Après le lancement officiel de la campagne Café-Cacao 2026-2027 à Yamoussoukro, le Conseil du Café-Cacao poursuit sa tournée dans les grandes zones de production du pays. Objectif : sensibiliser les producteurs aux exigences de qualité et de traçabilité, tout en récompensant les acteurs méritants et en apportant un appui matériel aux bénéficiaires. Dans la région de la Marahoué, Bouaflé et la sous-préfecture de N’Doufoukakro ont constitué les principales étapes de cette initiative.
À Bouaflé, la campagne Café-Cacao 2026-2027 a été officiellement lancée le mercredi 14 octobre 2026, au cours d’une cérémonie organisée à la préfecture, sous la présidence du préfet de région, préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges.
Cette rencontre a permis de rappeler les enjeux de la nouvelle campagne, notamment le respect du prix officiel, l’amélioration de la qualité des produits, la traçabilité du cacao et la bonne commercialisation de la production ivoirienne.
Pour cette campagne, le prix du kilogramme de cacao a été fixé à 1 200 FCFA. Le représentant de l’État a invité les acteurs de la filière à respecter les dispositions en vigueur et à renforcer leurs efforts pour préserver les intérêts des producteurs.
Prenant la parole au nom du Conseil du Café-Cacao, Kouakou Yao Constant, délégué régional de Yamoussoukro, a présenté le bilan de la campagne 2025-2026. Malgré les difficultés d’écoulement rencontrées, la région a enregistré 38 442 tonnes de produits commercialisés, dont 9 610 tonnes pour le département de Bouaflé.
Le bilan fait également ressortir un taux de mauvais cacao de 2,3 % dans la délégation régionale, contre 0,6 % à Bouaflé, traduisant les efforts consentis dans ce département en matière de qualité.
Au-delà des échanges avec les producteurs, le Conseil du Café-Cacao a mis l’accent sur les actions de reconnaissance et de soutien. Des récompenses ont été attribuées à des acteurs méritants de la filière, tandis que des intrants, des sacs et des kits scolaires ont été distribués à différents bénéficiaires.
Représentant l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao, N’Goran Viviane a, pour sa part, exhorté les producteurs et les sociétés coopératives à respecter le prix officiel et les règles de commercialisation. Elle a également insisté sur la traçabilité, devenue essentielle pour garantir l’origine du cacao ivoirien et répondre aux exigences des marchés.
À travers cette tournée dans les zones de production, le Conseil du Café-Cacao entend renforcer le dialogue avec les producteurs, promouvoir les bonnes pratiques et encourager les initiatives qui contribuent à l’amélioration des conditions de production et à la valorisation de la filière.
Le Conseil du Café-Cacao a officiellement lancé la campagne principale de commercialisation 2026-2027 à Yamoussoukro, à l’occasion d’une cérémonie de formation et de sensibilisation des acteurs de la filière. Deux interventions majeures ont marqué cette rencontre : celle de Kouakou Constant, Directeur régional du Conseil du Café-Cacao à Yamoussoukro, qui a présenté le bilan de la campagne précédente et les acquis de sa région, puis celle d’Assandé Fléan, Directrice chargée de l’Appui et du Développement agricole, qui a délivré le message du Directeur général de l’institution, Koné Brahima Yves.
Dans son intervention, Kouakou Constant a dressé le bilan des activités menées au cours de la campagne 2025-2026, mettant en lumière les actions réalisées au profit des producteurs et les efforts engagés pour améliorer les conditions de production et de commercialisation du café-cacao.
Au titre des intrants agricoles, la délégation régionale a notamment assuré la distribution de sacs de produits phytosanitaires, de semences améliorées et de kits scolaires. Il a également évoqué les projets de développement agricole, les opérations d’arrachage de vergers concernés par les programmes de renouvellement ainsi que les investissements réalisés en milieu rural, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
Abordant la mise en œuvre du Système national de traçabilité (SNT), le Directeur régional a fait état du déploiement progressif du dispositif auprès des sociétés coopératives et des producteurs. Le recensement des producteurs, la géolocalisation des parcelles et l’enregistrement des opérations de commercialisation constituent désormais des étapes essentielles pour renforcer la transparence dans la filière. Il a toutefois relevé certaines difficultés sur le terrain, notamment l’absence de producteurs lors des rendez-vous fixés pour les opérations de recensement.
Prenant la parole au nom du Directeur général du Conseil du Café-Cacao, Assandé Fléan a rappelé les principales dispositions encadrant la nouvelle campagne, officiellement ouverte le 1er septembre 2026. Elle a expliqué que l’évolution du calendrier tient compte des changements observés dans le cycle de production du cacao, mais également de la volonté de permettre aux producteurs de disposer plus tôt de leurs revenus, notamment pour faire face aux dépenses liées à la rentrée scolaire.
Au cœur de son message figurait le respect des prix garantis aux producteurs. Pour la campagne principale 2026-2027, le prix bord champ du cacao bien fermenté, bien séché et bien trié est fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, tandis que celui du café bien séché, bien décortiqué et bien trié est établi à 1 300 FCFA le kilogramme. Selon la représentante du Directeur général, ces prix ne doivent faire l’objet d’aucune négociation à la baisse.
L’autre priorité mise en avant concerne le renforcement du Système national de traçabilité. Ce dispositif vise à identifier les producteurs, à enregistrer les transactions et à suivre les produits depuis les parcelles jusqu’aux points d’exportation. Pour le Conseil du Café-Cacao, cette réforme constitue un levier essentiel de transparence, de compétitivité et de durabilité, notamment face aux nouvelles exigences des marchés internationaux en matière de lutte contre la déforestation.
Assandé Fléan a également insisté sur l’obligation de disposer de la carte du producteur pour les opérations d’achat de café et de cacao. Elle a invité les producteurs qui n’en disposent pas encore à se rapprocher des services compétents du Conseil du Café-Cacao et de leurs sociétés coopératives afin de régulariser leur situation.
Aux sociétés coopératives et aux acheteurs, elle a demandé de respecter les procédures d’enregistrement et de paiement, tout en veillant à la traçabilité des cargaisons destinées aux usines, aux transformateurs et aux exportateurs. Elle a par ailleurs appelé à une lutte accrue contre la fraude, la contrebande et toutes les pratiques susceptibles de fragiliser la filière.
En conclusion, la représentante du Directeur général a exhorté l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité, de discipline et de solidarité pour garantir le succès de la campagne 2026-2027. Elle a également sollicité l’accompagnement des autorités administratives, sécuritaires et coutumières dans la sensibilisation des communautés et l’application effective des nouvelles dispositions.
À travers ce lancement, le Conseil du Café-Cacao entend consolider les acquis de la campagne précédente et engager davantage les producteurs, les coopératives et les acheteurs dans une commercialisation fondée sur le respect des prix garantis, la qualité des produits et la traçabilité, au bénéfice de la pérennité de la filière ivoirienne.
Face aux difficultés persistantes qui affectent les producteurs de café et de cacao en Côte d’Ivoire, une nouvelle organisation entend apporter sa contribution au débat et proposer des solutions techniques à la filière. La Fédération café-cacao, dénommée FEDECAFECACAO, a officiellement présenté ses ambitions, mercredi 30 septembre 2026, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro.
La cérémonie de présentation officielle a réuni des acteurs de la filière, des organisations professionnelles et des producteurs autour des enjeux liés à l’amélioration des conditions de vie et de travail dans le monde agricole.
À l’ouverture de la rencontre, le président du SYNAVICI a situé le cadre des échanges, avant de céder la parole à Amani Gervais, président de la FEDECAFECACAO, pour présenter le contexte de création, les objectifs et les missions de cette nouvelle faîtière.
Selon ses initiateurs, la FEDECAFECACAO se veut un cadre fédérateur regroupant des producteurs, des organisations agricoles, des syndicats et d’autres acteurs intéressés par le développement de la filière café-cacao. Elle ne se présente pas comme un syndicat et affirme ne pas avoir vocation à se substituer au Conseil du Café-Cacao, aux exportateurs ou aux autres organes existants.
« La FEDECAFECACAO ne vient pas se substituer au Conseil du Café-Cacao. Elle ne vient pas se substituer aux exportateurs ni aux organes actuels. Nous apportons un support aux producteurs pour canaliser leurs propositions et faire des propositions objectives aux autorités », a expliqué Amani Gervais.
Pour le président de la nouvelle fédération, l’enjeu est notamment de renforcer la représentation des producteurs et de mettre davantage d’expertise technique au service de la filière. Il estime que la multiplicité des organisations et des prises de parole contribue parfois à brouiller la voix des producteurs.
La FEDECAFECACAO entend ainsi défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres, favoriser le dialogue avec les pouvoirs publics et les institutions compétentes, contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des producteurs, mais également renforcer les capacités des organisations professionnelles.
Amani Gervais a particulièrement insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage la filière. Il déplore que certains acteurs puissent entrer et sortir du secteur au gré des campagnes, sans véritable spécialisation.
« Il faut professionnaliser notre filière de telle sorte qu’un producteur soit un producteur, qu’une coopérative soit une coopérative », a-t-il soutenu.
La nouvelle organisation veut également s’attaquer à la question de la qualité. Pour Amani Gervais, la Côte d’Ivoire ne doit plus uniquement mettre en avant son statut de premier producteur mondial de cacao en termes de volume, mais travailler à faire reconnaître la qualité de son produit sur les marchés internationaux.
La fédération ambitionne ainsi de contribuer à la mise en place d’une labellisation d’origine et de qualité du café et du cacao ivoiriens, afin de permettre aux producteurs de bénéficier davantage de la valeur créée sur les marchés.
« Il faut qu’on arrive à créer une labellisation d’origine Côte d’Ivoire de qualité qui nous permette, sur les marchés du café et du cacao, d’avoir des primes », a expliqué le président de la FEDECAFECACAO.
L’organisation entend également miser sur la formation, l’information et les nouvelles technologies pour rapprocher les producteurs des informations sur les marchés et des opportunités économiques. Pour ses responsables, le producteur installé dans sa plantation doit pouvoir accéder aux informations susceptibles de l’aider à mieux comprendre l’évolution des marchés et à prendre de meilleures décisions.
Autre ambition affichée : contribuer aux réflexions sur les politiques publiques relatives aux filières café et cacao et mettre à la disposition des autorités une expertise technique fondée sur l’expérience du terrain.
Amani Gervais, qui affirme être producteur de café-cacao depuis 1990, estime que la connaissance pratique de la filière constitue un atout pour porter les préoccupations du monde paysan.
La FEDECAFECACAO entend également promouvoir l’unité et la solidarité entre les organisations membres, la transparence dans la gestion, la démocratie interne, l’équité entre les organisations ainsi que le respect des règles statutaires.
Selon son président, la nouvelle fédération revendique déjà une base de 10 000 producteurs et souhaite élargir progressivement son adhésion à l’ensemble des acteurs du monde café-cacao.
Au cours de la cérémonie, plusieurs préoccupations liées à la gestion des ressources de la filière ont également été évoquées. Des participants ont notamment plaidé pour davantage de transparence et demandé que des vérifications soient effectuées sur certaines pratiques dénoncées dans le secteur.
La FEDECAFECACAO se présente donc comme une nouvelle force de proposition qui veut contribuer à « retourner la situation » du monde paysan, selon l’expression de son président, en mettant davantage l’accent sur la rentabilité, la qualité, la professionnalisation et l’accès à l’information.
Pour ses promoteurs, le véritable défi consiste désormais à faire en sorte que la richesse générée par les plantations profite davantage à ceux qui la produisent et contribue à améliorer durablement leurs conditions de vie.
La tournée nationale du Syndicat national agricole pour le progrès de Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) s’est poursuivie à Biankouman. Vendredi 25 septembre 2026, le président du syndicat, Koné Moussa, a rencontré les producteurs de cacao pour échanger sur leurs conditions de production et de commercialisation, dans un contexte marqué par la grève annoncée dans la filière.
Au cours de cette rencontre, plusieurs planteurs ont fait part de leurs difficultés, notamment liées au niveau du prix du cacao fixé à 1 200 francs CFA le kilogramme.
Guy Jérôme, planteur à Biankouman-Village, a évoqué son expérience de commercialisation. Il affirme avoir vendu l’année précédente jusqu’à 500 kilos de cacao à 2 800 francs CFA le kilogramme, avant que le prix ne soit, selon lui, revu à la baisse.
« Quand le prix est fixé, il est fixé. On ne peut pas aller de l’avant et ensuite le diminuer », a-t-il déploré, expliquant avoir déjà engagé des dépenses pour payer les travailleurs de sa plantation.
De son côté, Soumahoro Goné Jean-Pierre a insisté sur les charges liées à la production. « Tu vas aller au champ, tu vas faire appel aux contractuels pour nettoyer. Tu vas les payer. Tu vas acheter les produits pour traiter le cacao, tu vas les payer », a-t-il expliqué, estimant que les 1 200 francs CFA ne permettent pas de couvrir suffisamment les dépenses engagées.
« On se connaît entre nous »
Prenant la parole, Koné Moussa a dénoncé ce qu’il présente comme des prises de parole au nom des producteurs par des personnes qui, selon lui, ne vivent pas directement les réalités des plantations.
« Tous ceux qui se mettent dans la peau des planteurs pour parler en leur nom n’ont pas un seul pied de cacaoyer. Certains n’ont même pas un demi-hectare et ils parlent au nom des producteurs. On se connaît entre nous », a-t-il lancé.
Le président du SYNAP-CI a appelé les producteurs à rester mobilisés autour de leurs revendications et à ne pas se laisser détourner de leurs objectifs.
« Ne vous laissez pas distraire par les brebis égarées, n’ayez pas peur », a-t-il martelé.
Le prix de 1 200 FCFA toujours contesté
Au-delà de cette mise au point, Koné Moussa a réaffirmé la contestation du prix de 1 200 francs CFA. Selon lui, les coûts supportés par les producteurs dans les plantations doivent être davantage pris en compte.
« Les 1 200 francs CFA, c’est trop peu. Le travail que nous faisons dans les plantations est extrêmement difficile pour que quelqu’un assis à Abidjan puisse évaluer notre travail », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical a également réaffirmé la revendication du SYNAP-CI concernant le départ de Yves Koné Brahima, directeur général du Conseil du Café-Cacao.
« Nous sommes clairs dans le préavis de grève : nous voulons le départ de Yves Koné Brahima », a-t-il soutenu.
Dans le cadre du mouvement, il a appelé les producteurs à conserver leur cacao et à faire circuler les informations dans les villages, hameaux et campements.
Koné Moussa a enfin annoncé la poursuite de la mobilisation, avec notamment une marche annoncée vers la Caistab à Abidjan. Pour le président du SYNAP-CI, l’objectif demeure l’amélioration des conditions de vie et de travail des producteurs.
La rencontre de Biankouman constitue une nouvelle étape de la tournée nationale du syndicat, qui entend maintenir le contact avec les producteurs et porter leurs revendications sur le prix et la commercialisation du cacao.