Des représentants des centrales syndicales et des points focaux locaux de M’Batto prennent part , du 4 au 6 mai 2026 à Yamoussoukro, à un atelier de renforcement des capacités consacré à la syndicalisation des travailleurs agricoles et aux outils de communication. Cette session de formation réunit des responsables syndicaux issus de différentes centrales, des membres des comités intersyndicaux, ainsi que des points focaux locaux engagés dans la lutte contre le travail des enfants dans les zones de production de cacao.
L’objectif général de cet atelier est de renforcer les capacités des représentants des centrales syndicales et des points focaux locaux en matière de syndicalisation des travailleurs agricoles et de communication. De façon spécifique, il vise à favoriser la compréhension de la syndicalisation comme outil d’émancipation collective, à améliorer les stratégies d’organisation dans le secteur du cacao, à renforcer la maîtrise des principes et droits fondamentaux au travail, notamment ceux liés à la lutte contre le travail des enfants et à la sécurité et santé au travail, ainsi qu’à doter les participants d’outils pratiques de sensibilisation et de mobilisation. Les travaux permettront également d’élaborer des feuilles de route syndicales et des agendas opérationnels pour des actions concrètes sur le terrain.
À l’ouverture des travaux, Kamadié Adama, chargé d’études au secrétariat technique de la plateforme de partenariat public privé ( pppp) du Conseil du Café-cacao a salué une initiative « essentielle pour structurer davantage les travailleurs agricoles », mettant en avant le rôle stratégique de la formation dans l’amélioration des conditions de vie des producteurs et la protection des enfants.
Prenant la parole au nom des organisations syndicales, Kombo Marie Jeanne, représentante de l’UGTCI, a exhorté les participants à tirer pleinement profit de cette session. Elle a insisté sur la nécessité de s’approprier les outils de syndicalisation afin de mieux défendre les droits des travailleurs agricoles et d’assurer un relais efficace des connaissances sur le terrain.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet ACCEL Africa mis en œuvre avec l’appui de l’Organisation internationale du Travail, en partenariat avec les acteurs nationaux. Elle intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, poursuit ses efforts pour éliminer le travail des enfants.
La filière cacao représente environ 15 % du produit intérieur brut et fait vivre plus de cinq millions de personnes. Toutefois, elle reste confrontée à des défis structurels, notamment la pauvreté des producteurs, l’accès limité aux services sociaux de base et certaines pratiques socio-culturelles persistantes.
C’est à juste titre que Kattia Paredes Moreno, spécialiste principale des activités des travailleurs à l’OIT, de son côté, a souligné que la syndicalisation constitue un levier majeur pour lutter contre le travail des enfants. Elle a rappelé que l’organisation des travailleurs permet non seulement d’améliorer leurs revenus et leurs conditions de travail, mais aussi de réduire le recours à la main-d’œuvre infantile dans les exploitations agricoles.
Malgré une baisse du taux de travail des enfants, passé de 31 % en 2016 à 22 % en 2021, les enjeux demeurent importants. Les autorités et leurs partenaires misent ainsi sur des approches innovantes, dont le renforcement de la syndicalisation, pour s’attaquer aux causes profondes du phénomène.
À travers cette formation, les organisations syndicales entendent jouer pleinement leur rôle dans la promotion du travail décent, la défense des droits des travailleurs agricoles et la lutte durable contre le travail des enfants en Côte d’Ivoire.
La participation de la Côte d’Ivoire au FITA 2026 aura été marquée par la présence remarquée de Widad Daouda, Directrice générale de 2A Immobilier Services. L’entrepreneure ivoirienne a porté haut les ambitions du secteur immobilier national lors de cette importante rencontre économique africaine tenue les 28 et 29 avril 2026 à Tunis.
Réunissant chefs d’État, investisseurs, institutions financières et opérateurs économiques autour du thème « Chaînes de valeur africaines : Développer des leviers stratégiques pour la transformation du continent », le FITA s’est imposé comme une plateforme stratégique pour les acteurs africains en quête de partenariats et d’opportunités d’affaires.
Dans ce contexte, 2A Immobilier Services a su tirer son épingle du jeu. Le stand de l’entreprise ivoirienne a enregistré une forte affluence, attirant aussi bien des diplomates que des investisseurs et visiteurs intéressés par les projets immobiliers développés en Côte d’Ivoire.
Pour Widad Daouda, cette participation allait bien au-delà d’une simple exposition commerciale. Il s’agissait surtout de présenter le potentiel du marché ivoirien et de renforcer les liens avec des partenaires africains et internationaux susceptibles d’accompagner la croissance de l’entreprise.
Les différents panels, rencontres B2B et ateliers stratégiques ont également permis à la dirigeante de défendre une vision moderne de l’immobilier africain, considéré désormais comme un moteur essentiel de développement économique et d’intégration régionale.
Grâce à cette présence active au FITA 2026, 2A Immobilier Services consolide son positionnement parmi les entreprises ivoiriennes qui comptent dans la dynamique économique continentale. Une visibilité qui renforce également l’image d’une Côte d’Ivoire entreprenante, portée par des leaders capables de rivaliser sur les grandes scènes africaines.
Portée par cette dynamique, Widad Daouda poursuivra son agenda continental avec sa participation annoncée à la 12e édition du Forum Afrique d’Investissement et du Commerce (AFIC 12), prévue les 9 et 10 mai à Alger.
Depuis le 1ᵉʳ décembre 2025, une dizaine de dirigeants de médias venus de Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Congo participent à Brazzaville à une formation organisée par Canal France International (CFI) sur les « Modèles éditoriaux et économiques des médias ».
Dans un contexte marqué par l’essor des médias numériques et les difficultés économiques persistantes du secteur, l’objectif est clair : aider les responsables de presse à bâtir des entreprises plus solides et rentables. À l’ouverture, Hortense Tollu, représentante de CFI, a rappelé l’engagement de l’agence à accompagner les médias africains vers plus de professionnalisation et d’efficacité.
Pendant cinq jours, les participants suivent un programme alliant stratégie d’entreprise, diagnostic éditorial et commercial, et construction de modèles économiques adaptés. La formation est animée par le Dr David Youant, journaliste, enseignant-chercheur et expert reconnu du management des médias.
Au terme de cette formation, les participants ont unanimement exprimé leur satisfaction quant à la qualité des différents modules abordés au cours de la formation.
Pour Jean Areguema, chef de chaîne de la radio Sahel Gotel au Cameroun, cette formation tombe à point nommé.
« Je ne savais pas ce qu’était une stratégie média. Aujourd’hui, je sais planifier, diagnostiquer et identifier des sources de revenus alternatives. C’est une opportunité capitale pour la gestion des médias qui me sont confiés. »
De son côté, Marina Kouakou, promotrice d’influencemag.ci en Côte d’Ivoire, repart avec une vision renforcée du management des rédactions
« On apprend l’importance de la stratégie éditoriale et commerciale. Le manager doit maîtriser les ressources humaines, financières et relationnelles. Il faut aussi un modèle économique diversifié pour assurer la survie de nos entreprises. » Elle ajoute un souhait : « Un accompagnement financier futur, même minimal, nous aiderait à mieux appliquer cette formation. »
Avec cet atelier, CFI confirme son rôle clé dans l’appui au développement des médias africains, à l’heure où la transition numérique impose de nouveaux défis aux entreprises de presse.
L’espoir est permis et cette rencontre peut être le signe de cet espoir. Après une période de lumière, ou période des grands empires, qui a duré du VIIIe siècle au XVIe siècle, les pays du Sahel, terre de Soundjata Kéita (1190 – 1255), de Kankan Moussa ( 1280 -1337), sont entrés, comme tout le continent africain, sous les lourdes dalles de l’esclavage transatlantique, de la colonisation et de la Françafrique.
Si l’histoire de l’Afrique, encore enseignée dans de nombreuses écoles du continent cache sa gloire passée pour justifier la mission « civilisatrice » de l’esclavage et de la colonisation, les 8 volumes de 800 pages chacun sur l’histoire générale de l’Afrique produits par l’UNESCO, de 1963 à 2000, avec 230 chercheurs, dont un tiers de non africains, sont venus restituer toute sa gloire passée, et aussi son déclin. Les clichés racistes créés par cette période sombre continuent d’induire des complexes de supériorité et de donneurs de leçons chez certains et des complexes d’infériorité et de résignation chez d’autres. C’est donc en se référant à ces sources, que constituent ces volumes de l’histoire générale de l’Afrique, que nous allons situer dans une perspective historique, le contexte du djihadisme pour contribuer à guérir le mal et renforcer la foi des peuples africains en un avenir glorieux.
L’histoire glorieuse des pays du Sahel commence par la naissance de l’Empire du Ghana qui fût fondé par le peuple Sarakolé entre le IIIe et le VIIIe siècle de notre ère. Cet Empire était à cheval sur le Mali actuel et la Mauritanie et avait pour capitale Koumbi-Saleh.
L’Empire du Ghana a tiré sa puissance de l’exportation du sel et de l’or vendus en partie en Europe et en Arabie. Grâce à ces produits, il étendit son territoire vers le Tekrour (actuel Sénégal) et vers le Manding (Est de La Guinée).
Mais à partir du XIe siècle, l’Empire du Ghana passa sous domination Almoravide, empire berbère qui s’étendit jusqu’au Sud de l’Europe, puis, en 1235, sous celle de l’empire du Mali avec Soundjata Kéita qui créa la charte du Mandé, considérée comme l’une des premières déclarations des droits de l’homme. Sous sa férule, l’Empire du Mali s’étendait du Sahara à la forêt, de l’Océan Atlantique à la boucle du Niger et englobait de grandes parties des territoires actuels du Mali, de la Guinée, du Sénégal, de la Gambie, du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie.
Soundjata Kéita établit la capitale de l’Empire à Niani dans la Guinée actuelle ; Tombouctou qui a suscité l’émerveillement de René Caillé, était la capitale économique et culturelle.
L’Empire du Mali réussit, dans la paix, à faire coexister diverses ethnies que sont : les Touaregs, les Wolofs, les Bambaras, les Songhaïs, les Dialonkés, les Malinkés, les Dogons, etc. Toutes ces populations avaient en effet adhéré à la Charte du Mandé.
L’économie de l’Empire du Mali reposait sur l’agriculture, l’artisanat, l’or, l’ivoire et le commerce avec le bassin méditerranéen.
L’âge d’or de l’Empire fût atteint sous le règne de Kankan Moussa, vers 1312. Pendant cette période, l’Empire du Mali s’étendit de l’Adrar des Ifoghas à l’estuaire de la Gambie.
En 1324, Kankan Moussa effectua un pèlerinage à la Mecque avec tellement d’or (environ 10 tonnes) que le cours du métal précieux aurait baissé pendant plusieurs années. Il reste d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui l’homme le plus riche de la planète.
La puissance économique et militaire de l’Empire du Mali est un don du fleuve Niger. Grâce à elle, le rayonnement de Tombouctou, la capitale économique et culturelle de l’Empire et de son illustre Roi Kankan Moussa franchit toutes les frontières.
L’un des empereurs du Mali, Aboubakari II, qui aurait régné de 1310 à 1312, tenta d’envoyer une expédition maritime de 200 bateaux vers l’Amérique sans y parvenir. Aboubakari II, lui même, aurait décidé de relever le défi à la tête de 3 000 bateaux. Il n’en est jamais revenu.
En revanche, là où Aboubakari II a échoué, Christophe Colomb réussit. Essentiellement, à cause de l’invention de la caravelle, un bateau adapté à l’agitation de la mer.
L’échec d’Aboubakari II et la victoire de Christophe Colomb ferment la période de gloire de l’Afrique à travers l’Empire du Mali et ouvrent la période la plus sombre de son histoire qui a commencé par la déportation et la mise en esclavage des créateurs de la richesse dorée de l’Empire du Mali.
Suite à la conférence de Berlin en 1885, la France prend possession de la majorité des territoires de l’Empire du Mali, après avoir vaincu Samory Touré (1830 -1900) et El Hadj Omar Tall (1794 – 1864). Le soudan français est ainsi créé le 18 août 1890 et intégré à l’Afrique Occidentale Française (AOF) en 1895.
Dès lors, l’Empire français s’accapare des richesses aurifères qui ont contribué à la puissance de l’Empire du Mali et soumet la population aux travaux forcés pour la production du coton et de l’arachide.
En 2018, la Banque de France possède 2437 tonnes d’or qui constituent 64% de ses réserves de change tandis que le stock d’or de la BCEAO regroupant les pays du territoire de l’Empire du Mali, reste plafonné à 36.5 tonnes (4.6 tonnes par pays) ; ce qui représente à peine 10.4% de ses réserves de change.
Toute la puissance économique et financière de l’Empire du Mali passe alors d’un seul coup à l’Empire colonial français, puis à la France.
Tel est l’enjeu de la lutte pour la souveraineté des peuples du Sahel qui concerne tout le futur du continent Africain. Car, la victoire des peuples du Sahel sera semblable à la victoire de Soundjata Keita. En revanche, sa défaite sera semblable à la défaite d’Aboubakari II et de Samory Touré.
A l’issue du référendum organisé par la France sur l’Empire français, la République soudanaise est proclamée en 1958.
Modibo Keita (1915 – 1977) proclame l’indépendance de la République Soudanaise sous le nom de la République du Mali le 22 Septembre 1960.
En 1968, Modibo Keïta fut renversé par un coup d’État conduit par le lieutenant Moussa Traoré (1936 – 2020), qui instaura une dictature.
Le 26 mars 1991, celui-ci fut renversé à son tour par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré( 1948- 2020). Après une période de transition, ce dernier instaura un processus démocratique avec l’élection d’Alpha Omar Konaré en 1992, qui sera réélu en 1997.
En 2002, le général Amadou Toumani Touré, qui avait pris sa retraite de l’Armée pour se présenter, fut élu président de la République du Mali, et réélu en 2007. Le 22 mars 2012 Amadou Toumani Touré fut renversé par un putsch, mené par le capitaine Amadou Haya Sanogo dans un contexte de rébellion touarègue et d’attaques djihadistes. Après une transition, Ibrahim Boubacar Keïta fut élu président de la République en septembre 2013, puis sera réélu en 2018 au terme d’une élection contestée.
𝗜𝗜𝗜- 𝗟𝗔 𝗠𝗘𝗡𝗔𝗖𝗘 𝗗𝗝𝗜𝗛𝗔𝗗𝗜𝗦𝗧𝗘
Le gouvernement doit alors, faire face à une situation sécuritaire désastreuse induite par une rébellion et des attaques djihadistes. Comment cela est-il arrivé?
En 2011, Mouammar Kadhafi, président de la Libye depuis 1969, est renversé et assassiné. De nombreux combattants Touaregs de son armée regagnent le Mali où une nouvelle rébellion se prépare.
Fin 2011, est fondé le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) revendiquant l’indépendance.
Début 2012 est fondé Ansar Dine (les Défenseurs de la religion) avec pour objectif, l’application de la charia au Mali. Ansar Dine est allié à AQMI (Al Qaida pour le Maghreb Islamique) de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar dit le Borgne. AQMI est issu d’une scission du Groupe Islamique Armé (GIA) bras armé des islamistes pendant la guerre civile algérienne et ayant fait allégeance à Al Qaida.
En janvier 2013, les djihadistes lancent une offensive sur le sud du Mali, dont Lyad Ag Ghali est le principal initiateur. Le 9 janvier, il dirige l’assaut sur la ville de Konna, qui est conquise.
Cette attaque provoque dès le lendemain une intervention militaire de l’armée française et de plusieurs pays africains. Les djihadistes d’Ansar Dine et d’AQMI abandonnent leurs positions et se réfugient dans l’Adrar des Ifoghas, un massif montagneux dans le nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.
Le 29 janvier 2013, une conférence de donateurs internationaux à Addis Abeba promet au total, 455 milliards de dollars, principalement pour financer l’opération militaire et la France réaffirme sa volonté de rester le temps qu’il faut. Cette déclaration est restée sans suite significative et la situation sécuritaire est devenue de plus en plus désastreuse.
Les 5 et 19 juin 2020, à l’appel de l’imam Mahmoud Dicko, des dizaines de milliers de manifestants sortent dans les rues pour réclamer la démission d’Ibrahim Boubakar Kéita.
Le 18 août 2020, vers 16 h 30, Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Boubou Cissé, sont arrêtés. Une transition civile s’ouvre et connait le même sort qu’Ibrahim Boubakar Kéita, qui ouvre la voie à une transition militaire, en 2021, dirigée par Assimi Goita et comme Premier Ministre Choguel Maiga.
Sous la pression de la rue qui demande le départ des troupes françaises et l’arrivée de la Russie, la France annonce le 10 Juin 2021, le départ de l’opération Barkhane déployée par la France contre le terrorisme et dénonce la présence de la société privée Russe Wagner au Mali.
Arrivée en colon en 1898 et en sauveur en Janvier 2013, l’armée française quitte définitivement le Mali le 15 août 2022 et s’ouvre dès lors, une période d’espoir d’une plus grande souveraineté pour le peuple Malien, sous la direction d’Assimi Goita.
A la suite du Mali, le Burkina Faso, en septembre 2022 et le Niger, en Juillet 2023 empruntent la même voie et créent l’AES (Alliance des Etats du Sahel) pour mutualiser leurs efforts en créant une défense commune face aux menaces d’agression. Le plus dur reste à venir pour défendre la souveraineté et retrouver la prospérité et la gloire.
L’AES est l’une des rares régions subsahariennes à produire du blé, détenant l’une des plus grandes réserves au monde d’hydrogène naturel, d’uranium et de pétrole. Avec plusieurs tonnes d’or produits par an, l’AES a les moyens de sa prospérité, à condition d’avoir la pleine souveraineté sur ses richesses comme Kankan Moussa, de rendre navigable en toute saison le fleuve Niger et d’en faire l’un des greniers et parc animalier de l’Afrique.
Les peuples de l’AES et leurs Chefs portent donc une lourde responsabilité.
Ces Chefs se rappellent certainement de cette phrase de l’hymne du Manding à l’endroit des Rois (Faama) du Manding : «Faama, le peuple te fait confiance parce que tu incarnes ses vertus ».
Peuple de l’AES, votre échec sera un échec pour tout le continent avec des conséquences semblables à l’échec d’Aboubakari II et de Samory Touré. Votre victoire, en revanche, sera un espoir pour tout le continent comme le fut la victoire de Soundjata Kéita et la prospérité du Mali de Kankan Moussa.
Mais le plus dur est là.
𝗜𝗩- 𝗟𝗔 𝗦𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗔𝗜𝗡𝗘𝗧𝗘 𝗠𝗘𝗡𝗔𝗖𝗘𝗘
La situation actuelle est marquée par une forte détérioration après des avancées notoires suite à la libération de la ville martyre de Kidal qui avait été assiégée par les djihadistes.
Les groupes les plus actifs sont aujourd’hui fragmentés mais ont étendus leurs menaces pour encercler l’AES tout en coupant les principales voies d’accès aux ports voisins et en progressant vers les pays côtiers.
Le groupe JNIM (Jama’at Nusrat al-islam wal-Musulimin) affilié à Al Qaida. Ce groupe opère notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Le groupe EIGS (Etat islamique au grand Sahara. Ce groupe opère surtout au Nord du Burkina Faso, à l’Ouest du Niger dans la région du Liptako-Gourma).
Le groupe ISWAP (Islamic State West Africa Province) et Boko Haram opèrent vers le bassin du Lac Tchad, au Nord du Nigéria, Niger, Cameroun, Tchad. Leurs armements deviennent de plus en plus modernes avec des explosifs et des drones. Ils proviennent des stocks des armées nationales détournées suite à des attaques, des stocks de la Libye, des marchés illicites alimentés par des milices et des trafiquants à partir de certains pays de l’Europe.
La Russie apporte un soutien logistique et de renseignement pour détruire les capacités miliaires des djihadistes. Mais le mal est si profond et fertilisé par la pauvreté, qu’un « Plan Marshall » est nécessaire pour s’attaquer aux racines du mal par un développement accéléré et le retour de l’Etat sur toute l’étendue de l’AES.
L’impact de cette barbarie dépasse largement le cadre sécuritaire et plonge la région dans une crise humanitaire profonde. Environ 4 millions de personnes de l’AES sont déplacés vers les pays voisins. De plus, plusieurs écoles et centres de santé ont fermé dans la région. Les agriculteurs et les camions de transport de carburant sont directement pris pour cible.
Ces groupes kidnappent des élèves, tuent des agriculteurs et extorquent de l’argent pour financer leurs activités. Un effet domino désastreux sur l’ensemble de la région est plausible. A l’Est du continent, au centre et à l’Ouest, le mal est partout.
La menace exige une approche multidimensionnelle, coordonnée au niveau régional et mondial (réponse militaire, « plan Marshall », actions de développement et restauration de l’autorité de l’Etat) pour venir à bout du djihadisme. Mais l’AES n’est pas l’Ukraine ou la communauté internationale est plus préoccupée par la chute des régimes de l’AES que par l’éradication du djihadisme.
Les pays membres de BRICS+ avec l’appui de la Banque des BRICS doivent prendre l’initiative d’un « Plan Marshall » pour l’Afrique afin de donner une réponse multidimensionnelle à la menace.
L’espoir est permis et cette rencontre peut être le signe de cet espoir.