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Société

« Aucun cacao ne quittera le Grand Ouest tant que » : face au CCC, 20 000 producteurs refusent le prix dérisoire

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La crise de la filière café-cacao prend une tournure explosive dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. En tournée de mobilisation, le président du SYNAPCI, Koné Moussa, a réuni près de 20 000 producteurs à Méo, dans le département de Toulepleu, transformant cette étape en une véritable démonstration de force.

Dans une ambiance à la fois grave et déterminée, autorités administratives, chefs coutumiers et acteurs de la filière ont mesuré l’ampleur du malaise qui secoue aujourd’hui le monde agricole.

Dès l’entame de son intervention, le leader syndical a dressé un constat sans appel : la filière traverse « une période de profondes turbulences ». En cause, un blocage quasi total de la commercialisation, alors même que les producteurs avaient écoulé leurs récoltes sur la base d’un prix garanti de 2 800 F CFA/kg pour la campagne 2025-2026. Résultat : entre 55 000 et 60 000 tonnes de cacao restent aujourd’hui stockées, pesées « à crédit », sans paiement effectif, plongeant des milliers de familles dans une situation de précarité critique.

Ce blocage alimente un profond sentiment d’injustice et de trahison chez les planteurs. Le SYNAPCI dénonce une gestion qu’il juge désastreuse, marquée par des pratiques controversées, notamment l’introduction de cacao en provenance de pays voisins comme le Ghana et la Guinée, au détriment de la production nationale. À cela s’ajoutent des zones d’ombre financières : sur les 291 milliards de F CFA annoncés pour le rachat des stocks, 11 milliards resteraient introuvables, suscitant de vives interrogations.

Mais le véritable point de rupture reste la tentative d’imposer un prix de 1 200 F CFA/kg pour la petite campagne. Une décision perçue comme une provocation par les producteurs.
« Nous n’accepterons pas le prix de 1 200 F tant que les stocks payés à 2 800 F ne sont pas écoulés », a martelé Koné Moussa, dénonçant également l’ouverture anticipée de la petite campagne par le Conseil Café-Cacao (CCC), alors que les produits de la grande campagne restent invendus.

Face à ce qu’il qualifie de mépris envers les producteurs, le ton du syndicat s’est durci. Koné Moussa fustige une politique qui, selon lui, « réduit les planteurs à l’état d’esclaves ». L’indignation est d’autant plus vive que des milliers de tonnes de cacao demeurent impayées pendant que de nouveaux prix, largement inférieurs, sont envisagés.

Dans ce climat de tension extrême, le SYNAPCI a décidé de passer à l’action. Le mot d’ordre est clair : un blocus total de la commercialisation.
« Tant que nos stocks ne seront pas évacués, rien ne quittera nos plantations pour Abidjan ou San Pedro », a averti le leader syndical. Une stratégie de résistance qui vise à contraindre les autorités à réagir face à ce que les producteurs considèrent comme une injustice flagrante.

Sur le terrain, la mobilisation est totale. Responsables locaux et producteurs affichent une unité sans faille. Tous se disent prêts à suivre les mots d’ordre pour défendre leurs droits et préserver leurs moyens de subsistance.

Au-delà des revendications économiques, la crise prend une dimension sociale préoccupante. Entre les difficultés financières, les retards de paiement et les rumeurs de déguerpissement liées à des projets de reboisement, le climat est devenu particulièrement tendu dans le Grand Ouest. Koné Moussa se veut toutefois rassurant sur ce dernier point : « Rien ne se fera par la force », affirmant avoir saisi les plus hautes autorités de l’État pour ouvrir des discussions.

À Méo, la reconnaissance des producteurs s’est exprimée à travers l’attribution à Koné Moussa du nom traditionnel « Mian », symbole de protection et de légitimité. Un geste fort qui confirme son rôle central dans la défense des intérêts des planteurs.

La tournée du SYNAPCI se poursuivra notamment à Duékoué, avec pour objectif de structurer davantage la mobilisation et d’organiser la riposte. Mais déjà, un message fort est lancé aux autorités : l’heure est à l’action.

Le syndicat appelle à une intervention urgente du gouvernement pour éviter une aggravation de la crise. Il exige notamment la clarification des flux financiers, le paiement intégral des producteurs, la priorité à la production nationale et la réouverture du dialogue avec les acteurs de la filière.

Car au-delà du cacao, c’est toute la stabilité sociale du Grand Ouest qui est aujourd’hui en jeu.

Natacha kouakou

Société

Tiapoum : la Chaire UNESCO remet le Plan stratégique de développement, cap sur 2030

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Donner à la commune de Tiapoum une vision claire de son développement, hiérarchiser ses priorités et disposer d’un cadre de référence pour les cinq prochaines années. Ce sont les principaux objectifs du Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, officiellement remis jeudi 1er octobre 2026 à la municipalité par la Chaire UNESCO « Anticipation, Prospective et Territoires Durables » de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.

Le document doit désormais servir de feuille de route à la commune pour orienter ses choix, structurer ses projets et mieux coordonner les interventions des différents acteurs du développement local.

La cérémonie de remise s’est tenue à la mairie de Tiapoum, en présence notamment du maire N’Sérébé Ébily Pascal, du 4e adjoint au maire et maire résident, Coulibaly Hamidou, ainsi que de plusieurs acteurs ayant participé à l’élaboration du document. La Chaire UNESCO était représentée par Dr (MC) Coulibaly, représentant le titulaire de la Chaire.

Un diagnostic pour définir les priorités

Élaboré à partir d’un diagnostic du territoire, le PSD prend en compte les réalités économiques, sociales, environnementales et infrastructurelles de Tiapoum. Son élaboration a reposé sur une démarche participative associant les autorités administratives et coutumières, les organisations de jeunesse et de femmes, les opérateurs économiques, la société civile, les services techniques et les autres forces vives de la commune.

Les travaux de terrain, engagés en mai 2025, ont notamment permis de recueillir des données auprès des populations et de dresser un état des lieux des équipements et services de base.

Cette démarche doit permettre à la commune de disposer d’une lecture plus précise de ses potentialités, mais aussi des difficultés qui freinent son développement.

Quatre grandes orientations pour 2030

Le PSD s’articule autour de quatre orientations stratégiques. La première vise à renforcer les secteurs productifs, notamment à travers la modernisation de l’agriculture, le développement des chaînes de valeur locales et la promotion de l’entrepreneuriat.

Le deuxième axe concerne le renforcement du capital humain, avec des priorités liées à l’éducation, à la santé, à la formation professionnelle, à l’emploi des jeunes et à l’autonomisation des femmes.

Le troisième porte sur les infrastructures et les équipements, notamment l’accès à l’eau, à l’électricité, aux transports, aux services urbains et au numérique.

Enfin, le quatrième axe entend faire de Tiapoum un territoire plus résilient, à travers la protection de l’environnement, l’adaptation aux changements climatiques et l’amélioration du cadre de vie.

Une feuille de route pour la commune

À travers ce document, Tiapoum entend également mieux valoriser ses atouts, notamment sa position à la frontière avec le Ghana, ses activités agricoles et halieutiques, son patrimoine culturel et ses potentialités économiques.

Pour la municipalité, l’enjeu est désormais de passer du diagnostic à l’action. Le PSD doit permettre de hiérarchiser les projets, de faciliter la recherche de partenariats et de donner une cohérence aux différentes interventions sur le territoire.

La remise du document marque ainsi une nouvelle étape. La commune dispose désormais d’un cadre de référence pour conduire son développement à l’horizon 2030, avec pour ambition de construire « un territoire de brassage doté d’une économie diversifiée, équipé, résilient et durable ».

Le défi sera maintenant de traduire cette vision en réalisations concrètes au bénéfice des populations de Tiapoum.

Natacha kouakou

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Zagregbeu : la SOCEADAHS répond à une demande des populations

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À Zagregbeu, la recherche de l’eau rythmait une partie du quotidien des habitants. Dès les premières heures de la journée, des femmes quittaient le village, bidons à la main, pour rejoindre les marigots où elles venaient s’approvisionner. Pour certaines, il fallait parcourir près de deux kilomètres avant de pouvoir remplir leurs récipients.

Avec des bidons pouvant contenir jusqu’à 25 litres, cette corvée représentait un effort important, particulièrement pour les femmes, les enfants et les personnes âgées. Les femmes enceintes n’étaient pas non plus épargnées par ces déplacements.

À cette longue distance s’ajoutait la qualité de l’eau disponible. Les eaux de ruissellement entraînaient régulièrement de la boue et des déchets dans les marigots. Malgré ces conditions, les populations devaient utiliser cette eau pour leurs besoins quotidiens, faute de point d’eau plus proche.

« Avant, on souffrait beaucoup pour avoir de l’eau. On allait au marigot et il fallait parcourir une longue distance avec nos bidons », témoigne Anicet Topka, habitant de Zagregbeu.

Pour Kaboré Justine, porte-parole des femmes, la corvée pouvait commencer très tôt. « On se levait à 5 heures pour aller chercher de l’eau. Le marigot était loin et l’eau était sale », raconte-t-elle.

Une demande qui trouve une réponse

Cette situation a conduit les populations à exprimer le besoin de disposer d’un point d’eau plus proche. Une demande à laquelle la Société coopérative des exploitants agricoles des Antilopes du Haut-Sassandra (SOCEADAHS) a apporté une réponse avec l’installation d’une nouvelle pompe à eau dans le village.

La remise officielle des clés de l’équipement s’est tenue le samedi 19 septembre 2026. Pour les habitants, l’arrivée de cette pompe constitue un changement concret dans leur quotidien.

« Depuis que Rabolom Souleymane a envoyé cette pompe-là, vraiment, nous sommes très, très heureuses », se réjouit Kaboré Justine, qui salue cette initiative au nom des femmes.

Le chef du village, Philippe Zagré, partage cette satisfaction. « Vraiment, nous sommes très ravis d’avoir cette pompe. Elle vient soulager toute la population », souligne-t-il.

Un accompagnement lié à la filière cacao

Président du conseil d’administration de la SOCEADAHS, Rabolom Souleymane a pris part à la cérémonie de remise de l’équipement. Il a également profité de cette rencontre avec les producteurs pour rappeler les règles relatives à la traçabilité du cacao.

Il a notamment appelé les producteurs à utiliser leurs cartes de producteur lors de la commercialisation et à faire enregistrer les opérations à travers le dispositif national de traçabilité. Les délégués de la coopérative disposent, à cet effet, de terminaux permettant d’assurer l’enregistrement des transactions.

À Zagregbeu, cette nouvelle infrastructure vient ainsi répondre à une demande exprimée par les populations. Elle rapproche l’eau des habitations et devrait réduire les longues marches autrefois nécessaires pour s’approvisionner.

Pour les femmes du village, habituées à se lever tôt et à parcourir plusieurs kilomètres pour quelques bidons d’eau, le changement est particulièrement concret : le point d’eau est désormais plus proche du quotidien des familles.

Natacha kouakou

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Zoukougbeu / PASDV: 28 exploitants reçoivent des intrants agricoles

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Symakan née Coulibaly Adjatou, préfet du département de Zoukougbeu, a procédé le jeudi 1er Octobre octobre 2026, à la cérémonie de remise des intrants à 28 bénéficiaires issus des sous préfectures de Zoukougbeu et de Domangbeu, dans le cadre du projet d’appui au développement du secteur vivrier ( pasdv).

Prenant la parole, Blé Flan, directeur départemental de l’agriculture de Zoukougbeu, a indiqué qu’ils ont reçu des intrants pour une superficie de 25 hectares et demi pour 28 exploitants agricoles issus des sous préfectures de Zoukougbeu et de Domangbeu. Il a noté que l’année dernière, ils ont eu sept bénéficiaires et cette année ils sont à 28. Il s’est réjouie du fait que le projet est entrain de prendre forme dans le département de Zoukougbeu. Et il espère que l’année prochaine Dieu voulant, ils vont accroître ce chiffre pour plus de bénéficiaires puisque l’objectif c’est vraiment d’assurer l’autosuffisance alimentaire en ce qui concerne la production vivrière en Côte d’Ivoire.

Quant à Tidjane Traoré, chargé d’études à la direction d’évaluation des projets au ministère en charge de l’agriculture, par ailleurs point focal et chargé de Suivie au projet Pasdv, il a dit que ce projet a été initié par l’État de côte d’ivoire à travers le ministère de l’agriculture pour lutter contre l’insécurité alimentaire et ce projet vise à pousser la production maraîchers.

Selon lui, en ce qui concerne ce projet l’État a consenti un certain nombre de ressources pour acquérir du matériel agricole, des intrants agricoles qui sont distribués dans l’ensemble des départements de la côte d’ivoire.

C’est pourquoi, au nom du ministre de l’agriculture, et au nom de la coordinatrice du projet Jeannine Kouassi, qui a bien voulu mettre à la disposition de Zoukougbeu ces intrants-là pour que les producteurs puissent vraiment produire et que ces produits là, ne manquent sur le marché.

L’émissaire du ministère de l’agriculture, a exhorté les productrices de maraîchers à utiliser à bon escient ces produits mis à leur disposition.

 » Évitez de revendre ces produits là,parce qu’on se rend compte que souvent ça se retrouvent sur le marché. Aidez l’Etat à vous aider d’avantage sans pourtant vendre ces produits là, utiliser les, réellement dans leurs productions de maraîchers. Il s’agit de tomates, gombos, piments, aubergines, concombre, oignons et du choux. On compte sur vous. » Au vu du travail bien fait, nous allons augmenter les quantités l’année prochaine. » a conseillé Tidjane Traoré, qui a terminé en remerciant le préfet du département de Zoukougbeu pour sa présence qui a donné plus d’éclat à cette cérémonie.

Symakan née Coulibaly Adjatou, préfet du département de Zoukougbeu, a pour part traduit toute sa reconnaissance au Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara et à son Gouvernement pour avoir une oreille attentive à sa circonscription en apportant des intrants aux productrices de maraîchers. Il leur a rassuré que ces produits seront utilisés à bon escient.

Par Kevin Bakou

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