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Politique

Ce que Gbagbo a dit à Mama qui enflamme la presse ivoirienne

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Le samedi 5 février 2022, Laurent Gbagbo, président de PPA-CI recevait dans son village natal, les militants jeunes et femmes de son parti. Son discours enflamme la presse ivoirienne et internationale avec diverses interprétations .Nous vous proposons l’intégralité du discours.

𝗗𝗜𝗦𝗖𝗢𝗨𝗥𝗦 𝗜𝗡𝗧É𝗚𝗥𝗔𝗟 𝗗𝗨 𝗣𝗥𝗘𝗦𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗘𝗡𝗧 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢
𝗠𝗮𝗺𝗮, 𝗦𝗮𝗺𝗲𝗱𝗶 𝟬𝟱 𝗳é𝘃𝗿𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟮

« 𝑱’𝒂𝒊 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒕𝒖 𝒉𝒊𝒆𝒓, 𝒋𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒔 𝒂𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 𝒆𝒕 𝒋𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒕𝒓𝒂𝒊 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒊𝒏 ».

Monsieur Dano Djédjé, premier vice-président du CSP,
Monsieur Hubert Oulaye, Président Exécutif du PPA-CI
Monsieur Damana Pickass, Secrétaire Général
Messieurs les Ministres Lokrou Vincent, Kadet Bertin,
M. Le Directeur Laurent Ottro,
Monsieur le Coordonnateur régional PPA-CI du Gôh, Orega Youkpo Barthélémy,
Madame, ma sœur Marie Odette Lorougnon, ma petite sœur
Monsieur le Président des jeunes, mon petit frère,
Mesdames et messieurs,

Je vous salue tous et vous remercie de vous être déplacés si massivement pour venir me souhaiter la bienvenue et pour venir me saluer. Je suis très ému, je vous salue. En écoutant certains discours, j’étais obligé de m’essuyer les yeux parce que j’avais beaucoup d’émotions et des larmes.

Ici à Mama nous sommes un petit village. Mama est un petit village mais quand nous recevons beaucoup de gens comme ça, ça se sent et ça se voit parce que nous ne sommes pas habitués à avoir beaucoup de monde. Merci beaucoup d’être venus.

Mais vous avez dit, en ce qui me concerne, des choses qui sont justes certainement mais d’autres pour lesquelles je ne mérite pas tant d’éloges et remerciement. Parce que la politique est un engagement. Une fois qu’on s’est engagé, on sait ce qu’on va rencontrer devant. On peut rencontrer des moments de bonheur, des moments de joie mais on peut aussi, et souvent rencontrer, des moments mauvais, difficiles.

Ici qui n’a pas été arrêté ? Qui n’a pas été secoué ? J’étais à Bruxelles, quand on m’a dit que Hubert Oulaye était en prison, Dano Djédjé aussi, le petit Koua Justin dans une troisième prison et les autres qui n’étaient pas en prison étaient en exil. Mon grand frère Laurent Ottro n’est pas revenu dans son village pendant 10 ans.

Donc c’est la politique mais on s’engage pour atteindre des objectifs. Est-ce que tous ces objectifs sont atteints ? Non. Est-ce que l’assurance maladie universelle est réalisée ? Non. Est-ce que le cacao est transformé en Côte d’Ivoire ? Non. Est-ce que toutes les graines palmistes sont transformées en Côte d’Ivoire ? Non. Est-ce que tous les enfants de Côte d’Ivoire sont à l’école ? Non. Est-ce que dans tous les coins de Côte d’Ivoire il y a des centres de santé ? Non. Est-ce que dans tous les villages de Côte d’Ivoire, il y a de l’eau propre ? Non.

C’est ça et c’est pour tout ça qu’on nous a arrêté. Donc on nous arrêtera encore puisque nous allons continuer le combat. Nous ne sommes pas des enfants. Quand tu es un gamin et que tu ne sais pas ce que tu fais, quand on crie sur toi, tu fuis et tu vas te cacher dans les bras de ta maman. Nous on n’est pas comme ça. Quand on sort pour dire qu’on va se battre pour que le sort des Ivoiriens soit meilleur, on continue, on ne s’arrête pas.

C’est pourquoi moi qui ai initié ce combat, je trouve que c’est trop d’éloges pour moi. Au contraire, c’est vous qui me suivez qui devez avoir tous ces éloges. Quand on vous arrête, j’ai des soucis à me faire. Je dis : voilà des enfants, des jeunes, des femmes qui sont sortis pour me suivre, qu’est-ce que leurs parents penseront de moi ? Que j’envoie leurs enfants à la misère et à la souffrance.

J’ai combattu hier, je combats aujourd’hui et je combattrai demain. Il faut que ceux qui avaient des doutes lèvent ses doutes de leurs têtes.

Alors, ces derniers temps on ne me voyait pas et des gens ont tiré des leçons mais j’ai expliqué à mes camarades proches que depuis le 24 décembre 2022, j’ai eu le Covid et le professeur qui me traitait m’avait condamné à rester dans ma chambre, à ne pas sortir. Quand il ne m’avait pas déclaré guéri, j’étais dans la chambre. Maintenant il m’a déclaré guéri, me voici.

Dahi Nestor et Marie Odette, vous avez dit que les jeunes et les femmes se tiennent à ma disposition. Non, non ! C’est moi qui me tient à votre disposition. C’est moi ! Je suis devenu un instrument de combat. Cet instrument-là, sachez-vous en servir. Ce n’est pas vous qui vous tenez à ma disposition. Moi tout seul que puis-je faire ? C’est parce que vous me suivez que nous avons des résultats. Eh ben, je suis à votre disposition.

Avant de continuer, je voulais soulever deux problèmes. Ces temps-ci on se plaint beaucoup des coups d’Etats militaires en Afrique de l’Ouest : deux coups d’État militaires au Mali, il y a eu un coup d’Etat militaire en Guinée il y a eu un coup d’Etat militaire au Burkina Faso. Je regardais la télévision, j’ai vu Hubert Oulaye qui avait été invité par une chaîne. Il s’en est très bien sorti. Félicitations. Mais Malicieusement, les gens lui disent qu’on dirait que vous vous réjouissez des coups d’Etat militaires. Il a répondu comme tous ceux qui ont répondu ici.

Mais je voulais dire quand dans un pays on fait des coups d’Etats civil et que ces coups d’Etats ne sont pas condamnés mais applaudis, il ne faut pas s’étonner après que des militaires fassent des coups d’Etat militaires. C’est ça je veux dire. Quand la Constitution dit qu’un homme ne peut faire que deux mandats présidentiels et qu’il en fait trois, c’est un coup d’Etat civil. Mais on ne le dit pas et on ne le condamne pas assez. Un coup d’Etat est un coup d’Etat.

Vous voyez aux États-Unis si Joe Biden ou Donald Trump décidait, par exemple, de faire un troisième mandat mais ça serait la révolution dans tout le pays. Ils ne peuvent pas parce que ce qu’on écrit on doit le respecter. Ce qu’on met dans la Constitution, on doit le respecter. Quand tu as écrit qu’il faut 02 mandats et que tu te débrouilles pour en faire 03, le militaire avec son fusil se dit j’ai une arme, eh ben je fais un coup d’Etat. Voilà les conséquences des actes des politiques.

Après ce sont eux qui sont durs avec les militaires. Mais un coup d’Etat est un coup d’état. Un coup d’Etat, c’est la rupture de l’ordre normal des choses. Je voulais du haut de cette tribune dire à toute la classe politique ivoirienne de laisser tomber les coups d’Etat, d’oublier les coups d’Etat, de laisser ça, et comme on le dit chez nous à Yopougon, de quitter dedans.

Un homme politique ne finit jamais un travail de refondation du pays. On ne finit pas. Même Napoléon qui a fait un coup d’Etat militaire, n’a pas terminé son travail. Il a fait beaucoup de choses mais il a terminé en prison. Quand on fait la politique, on n’a pas vocation à achever son programme. Un programme ne s’achève jamais. C’est pourquoi il faut des jeunes derrière soi qui vont continuer le programme au lieu où vous avez laissé. C’est pourquoi il faut des jeunes générations pour prendre la relève. Ça c’est la première remarque.

La deuxième remarque concerne les prisonniers militaires. Mais tant qu’ils sont en prison, chaque fois que j’ai un micro, je parlerai d’eux. Pourquoi sont-ils en prison ? Pourquoi les militaires sont-ils encore en prison aujourd’hui ? Et puis les gens disent « les militaires de Gbagbo ». Ce ne sont pas les militaires de Gbagbo, je n’ai pas une école de formation militaire. Ce sont les militaires de l’armée ivoirienne que j’ai trouvés là. Pourquoi sont-ils en prison encore aujourd’hui ? on a un conflit post-électoral sur le résultat des élections. Les rebelles attaquent en partant de Toulepleu, Duékoué, pour descendre sur Abidjan. Les militaires avancent pour les stopper, c’est une bagarre entre deux groupes armés. On vient, on arrête le Chef d’Etat, je peux comprendre que le Chef d’Etat est le chef des armées.

Heureusement qu’on m’a jugé à la Haye parce que si on m’avait jugé avec ceux que vous connaissez ici, je ne sais pas mais peut être que j’aurais déjà été condamné à 60 ans de prison. Alors, on arrête le Chef d’Etat qu’on juge en utilisant toutes les pièces, et en produisant 82 témoins. Au bout des 82 témoins à charge, les juges disent la défense ce n’est pas la peine que vous produisez vos témoins parce que les témoins à charge ont déjà déchargé l’accusé. Ce qu’ils ont dit étaient tellement, je ne veux pas être méchant, contradictoires. En plus simple, les juges ont dit que ça leur suffisait comme ça et que nous devions revenir la semaine prochaine pour le prononcé de la sentence. La semaine suivante, mon jeune collègue Blé Goudé et nous, on nous déclare acquitté. On nous déclare acquitté de toutes les charges qui étaient portées contre nous, de déclarations de guerre, d’assassinat, donc rien.

La plupart des Généraux sont passés à la barre pour témoigner. Alors, on nous relaxe, on nous acquitté et j’arrive en Côte d’Ivoire pour trouver que ceux qui obéissent à l’ordre du Président de la République, eux ils sont en prison. Mais ce n’est pas juste. L’armée n’a pas une décision propre pour déclarer la guerre. L’armée fait la guerre quand on lui ordonne de la faire. L’armée défend le pays quand on lui ordonne de défendre le pays. Le cerveau est innocent mais les bras sont en prison. Où est-ce que vous avez vu ça. La tête est innocente mais les bras sont en prison. Cela est injuste et inacceptable. Et il faut que pour qu’il ait un minimum de justice, qu’on libère sans plus tarder les militaires qui sont en prison. Partout où je passerai je dirai cela. Parce que c’est ça la vérité.

Quant à mon jeune codétenu Blé Goudé, j’entends souvent beaucoup de romans, des choses qui ne sont pas justes. C’est pourquoi quand j’ai été à Guiberoua aux funérailles de la mère de mon collaborateur, Dr Blé Christophe, j’ai été chez lui rencontrer ses parents. Lui et moi, notre compagnonnage s’est achevé le 31 mars 2021 quand la CPI a déclaré que nous sommes totalement exonérés de toutes les charges qui nous sont imputés. Je suis allé à Bruxelles où j’habitais. J’avais déjà demandé qu’on m’établisse mon passeport, ça c’est des choses personnelles. Le Gouvernement ivoirien, après avoir tergiversé, a remis mon passeport diplomatique auquel j’ai droit. Lui, c’est en ce moment, semble-t-il, qu’il a fait la demande. Le problème ne se trouve plus entre la CPI et lui. Le problème se trouve entre le Gouvernement de Côte d’Ivoire et lui. Et le gouvernement de Côte d’Ivoire lui doit un passeport. Ce n’est pas la CPI. La CPI a fini le travail qu’on lui avait demandé. Il ne faut pas raconter autres choses.

Chers amis, je suis content et heureux de vous voir. Mais comme je vous ai dit, le travail n’est pas achevé, nous allons le reprendre. Très bientôt, je vais reprendre les tournées et j’ai dit aux wê que la première région ou j’irai, ce sera chez eux. Mais il faut comprendre la signification des actes que nous posons. J’ai été invité par les wê et les Akyé mais j’ai décidé de commencer par les wê parce que ce qu’ils ont subi frise le génocide. Je ne dis pas que c’est un génocide parce que les juristes ont des définitions propres à eux mais je dis que ça frise le génocide. Je me réjouis qu’on ait arrêté Amade Ourémi. Je me réjouis. Mais ça ne me suffit pas. Parce que venir dans une région, arracher les forêts des gens, les plantations des gens, brûler leurs villages, jeter les gens dans les puits, c’est inacceptable et je ne l’accepte pas. C’est pourquoi j’irai dans cette région pour leur apporter la compassion. Si je ne peux rien faire d’autre, au moins je peux leur donner la compassion. Ce n’est pas normal, ce n’est pas acceptable et ça ne peut être accepté.

Dès que j’arriverai à Abidjan, nous allons reprendre les tournées par la région que j’ai indiqué tout à l’heure.

Chers amis, chers frères, chers jeunes, les temps sont durs. Et comme les temps sont durs, nous nous devons aussi d’être durs parce que les combats que nous avons commencés n’ont pas encore trouvé de solutions ? Est-ce que l’ivoirien mange ces trois repas par jour ? Non. Est-ce que chaque ivoirien mange trois repas par jour ? Est-ce que les gens de la Bagoué ont l’eau tous les jours ? Eux, je les ai vu ramasser de l’eau dans les marées. J’étais en tournée là-bas, je me suis arrêté pour regarder cette misère. Et ça c’était au moment où la Côte d’Ivoire était un peu encore prospère. Mais aujourd’hui, c’est la catastrophe. Les gens ne voient pas cette catastrophe mais ce qui leur importent, c’est de faire des coups d’Etats civils. Je suis contre les coups d’Etats civils. Je suis contre ça. Mais il faut dénoncer aussi les coups d’Etats civils. Un troisième mandat est un coup d’Etat civil. Un troisième mandat, alors que la constitution, ne le permet pas est un coup d’état civil et je suis contre les coups d’Etats civils et les coups d’Etats militaires. Il faut établir le lien de causalité. Je suis contre les coups d’Etats militaires. Celui qui fait un coup d’Etat constitutionnel, je ne suis pas son ami et ça c’est évident. Mais comme on est des compatriotes on peut causer mais je ne suis pas son ami. On peut se trouver au maquis mais je ne suis pas son ami. Il faut que les lignes de démarcation soient tracées de façon claire.

Si nous voulons que notre pays aille de l’avant, il faut que ce soit clair dans toutes les têtes. Les USA ont leur constitution depuis la fin du 18ème siècle. Ils ont traversé des crises graves, ils ont aboli l’esclavage. Ils ont traversé la première et deuxième guerre mondiale et ils continuent d’avancer avec la même Constitution. Quand un article de la Constitution devient gênant à cause du temps, ils se réunissent en congrès et ils votent un amendement constitutionnel et l’article gênant n’est plus gênant.

En France, la constitution de la 5ème République a été votée en 1958. Nos parents ont voté puisque nous étions encore colonie française. Depuis 1958 jusqu’à aujourd’hui, c’est encore la Constitution.

Depuis 1960 jusqu’au aujourd’hui, nous sommes à la 3ème République. On change des constitutions comme on change les petits-déjeuners. Le matin tu te lèves, tu dis aujourd’hui je ne veux plus d’omelettes, je veux des œufs bouillis. Aujourd’hui, je ne veux pas du café au lait mais du café noir. Ce n’est pas ça diriger et gouverner un pays. Ce n’est pas ça.

Diriger un pays c’est soumettre ceux qui refusent d’obéir aux règles mais c’est se soumettre soi-même aux règles. Moi j’ai été Président, pendant 10 ans, je n’ai jamais modifié un article de la Constitution parce qu’il y’ avait tout dans la Constitution pour avancer sans la modifier. Il y’ avait tout. Donc il faut respecter les Constitutions que nous nous donnons. Je le dis pour les jeunes. Parce que demain c’est vous qui aurez à gérer ce pays si vous ne voulez pas des guerres à répétition dans votre pays.

La guerre peut venir vous trouver sans que vous n’ayez rien à faire. Moi j’attends toujours que les rebelles de Côte d’Ivoire nous expliquent pourquoi ils ont pris les armes en 2002. J’ai été élu en octobre 2000, j’ai prêté serpent, j’ai fait le 1er Conseil des ministres. Mais en janvier 2001, deux mois 15 jours après que je ne sois devenu Président, la rébellion attaquait le pays. J’ai fait quoi ? Qu’est-ce que j’ai posé comme acte discriminant pour que les gens m’attaquent ? Ces gens-là étaient prêts depuis longtemps avec des arrière-pays qui les équipaient en armes. Mais la raison ils n’ont jamais donnés. Moi j’attends qu’un jour, dans un climat de sécurité, sans qu’on ne les menace, ils nous expliquent pourquoi ils ont pris les armes contre la Côte d’Ivoire. On a quand même le droit de demander ça. On a quand même ce droit-là. Au moins ! Vous prenez les armes contre nous, mais pourquoi ? Donc chers amis, voilà quelques idées que je jette ici et là.

On va partir mais il fait continuer de réfléchir. Il faut réfléchir ! Demander à ceux qui posent les actes pourquoi ils les posent. Des actes gravissimes ! Et puis on les regarde. Les rebelles, ce sont les enfants. Où ont-ils eu les moyens pour avoir des armes et nous attaquer ? Où ont-ils eu ça ! Vous comprenez mes inquiétudes.

Marie Odette, je vous remercie. Dahi Nestor, je te remercie. Mais il faut faire en sorte que demain vos mobilisations soient encore plus grandes parce qu’il s’agira non pas de venir saluer Gbagbo mais la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie !

DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !
DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !
DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

Politique

Guémon : Mission-terrain des parlementaires RHDP auprès des autorités, leaders communautaires et populations

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Une forte délégation des députés issus du groupe parlementaire RHDP est arrivée ce lundi 7 septembre 2026 dans la capitale du Guémon, pour une mission-terrain de 72h auprès des autorités, leaders communautaires et populations, en vue de restituer les 6 mois de travaux législatifs à l’hémicycle ivoirien présidé par l’honorable Patrick Achi.

Conduite par l’honorable Flore Kouassi Lago, député d’Oumé dans la Région du Góh, la délégation a d’abord présenté ce lundi 7 septembre 2026, ses civilités à M. Addoh Tanoh, préfet de la Région du Guémon, préfet du Département de Duékoué.

En outre, le mardi 8 septembre 2026, à la salle Paul Gui-Dibo de la Mairie de Duékoué, aura lieu la cérémonie de restitution des 6 mois de travaux à l’hémicycle ivoirien.

Enfin, le mercredi 9 septembre 2026 aura lieu la tournée de remerciements des populations.

Selon la correspondance du 1 septembre 2026 signée par la député-maire de Duékoué dont copie est parvenue à notre rédaction, cette mission diligentée par le groupe parlementaire RHDP, a pour but de « renforcer les liens entre élus et populations, non sans informer l’opinion sur les activités parlementaires et les lois votées pendant la première session 2026 ».

Ouncado PIERROT

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Politique

Bagohouo : Constant Lao Doh conduit une délégation du PDCI-RDA au domicile du chef central après le décès de son épouse

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Une délégation du PDCI-RDA, conduite par Constant Lao Doh, président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA du District des Montagnes et cadre du parti à Duékoué, s’est rendue, le 4 août 2026, au domicile de Sa Majesté Desséi Étienne, chef central de la sous-préfecture de Bagohouo et chef du canton Zagné.

Cette visite avait pour objectif de présenter les condoléances du PDCI-RDA au chef central, durement éprouvé par le décès de son épouse, survenu après une période de maladie. À travers cette démarche, les responsables et militants du parti ont tenu à lui témoigner leur compassion et leur solidarité dans cette douloureuse épreuve.

La délégation était composée notamment de Constant Lao Doh, de Kouihé Adèle, présidente de l’UF-PDCI-RDA, des secrétaires de section du parti à Bagohouo, de militants de base ainsi que de plusieurs membres du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA.

« C’est au nom de l’ensemble des cadres et militants du PDCI-RDA que nous avons initié cette visite auprès du patriarche éploré. Nous avons tenu à lui exprimer nos mots de compassion et de réconfort à travers des dons symboliques en numéraire, accompagnés de boissons », a expliqué Constant Lao Doh.

Pour le président du mouvement Aodoeboh, la présence du PDCI-RDA auprès des populations dans les moments difficiles traduit la volonté du parti de maintenir une relation de proximité avec les communautés.

« Pour le parti de Tidjane Thiam, l’engagement pour le bien-être de nos parents et le soutien aux populations en détresse sont une condition d’existence. Le PDCI-RDA ne peut être présent dans une localité et rester sourd aux cris de cœur des uns et des autres. C’est impossible », a-t-il déclaré.

Constant Lao Doh a également rappelé l’engagement récent du parti aux côtés de populations victimes d’un conflit communautaire ayant occasionné une perte en vie humaine. « Il n’y a pas longtemps, à la suite d’un conflit communautaire où il y a eu mort d’homme, nous étions encore là pour soutenir les victimes, avant de traduire les mots de cohésion sociale de nos responsables politiques », a-t-il souligné.

En marge de cette visite de compassion, le président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA a par ailleurs attiré l’attention des responsables du parti sur le fonctionnement de la délégation 2 du PDCI-RDA de Bagohouo, qui regroupe les sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon.

Selon lui, cette délégation connaît aujourd’hui des difficultés en matière d’animation et de proximité avec la base. « La délégation 2 du PDCI-RDA, composée des sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon, est aujourd’hui défaillante du point de vue de la proximité et de l’animation. Ceux qui ont la tâche de diriger cette délégation sont absents sur le terrain et donc déconnectés des réalités de la base », a-t-il déploré.

Face à cette situation, Constant Lao Doh plaide auprès du secrétaire exécutif en chef, Yapo Yapo Calice, pour une réorganisation de cette structure. Il propose notamment de scinder la délégation en deux, voire en trois, afin de permettre une meilleure présence des responsables sur le terrain et une animation plus efficace des structures de base.

Pour le cadre du PDCI-RDA, cette réorganisation permettrait de renforcer le travail de proximité et de mieux préparer le parti aux prochaines échéances politiques, notamment dans la perspective de la conquête du pouvoir d’État à l’horizon 2030.

AXEL GONKANOU

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Édito

Côte d’Ivoire : attaques contre Tidjane Thiam, les faits contredisent Anoma Magloire

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Dans une interview accordée au quotidien Liberté, Magloire Anoma Kouao, membre du Bureau politique du PDCI-RDA et ancien responsable du parti à Aboisso, a livré une sévère critique de la direction actuelle. Au cœur de ses déclarations, une affirmation particulièrement tranchée : Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI ». L’ancien responsable va plus loin, jugeant le président du parti « pas courageux » et estimant qu’il « a échoué ».

Des propos qui relancent le débat sur la gouvernance du PDCI-RDA, le fonctionnement de ses instances et surtout sur la notion de « militant avéré ». Mais face aux déclarations, les faits politiques et les résultats des consultations internes du parti imposent une autre lecture.

Une charge politique qui pose la question du militantisme

La critique d’un président de parti n’a, en soi, rien d’exceptionnel. Dans une formation politique structurée comme le PDCI-RDA, le débat interne, la contradiction et la confrontation des idées font partie de la vie démocratique.

Magloire Anoma Kouao réclame notamment la tenue d’un Bureau politique et dénonce ce qu’il considère comme une concentration de la décision autour de la direction actuelle. Il plaide pour davantage de discussions au sein des instances et revendique, de son côté, plusieurs années d’engagement au sein du parti.

Le débat est donc légitime.

Mais lorsque l’ancien responsable affirme que Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI », la question mérite d’être confrontée aux faits.

Car qu’est-ce qu’un militant « avéré » ? Est-ce uniquement celui qui compte le plus grand nombre d’années dans les structures du parti ? Est-ce celui qui a occupé le plus de responsabilités ? Ou est-ce également celui qui participe à la vie démocratique de la formation et accepte le verdict de ses instances ?

C’est sur ce terrain que la polémique prend une autre dimension.

Le parcours de Tidjane Thiam ne peut pas être effacé

Réduire le parcours politique de Tidjane Thiam à son éloignement de la vie politique ivoirienne pendant plusieurs années serait incomplet.

Le PDCI-RDA lui-même retrace, dans sa présentation officielle de ses dirigeants, plusieurs étapes de son engagement politique. Le parti rappelle notamment son rôle auprès d’Henri Konan Bédié et son entrée au Bureau politique en 1996.

Certes, chacun peut apprécier différemment la régularité ou la profondeur de ce parcours.

On peut considérer que son activité politique a connu des périodes d’interruption. On peut également discuter de son implantation dans les structures locales du parti ou de sa présence sur le terrain.

Mais entre considérer un parcours comme insuffisant et affirmer qu’il n’existe « aucun parcours », il y a une différence importante.

L’histoire politique du PDCI-RDA apporte ici un élément de contradiction à l’affirmation d’Anoma Magloire.

Le verdict des militants, un fait difficile à contourner

L’autre élément central de cette controverse est le vote des militants et des congressistes.

Tidjane Thiam n’est pas devenu président du PDCI-RDA par désignation personnelle.

Lors du 8e Congrès extraordinaire électif, organisé le 22 décembre 2023, il a été élu président du parti avec 4 001 voix, soit 96,48 % des suffrages exprimés, face à Jean-Marc Yacé.

Cette victoire constituait déjà un signal politique majeur.

Mais le résultat a été confirmé lors du 9e Congrès extraordinaire, tenu le 14 mai 2025. Tidjane Thiam y a été reconduit à la tête du PDCI-RDA avec 99,77 % des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par le comité électoral.

Deux consultations internes. Deux victoires très larges.

Ces résultats ne signifient évidemment pas que le président du PDCI-RDA est au-dessus de toute critique. Ils signifient cependant que sa légitimité interne repose sur des votes exprimés dans le cadre des instances du parti.

Dès lors, une déclaration médiatique ne peut, à elle seule, effacer le verdict des congressistes.

Une question à ceux qui contestent sa légitimité

La polémique soulève alors une question politique simple.

Si certains cadres estiment que Tidjane Thiam n’est pas suffisamment expérimenté, qu’il manque de courage ou qu’il a échoué, pourquoi ne pas porter cette contestation directement devant les militants ?

La démocratie interne donne précisément aux responsables politiques la possibilité de défendre une autre vision, de présenter une candidature et de demander aux militants de trancher.

C’est là que se mesure véritablement la force d’une conviction politique.

Il est toujours possible de critiquer un dirigeant après son élection. Il est beaucoup plus exigeant de se présenter devant les militants et de leur demander de choisir une autre voie.

La légitimité politique se conquiert par les urnes, mais elle se respecte également après le vote.

« Il a échoué » : de quel échec parle-t-on ?

L’affirmation selon laquelle Tidjane Thiam « a échoué » mérite également d’être précisée.

A-t-il échoué à conquérir la présidence du PDCI-RDA ? Non. Il l’a remportée en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.

A-t-il échoué à conserver cette fonction ? Non plus. Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.

Son parcours politique comporte néanmoins des difficultés majeures. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2025 a notamment été empêchée dans le cadre des procédures portant sur son éligibilité et sa situation de nationalité.

Mais il convient de distinguer une défaite électorale d’une candidature empêchée pour des raisons juridiques.

Tidjane Thiam n’a pas été battu dans les urnes lors de la présidentielle ivoirienne de 2025. Il n’a pas été confronté au suffrage présidentiel.

Cette nuance est essentielle dans toute analyse politique.

Anoma Magloire pose aussi des questions légitimes

Pour autant, il serait journalistiquement incorrect de rejeter l’intégralité des critiques formulées par Magloire Anoma Kouao.

Certaines de ses interrogations méritent d’être débattues.

Sa demande de voir se réunir les instances du parti, notamment le Bureau politique, relève d’une préoccupation qui peut être entendue. Dans toute formation politique, les dirigeants doivent pouvoir être interpellés, les décisions discutées et les orientations stratégiques débattues.

Un président de parti n’est pas infaillible.

La direction doit accepter la contradiction.

Les cadres doivent pouvoir exprimer leurs désaccords.

Les militants doivent pouvoir être consultés.

Et les textes du parti doivent constituer la référence commune.

Sur ce point, Anoma Magloire pose donc un véritable sujet : celui du fonctionnement démocratique des instances du PDCI-RDA.

Mais le débat interne ne doit pas nécessairement conduire à la délégitimation permanente du président élu.

« Les alliances se discutent au Bureau politique » : le principe vaut pour tous

Dans son entretien, Magloire Anoma estime également que les éventuelles alliances politiques du PDCI-RDA doivent être discutées au sein des instances du parti et non décidées dans un cercle restreint.

Sur le principe, cette revendication peut difficilement être contestée.

Les grandes orientations d’un parti doivent être débattues dans les structures compétentes.

Mais cette exigence appelle une autre interrogation : si les instances doivent être le lieu de décision pour les grandes orientations politiques, ne doivent-elles pas également être le lieu privilégié pour contester la gouvernance du président ?

La presse peut être un espace d’expression.

Elle ne peut cependant pas se substituer aux instances statutaires d’un parti politique.

Lorsqu’un cadre estime qu’une décision est contraire aux intérêts du PDCI-RDA, le meilleur moyen de la combattre reste de porter le débat devant les structures habilitées.

« Dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu »

L’une des formules utilisées par Anoma Magloire mérite également attention.

Il estime que lorsqu’on arrive dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu avant soi.

L’image est forte et rappelle une réalité essentielle : le PDCI-RDA possède une histoire, une mémoire et des générations de militants qui ont contribué à son existence.

Les anciens méritent donc respect et reconnaissance.

Mais respecter les anciens ne signifie pas figer le parti dans son passé.

Une formation politique peut préserver ses fondations tout en modernisant son fonctionnement.

Elle peut honorer son histoire tout en ouvrant davantage ses portes aux jeunes.

Elle peut reconnaître l’expérience des anciens sans empêcher l’émergence de nouvelles générations.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre anciens et nouveaux, mais de parvenir à faire travailler les deux générations ensemble.

Le véritable défi : quelle alternative au-delà de la critique ?

C’est probablement là que se situe le cœur du débat.

Dire que Tidjane Thiam n’est pas courageux est une appréciation politique.

Dire qu’il a échoué est un jugement.

Dire qu’il n’est pas un militant avéré est une position.

Mais quelle alternative est proposée ?

Quelle stratégie pour reconquérir le pouvoir ?

Quelle organisation pour renforcer le parti sur le terrain ?

Quelle place pour les jeunes et les femmes ?

Quelle stratégie pour les échéances électorales à venir ?

Quelle réponse aux attentes des militants ?

Ces questions sont beaucoup plus importantes pour l’avenir du PDCI-RDA que les affrontements de personnes.

Un parti politique ne se renforce pas uniquement par la multiplication des critiques contre son président. Il se renforce également par la capacité de ses cadres à proposer des solutions et à convaincre la base.

Le militantisme ne se résume pas à l’ancienneté

Au fond, la polémique pose une question plus profonde : qu’est-ce qu’être un « militant avéré » ?

L’ancienneté est certainement un élément important.

L’engagement sur le terrain compte.

La fidélité au parti compte.

L’expérience compte.

Mais le militantisme politique suppose également le respect des règles communes et des décisions issues des mécanismes démocratiques.

Si l’ancienneté devenait le seul critère de légitimité, les nouvelles générations seraient condamnées à attendre indéfiniment avant de prendre des responsabilités.

Or un parti qui veut conquérir ou reconquérir le pouvoir doit nécessairement se renouveler.

L’expérience des anciens et l’énergie des nouvelles générations doivent donc se compléter plutôt que s’affronter.

Après le vote, vient le temps du rassemblement

La démocratie ne s’arrête pas le jour du vote.

Avant une élection, chacun doit pouvoir défendre son candidat.

Pendant la campagne, chacun doit pouvoir convaincre.

Mais après le scrutin, la décision collective doit être respectée.

Dans le cas de Tidjane Thiam, deux consultations internes ont produit des résultats particulièrement nets : 96,48 % en 2023 et 99,77 % en 2025.

Ces chiffres ne le rendent pas infaillible.

Ils ne lui donnent pas un blanc-seing.

Ils ne signifient pas que les critiques doivent être interdites.

Ils établissent simplement une réalité : le président du PDCI-RDA dispose d’une légitimité élective interne qui ne peut être effacée par une déclaration dans la presse.

Ceux qui souhaitent une autre orientation disposent, eux aussi, de moyens démocratiques pour la défendre.

Ils peuvent saisir les instances.

Ils peuvent présenter des propositions.

Ils peuvent convaincre les militants.

Et, lorsque le moment viendra, ils peuvent solliciter leur suffrage.

Le PDCI-RDA au-dessus des querelles de personnes

Au-delà de la confrontation entre Magloire Anoma et Tidjane Thiam, c’est finalement l’avenir du PDCI-RDA qui est en jeu.

Le parti peut-il conjuguer son héritage historique avec les exigences d’une formation politique moderne ?

Peut-il permettre la critique sans tomber dans la division ?

Peut-il donner toute leur place aux anciens tout en permettant aux jeunes générations d’émerger ?

Peut-il organiser un débat interne suffisamment ouvert pour que les divergences se règlent dans les instances plutôt que par médias interposés ?

C’est à ces questions que les responsables du parti devront répondre.

Magloire Anoma a raison sur un point : le PDCI-RDA doit rester un parti de débat.

Mais le débat ne doit pas devenir une guerre permanente de légitimité.

Tidjane Thiam a un parcours au sein du PDCI-RDA, même si chacun peut apprécier différemment son degré d’implication selon les périodes.

Il a été élu président du parti en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.

Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.

Ces faits constituent une réalité politique incontournable.

La critique est légitime. La contradiction est nécessaire. Le débat est indispensable.

Mais la démocratie impose également une autre exigence : respecter le choix collectif.

Le PDCI-RDA est plus grand que Tidjane Thiam. Il est également plus grand que Magloire Anoma Kouao. Il est plus grand que chacun de ses dirigeants et de ses cadres.

La « maison verte » appartient à l’ensemble de ses militants.

Aux anciens de transmettre.

Aux nouvelles générations de construire.

Aux dirigeants d’écouter.

Aux contestataires de proposer.

Et à tous de préserver l’essentiel : l’unité du parti, le respect de ses textes, la vitalité de son débat interne et la conquête démocratique du pouvoir d’État.

Le véritable militantisme ne se mesure pas seulement au nombre d’années passées dans une maison politique. Il se mesure aussi à la capacité de la faire vivre, de respecter ses règles et d’accepter le verdict de ceux qui en constituent la base.

Christ Kémondé

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