suffit à mettre sérieusement en doute la crédibilité d’un tel récit.

Les archives connues indiquent que Félix Houphouët-Boigny est né le 18 octobre 1905. Son fils Guillaume Houphouët-Boigny est né le 21 novembre 1937, tandis que Marie-Thérèse Brou est née le 17 septembre 1930. Cette dernière était donc plus âgée de sept années que Guillaume Houphouët-Boigny.

Les documents biographiques rapportent également que le mariage civil entre Félix Houphouët-Boigny et Marie-Thérèse Brou a été célébré le 6 septembre 1952 à Abidjan.

Or, à cette date, Guillaume Houphouët-Boigny n’avait pas encore atteint l’âge de 15 ans. Il ne soufflera sa quinzième bougie que le 21 novembre 1952, soit plus de deux mois après le mariage de son père.

Cette réalité chronologique soulève une interrogation fondamentale : comment un adolescent de 14 ans aurait-il pu être le prétendant évincé d’une femme de 22 ans que son père épousait officiellement la même année ?

Une autre précision historique mérite d’être rappelée. Au moment où Félix Houphouët-Boigny épousait Marie-Thérèse Brou, Guillaume Houphouët-Boigny vivait en Europe aux côtés de ses frères pour ses études. Ce contexte rend encore plus difficilement soutenable la thèse d’une prétendue rivalité sentimentale entre le père et le fils.

À ce jour, aucune source historique connue, aucun document d’archives, aucun témoignage crédible ni aucune biographie de référence ne vient corroborer les affirmations relayées par le profil « Jean Pierre Du Pont Officiel ».

Au-delà des contradictions historiques relevées, cette publication soulève une question plus profonde : celle du respect dû à la mémoire des grandes figures nationales.

En effet, attribuer à Félix Houphouët-Boigny des comportements aussi graves sans apporter le moindre commencement de preuve constitue une atteinte sérieuse à la mémoire d’un homme qui a marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire. Le premier Président de la République demeure l’une des personnalités les plus étudiées, documentées et commentées de l’histoire nationale. Pourtant, quelques recherches élémentaires sur les dates et les faits auraient permis d’éviter la diffusion d’un récit dont les incohérences apparaissent rapidement à la lecture.

Comment peut-on porter de telles accusations contre Félix Houphouët-Boigny sans même prendre le soin de vérifier les éléments historiques les plus basiques ? Comment peut-on réécrire un pan de l’histoire nationale sur la base d’affirmations non documentées ?

Cette situation interpelle d’autant plus que les réseaux sociaux sont devenus de puissants outils de diffusion de l’information. Lorsqu’un contenu historique est présenté comme une vérité alors qu’il semble contredit par les faits connus, le risque de désinformation devient réel.

Au regard de la gravité des accusations formulées contre le père fondateur de la Nation ivoirienne, une attention particulière des autorités compétentes apparaît légitime. Le Procureur de la République ainsi que la Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) pourraient utilement s’intéresser à ce type de contenu lorsque celui-ci contribue à propager auprès du grand public des affirmations historiques non étayées et potentiellement diffamatoires.

Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté d’expression, principe fondamental dans une démocratie. Il s’agit plutôt de rappeler que cette liberté s’accompagne d’une responsabilité, notamment lorsqu’elle concerne des personnalités historiques dont la mémoire participe au patrimoine collectif de la Nation.

L’histoire mérite mieux que les approximations. Elle exige des preuves, des sources et de la rigueur. À défaut, les récits diffusés risquent davantage de relever de la fiction que de la vérité historique.

En confrontant les affirmations publiées aux données chronologiques connues, les faits apparaissent difficilement compatibles avec la version avancée par le profil « Jean Pierre Du Pont Officiel ». Les dates constituent ainsi un sérieux élément de contradiction, tandis que l’absence de preuves documentaires renforce les interrogations sur la crédibilité de cette publication.

Christ Kémondé

Continue Reading

Édito

Côte d’Ivoire / Politique : Le rapprochement entre le PDCI-RDA et le RHDP affaiblira-t-il l’opposition ?

Published

on

La présence distinguée d’une très forte délégation du RHDP conduite par le ministre-gouverneur Cissé Bacongo à la Maison du parti le jeudi dernier, pour participer aux 80 ans de cette formation de droite, semble marquer tout nettement le début d’un rapprochement stratégique entre ces deux formations ivoiriennes de droite pourtant diamétralement opposées lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, au sujet du 3e mandat du Président ADO. Un rapprochement qui pourrait affaiblir l’opposition politique.

La présence du RHDP, marque d’une main tendue vers le PDCI-RDA

Nous y sommes enfin. Après la pluie politique avec ses corollaires de conteststions, d’arrestations, d’intimidations, de morts, de procès, de kiyes, de dénonciations et de tapages médiatiques entre ces deux formations opposées hier, le beau temps semble prendre ses droits.

Car le jeudi dernier, sous les dehors d’une simple présence pour représenter le Président ADO semble se cacher la ferme volonté du RHDP d’ouvrir le bal des manoeuvres souterraines devant aboutir à des dialogues de type B to B avec le PDCI-RDA, pour décrisper l’atmosphère dans l’arène politique.

Vers le retour de THIAM et la libération de tous les prisonniers politiques

À la Rue le Pic tout comme à la Maison du Parti, les plus optimistes s’exultent déjà, avec la ferme conviction que toutes les lignes bougeront très vite bientôt. Les jours à venir pourraient être mis à profit par les cadres des deux formations engagés dans les négociations futures, pour souffrir de réminiscence et se conter mutuellement les réalités du Golf Hôtel dans la commune de Cocody, de fin octobre 2010 au 11 avril 2011.

Quoi de plus normal pour chaque acteur politique de regarder son prochain en face, droit dans les yeux, avec une âme très pacifique, pour poser et traiter par la suite toutes les questions qui fâchent entre TiThi et son aîné ADO, notamment la situation des prisonniers politiques et la levée de l’épée stratégique et invisible de Damoclès juridique qui contraint THIAM en exil comme Soro.

Vers le retour du PDCI-RDA au Gouvernement ?

Ce rapprochement qui est vu par les politologues comme « un espoir pour le régime RHDP de corroborer le climat de paix et de cohésion sociale, gage de stabilité puis de confiance des partenaires au développement », pourrait à terme, se matérialiser par un remaniement ministériel.

Car à dire juste, difficile a été pour ADO et le RDR d’accéder au pouvoir sans les appuis du PDCI-RDA, l’une des formations politiques les mieux implantées sous l’ère Gbagbo, après le FPI.

Vers une fragilisation de l’opposition politique ?

Cette future alliance pourrait porter un coup très dur à l’opposition politique ivoirienne dont plusieurs leaders se sont aggripés au PDCI-RDA depuis le retour de THIAM, pour exister ou tenter de redynamiser leurs bases. Mais, le PPA-CI de Laurent Gbagbo, tout comme le FPI d’AFFI N’guessan resteront-il de marbre devant de telles manoeuvres susceptibles de dérouler le Tapis Rouge à l’horizon, au frangin de l’Autre ?

Il y a un temps pour toute chose :

  • Un temps pour la guerre,
  • Un temps pour la paix.

Mais le PDCI-RDA étant fondamentalement bâti sur l’idéologie de la droite tout comme le RHDP, THIAM et le PDCI-RDA pourraient saisir cette main tendue d’ADO et le RHDP, pour développer ensemble la Côte d’Ivoire dans un climat de stabilité et de paix. Car après près d’une décennie de crises diverses, les Ivoiriens auront-ils aussi enfin le mérite de vivre des moments de tranquilité pour mieux panser leurs plaies que chaque crise politique rend béante davantage.

Ouncado PIERROT

Continue Reading

Actualité