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Politique

Ce que Gbagbo a dit à Mama qui enflamme la presse ivoirienne

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Le samedi 5 février 2022, Laurent Gbagbo, président de PPA-CI recevait dans son village natal, les militants jeunes et femmes de son parti. Son discours enflamme la presse ivoirienne et internationale avec diverses interprétations .Nous vous proposons l’intégralité du discours.

𝗗𝗜𝗦𝗖𝗢𝗨𝗥𝗦 𝗜𝗡𝗧É𝗚𝗥𝗔𝗟 𝗗𝗨 𝗣𝗥𝗘𝗦𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗘𝗡𝗧 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢
𝗠𝗮𝗺𝗮, 𝗦𝗮𝗺𝗲𝗱𝗶 𝟬𝟱 𝗳é𝘃𝗿𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟮

« 𝑱’𝒂𝒊 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒕𝒖 𝒉𝒊𝒆𝒓, 𝒋𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒔 𝒂𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 𝒆𝒕 𝒋𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒃𝒂𝒕𝒕𝒓𝒂𝒊 𝒅𝒆𝒎𝒂𝒊𝒏 ».

Monsieur Dano Djédjé, premier vice-président du CSP,
Monsieur Hubert Oulaye, Président Exécutif du PPA-CI
Monsieur Damana Pickass, Secrétaire Général
Messieurs les Ministres Lokrou Vincent, Kadet Bertin,
M. Le Directeur Laurent Ottro,
Monsieur le Coordonnateur régional PPA-CI du Gôh, Orega Youkpo Barthélémy,
Madame, ma sœur Marie Odette Lorougnon, ma petite sœur
Monsieur le Président des jeunes, mon petit frère,
Mesdames et messieurs,

Je vous salue tous et vous remercie de vous être déplacés si massivement pour venir me souhaiter la bienvenue et pour venir me saluer. Je suis très ému, je vous salue. En écoutant certains discours, j’étais obligé de m’essuyer les yeux parce que j’avais beaucoup d’émotions et des larmes.

Ici à Mama nous sommes un petit village. Mama est un petit village mais quand nous recevons beaucoup de gens comme ça, ça se sent et ça se voit parce que nous ne sommes pas habitués à avoir beaucoup de monde. Merci beaucoup d’être venus.

Mais vous avez dit, en ce qui me concerne, des choses qui sont justes certainement mais d’autres pour lesquelles je ne mérite pas tant d’éloges et remerciement. Parce que la politique est un engagement. Une fois qu’on s’est engagé, on sait ce qu’on va rencontrer devant. On peut rencontrer des moments de bonheur, des moments de joie mais on peut aussi, et souvent rencontrer, des moments mauvais, difficiles.

Ici qui n’a pas été arrêté ? Qui n’a pas été secoué ? J’étais à Bruxelles, quand on m’a dit que Hubert Oulaye était en prison, Dano Djédjé aussi, le petit Koua Justin dans une troisième prison et les autres qui n’étaient pas en prison étaient en exil. Mon grand frère Laurent Ottro n’est pas revenu dans son village pendant 10 ans.

Donc c’est la politique mais on s’engage pour atteindre des objectifs. Est-ce que tous ces objectifs sont atteints ? Non. Est-ce que l’assurance maladie universelle est réalisée ? Non. Est-ce que le cacao est transformé en Côte d’Ivoire ? Non. Est-ce que toutes les graines palmistes sont transformées en Côte d’Ivoire ? Non. Est-ce que tous les enfants de Côte d’Ivoire sont à l’école ? Non. Est-ce que dans tous les coins de Côte d’Ivoire il y a des centres de santé ? Non. Est-ce que dans tous les villages de Côte d’Ivoire, il y a de l’eau propre ? Non.

C’est ça et c’est pour tout ça qu’on nous a arrêté. Donc on nous arrêtera encore puisque nous allons continuer le combat. Nous ne sommes pas des enfants. Quand tu es un gamin et que tu ne sais pas ce que tu fais, quand on crie sur toi, tu fuis et tu vas te cacher dans les bras de ta maman. Nous on n’est pas comme ça. Quand on sort pour dire qu’on va se battre pour que le sort des Ivoiriens soit meilleur, on continue, on ne s’arrête pas.

C’est pourquoi moi qui ai initié ce combat, je trouve que c’est trop d’éloges pour moi. Au contraire, c’est vous qui me suivez qui devez avoir tous ces éloges. Quand on vous arrête, j’ai des soucis à me faire. Je dis : voilà des enfants, des jeunes, des femmes qui sont sortis pour me suivre, qu’est-ce que leurs parents penseront de moi ? Que j’envoie leurs enfants à la misère et à la souffrance.

J’ai combattu hier, je combats aujourd’hui et je combattrai demain. Il faut que ceux qui avaient des doutes lèvent ses doutes de leurs têtes.

Alors, ces derniers temps on ne me voyait pas et des gens ont tiré des leçons mais j’ai expliqué à mes camarades proches que depuis le 24 décembre 2022, j’ai eu le Covid et le professeur qui me traitait m’avait condamné à rester dans ma chambre, à ne pas sortir. Quand il ne m’avait pas déclaré guéri, j’étais dans la chambre. Maintenant il m’a déclaré guéri, me voici.

Dahi Nestor et Marie Odette, vous avez dit que les jeunes et les femmes se tiennent à ma disposition. Non, non ! C’est moi qui me tient à votre disposition. C’est moi ! Je suis devenu un instrument de combat. Cet instrument-là, sachez-vous en servir. Ce n’est pas vous qui vous tenez à ma disposition. Moi tout seul que puis-je faire ? C’est parce que vous me suivez que nous avons des résultats. Eh ben, je suis à votre disposition.

Avant de continuer, je voulais soulever deux problèmes. Ces temps-ci on se plaint beaucoup des coups d’Etats militaires en Afrique de l’Ouest : deux coups d’État militaires au Mali, il y a eu un coup d’Etat militaire en Guinée il y a eu un coup d’Etat militaire au Burkina Faso. Je regardais la télévision, j’ai vu Hubert Oulaye qui avait été invité par une chaîne. Il s’en est très bien sorti. Félicitations. Mais Malicieusement, les gens lui disent qu’on dirait que vous vous réjouissez des coups d’Etat militaires. Il a répondu comme tous ceux qui ont répondu ici.

Mais je voulais dire quand dans un pays on fait des coups d’Etats civil et que ces coups d’Etats ne sont pas condamnés mais applaudis, il ne faut pas s’étonner après que des militaires fassent des coups d’Etat militaires. C’est ça je veux dire. Quand la Constitution dit qu’un homme ne peut faire que deux mandats présidentiels et qu’il en fait trois, c’est un coup d’Etat civil. Mais on ne le dit pas et on ne le condamne pas assez. Un coup d’Etat est un coup d’Etat.

Vous voyez aux États-Unis si Joe Biden ou Donald Trump décidait, par exemple, de faire un troisième mandat mais ça serait la révolution dans tout le pays. Ils ne peuvent pas parce que ce qu’on écrit on doit le respecter. Ce qu’on met dans la Constitution, on doit le respecter. Quand tu as écrit qu’il faut 02 mandats et que tu te débrouilles pour en faire 03, le militaire avec son fusil se dit j’ai une arme, eh ben je fais un coup d’Etat. Voilà les conséquences des actes des politiques.

Après ce sont eux qui sont durs avec les militaires. Mais un coup d’Etat est un coup d’état. Un coup d’Etat, c’est la rupture de l’ordre normal des choses. Je voulais du haut de cette tribune dire à toute la classe politique ivoirienne de laisser tomber les coups d’Etat, d’oublier les coups d’Etat, de laisser ça, et comme on le dit chez nous à Yopougon, de quitter dedans.

Un homme politique ne finit jamais un travail de refondation du pays. On ne finit pas. Même Napoléon qui a fait un coup d’Etat militaire, n’a pas terminé son travail. Il a fait beaucoup de choses mais il a terminé en prison. Quand on fait la politique, on n’a pas vocation à achever son programme. Un programme ne s’achève jamais. C’est pourquoi il faut des jeunes derrière soi qui vont continuer le programme au lieu où vous avez laissé. C’est pourquoi il faut des jeunes générations pour prendre la relève. Ça c’est la première remarque.

La deuxième remarque concerne les prisonniers militaires. Mais tant qu’ils sont en prison, chaque fois que j’ai un micro, je parlerai d’eux. Pourquoi sont-ils en prison ? Pourquoi les militaires sont-ils encore en prison aujourd’hui ? Et puis les gens disent « les militaires de Gbagbo ». Ce ne sont pas les militaires de Gbagbo, je n’ai pas une école de formation militaire. Ce sont les militaires de l’armée ivoirienne que j’ai trouvés là. Pourquoi sont-ils en prison encore aujourd’hui ? on a un conflit post-électoral sur le résultat des élections. Les rebelles attaquent en partant de Toulepleu, Duékoué, pour descendre sur Abidjan. Les militaires avancent pour les stopper, c’est une bagarre entre deux groupes armés. On vient, on arrête le Chef d’Etat, je peux comprendre que le Chef d’Etat est le chef des armées.

Heureusement qu’on m’a jugé à la Haye parce que si on m’avait jugé avec ceux que vous connaissez ici, je ne sais pas mais peut être que j’aurais déjà été condamné à 60 ans de prison. Alors, on arrête le Chef d’Etat qu’on juge en utilisant toutes les pièces, et en produisant 82 témoins. Au bout des 82 témoins à charge, les juges disent la défense ce n’est pas la peine que vous produisez vos témoins parce que les témoins à charge ont déjà déchargé l’accusé. Ce qu’ils ont dit étaient tellement, je ne veux pas être méchant, contradictoires. En plus simple, les juges ont dit que ça leur suffisait comme ça et que nous devions revenir la semaine prochaine pour le prononcé de la sentence. La semaine suivante, mon jeune collègue Blé Goudé et nous, on nous déclare acquitté. On nous déclare acquitté de toutes les charges qui étaient portées contre nous, de déclarations de guerre, d’assassinat, donc rien.

La plupart des Généraux sont passés à la barre pour témoigner. Alors, on nous relaxe, on nous acquitté et j’arrive en Côte d’Ivoire pour trouver que ceux qui obéissent à l’ordre du Président de la République, eux ils sont en prison. Mais ce n’est pas juste. L’armée n’a pas une décision propre pour déclarer la guerre. L’armée fait la guerre quand on lui ordonne de la faire. L’armée défend le pays quand on lui ordonne de défendre le pays. Le cerveau est innocent mais les bras sont en prison. Où est-ce que vous avez vu ça. La tête est innocente mais les bras sont en prison. Cela est injuste et inacceptable. Et il faut que pour qu’il ait un minimum de justice, qu’on libère sans plus tarder les militaires qui sont en prison. Partout où je passerai je dirai cela. Parce que c’est ça la vérité.

Quant à mon jeune codétenu Blé Goudé, j’entends souvent beaucoup de romans, des choses qui ne sont pas justes. C’est pourquoi quand j’ai été à Guiberoua aux funérailles de la mère de mon collaborateur, Dr Blé Christophe, j’ai été chez lui rencontrer ses parents. Lui et moi, notre compagnonnage s’est achevé le 31 mars 2021 quand la CPI a déclaré que nous sommes totalement exonérés de toutes les charges qui nous sont imputés. Je suis allé à Bruxelles où j’habitais. J’avais déjà demandé qu’on m’établisse mon passeport, ça c’est des choses personnelles. Le Gouvernement ivoirien, après avoir tergiversé, a remis mon passeport diplomatique auquel j’ai droit. Lui, c’est en ce moment, semble-t-il, qu’il a fait la demande. Le problème ne se trouve plus entre la CPI et lui. Le problème se trouve entre le Gouvernement de Côte d’Ivoire et lui. Et le gouvernement de Côte d’Ivoire lui doit un passeport. Ce n’est pas la CPI. La CPI a fini le travail qu’on lui avait demandé. Il ne faut pas raconter autres choses.

Chers amis, je suis content et heureux de vous voir. Mais comme je vous ai dit, le travail n’est pas achevé, nous allons le reprendre. Très bientôt, je vais reprendre les tournées et j’ai dit aux wê que la première région ou j’irai, ce sera chez eux. Mais il faut comprendre la signification des actes que nous posons. J’ai été invité par les wê et les Akyé mais j’ai décidé de commencer par les wê parce que ce qu’ils ont subi frise le génocide. Je ne dis pas que c’est un génocide parce que les juristes ont des définitions propres à eux mais je dis que ça frise le génocide. Je me réjouis qu’on ait arrêté Amade Ourémi. Je me réjouis. Mais ça ne me suffit pas. Parce que venir dans une région, arracher les forêts des gens, les plantations des gens, brûler leurs villages, jeter les gens dans les puits, c’est inacceptable et je ne l’accepte pas. C’est pourquoi j’irai dans cette région pour leur apporter la compassion. Si je ne peux rien faire d’autre, au moins je peux leur donner la compassion. Ce n’est pas normal, ce n’est pas acceptable et ça ne peut être accepté.

Dès que j’arriverai à Abidjan, nous allons reprendre les tournées par la région que j’ai indiqué tout à l’heure.

Chers amis, chers frères, chers jeunes, les temps sont durs. Et comme les temps sont durs, nous nous devons aussi d’être durs parce que les combats que nous avons commencés n’ont pas encore trouvé de solutions ? Est-ce que l’ivoirien mange ces trois repas par jour ? Non. Est-ce que chaque ivoirien mange trois repas par jour ? Est-ce que les gens de la Bagoué ont l’eau tous les jours ? Eux, je les ai vu ramasser de l’eau dans les marées. J’étais en tournée là-bas, je me suis arrêté pour regarder cette misère. Et ça c’était au moment où la Côte d’Ivoire était un peu encore prospère. Mais aujourd’hui, c’est la catastrophe. Les gens ne voient pas cette catastrophe mais ce qui leur importent, c’est de faire des coups d’Etats civils. Je suis contre les coups d’Etats civils. Je suis contre ça. Mais il faut dénoncer aussi les coups d’Etats civils. Un troisième mandat est un coup d’Etat civil. Un troisième mandat, alors que la constitution, ne le permet pas est un coup d’état civil et je suis contre les coups d’Etats civils et les coups d’Etats militaires. Il faut établir le lien de causalité. Je suis contre les coups d’Etats militaires. Celui qui fait un coup d’Etat constitutionnel, je ne suis pas son ami et ça c’est évident. Mais comme on est des compatriotes on peut causer mais je ne suis pas son ami. On peut se trouver au maquis mais je ne suis pas son ami. Il faut que les lignes de démarcation soient tracées de façon claire.

Si nous voulons que notre pays aille de l’avant, il faut que ce soit clair dans toutes les têtes. Les USA ont leur constitution depuis la fin du 18ème siècle. Ils ont traversé des crises graves, ils ont aboli l’esclavage. Ils ont traversé la première et deuxième guerre mondiale et ils continuent d’avancer avec la même Constitution. Quand un article de la Constitution devient gênant à cause du temps, ils se réunissent en congrès et ils votent un amendement constitutionnel et l’article gênant n’est plus gênant.

En France, la constitution de la 5ème République a été votée en 1958. Nos parents ont voté puisque nous étions encore colonie française. Depuis 1958 jusqu’à aujourd’hui, c’est encore la Constitution.

Depuis 1960 jusqu’au aujourd’hui, nous sommes à la 3ème République. On change des constitutions comme on change les petits-déjeuners. Le matin tu te lèves, tu dis aujourd’hui je ne veux plus d’omelettes, je veux des œufs bouillis. Aujourd’hui, je ne veux pas du café au lait mais du café noir. Ce n’est pas ça diriger et gouverner un pays. Ce n’est pas ça.

Diriger un pays c’est soumettre ceux qui refusent d’obéir aux règles mais c’est se soumettre soi-même aux règles. Moi j’ai été Président, pendant 10 ans, je n’ai jamais modifié un article de la Constitution parce qu’il y’ avait tout dans la Constitution pour avancer sans la modifier. Il y’ avait tout. Donc il faut respecter les Constitutions que nous nous donnons. Je le dis pour les jeunes. Parce que demain c’est vous qui aurez à gérer ce pays si vous ne voulez pas des guerres à répétition dans votre pays.

La guerre peut venir vous trouver sans que vous n’ayez rien à faire. Moi j’attends toujours que les rebelles de Côte d’Ivoire nous expliquent pourquoi ils ont pris les armes en 2002. J’ai été élu en octobre 2000, j’ai prêté serpent, j’ai fait le 1er Conseil des ministres. Mais en janvier 2001, deux mois 15 jours après que je ne sois devenu Président, la rébellion attaquait le pays. J’ai fait quoi ? Qu’est-ce que j’ai posé comme acte discriminant pour que les gens m’attaquent ? Ces gens-là étaient prêts depuis longtemps avec des arrière-pays qui les équipaient en armes. Mais la raison ils n’ont jamais donnés. Moi j’attends qu’un jour, dans un climat de sécurité, sans qu’on ne les menace, ils nous expliquent pourquoi ils ont pris les armes contre la Côte d’Ivoire. On a quand même le droit de demander ça. On a quand même ce droit-là. Au moins ! Vous prenez les armes contre nous, mais pourquoi ? Donc chers amis, voilà quelques idées que je jette ici et là.

On va partir mais il fait continuer de réfléchir. Il faut réfléchir ! Demander à ceux qui posent les actes pourquoi ils les posent. Des actes gravissimes ! Et puis on les regarde. Les rebelles, ce sont les enfants. Où ont-ils eu les moyens pour avoir des armes et nous attaquer ? Où ont-ils eu ça ! Vous comprenez mes inquiétudes.

Marie Odette, je vous remercie. Dahi Nestor, je te remercie. Mais il faut faire en sorte que demain vos mobilisations soient encore plus grandes parce qu’il s’agira non pas de venir saluer Gbagbo mais la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie !

DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !
DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !
DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

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Odienné 2 : des secrétaires de section demandent de nouvelles élections au RHDP

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La contestation se poursuit au sein du département politique Odienné 2 (Bako–Bougousso) du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix. Réunis ce samedi 23 mai 2026 au siège du parti à Bako, plusieurs secrétaires de section, cadres, présidents de comités de base et militants ont réclamé l’organisation de nouvelles élections internes au sein du RHDP local.

Cette réunion de protestation avait pour principal point de discorde la gestion du secrétaire départemental, Koné Bouakary, vivement contestée par une partie de la base militante.

Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont dénoncé un fonctionnement jugé peu inclusif ainsi qu’un manque de dialogue avec les structures de base du parti.

Prenant la parole au nom des protestataires, Koné Adama, cadre du département politique et porte-parole du collectif, a affirmé que de nombreux militants ne se reconnaissent plus dans la direction actuelle.

« Nous ne nous reconnaissons plus dans la gestion de Monsieur Koné Bouakary et nous demandons au parti, à la direction, que soient organisées de nouvelles élections dans notre département politique afin que nous puissions désigner ensemble une nouvelle tête », a-t-il déclaré.

Une contestation qui s’élargit

Selon plusieurs participants, le malaise au sein des structures locales du RHDP dure depuis plusieurs mois. Les militants reprochent notamment au secrétariat départemental l’absence d’activités politiques régulières, le manque de concertation et une gestion jugée trop centralisée.

Pour les protestataires, cette situation risque d’affaiblir le parti à l’approche des prochaines échéances électorales.

« Les échéances qui nous attendent sont très importantes », a insisté Koné Adama, appelant à une nouvelle dynamique politique dans le département Bako–Bougousso.

« Les trois quarts des secrétaires de section ne veulent plus de lui »

Les organisateurs de la rencontre assurent que la contestation bénéficie désormais d’un large soutien parmi les responsables locaux du parti.

Selon le porte-parole du collectif, « les trois quarts des secrétaires de section » du département politique seraient favorables à un changement de direction.

« Ils ne veulent plus de Koné Bouakary comme secrétaire départemental », a-t-il soutenu devant les militants réunis à Bako.

Les secrétaires de section auraient ainsi chargé plusieurs cadres du parti de porter leurs revendications auprès de la haute direction du RHDP.

Le Directoire du RHDP interpellé

À travers cette mobilisation, les militants et responsables locaux souhaitent attirer l’attention du Directoire du RHDP sur les tensions internes qui secouent actuellement le département politique Odienné 2.

Les protestataires espèrent une réaction rapide de la direction du parti ainsi que l’organisation de nouvelles élections internes afin de restaurer la cohésion et relancer les activités politiques dans la zone de Bako–Bougousso.

Natacha kouakou

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Politique

Didievi/ Remobilisation de la jeunesse PDCI pour les prochaines conquêtes

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Depuis Didievi, Cherif Osman lance:
 » En 2030, l’élection qui aura lieu sera une élection de passation de génération entre le président Alassane Ouattara et le président Tidiane Thiam. C’est notre foi. »

L’esplanade de la maison du PDCI RDA a Didievi a servi de théâtre a la grande cérémonie initiée par la jeunesse PDCI RDA locale. C’était le mercredi 13 mai dernier. Il s’agissait en réalité d’une conférence dont le theme s’intitule:  » Tous ensemble, redynamisons la jeunesse PDCI de Didievi pour la reconquête du pouvoir d’Etat.  » L’invité spécial de cette rencontre n’était autre que Cherif Osman le président de la coalition des leaders de jeunesse PDCI RDA . L’on pouvait noter une forte mobilisation des differentes structures du parti, a savoir l’Ujpdci, L’Ufpdci, ainsi que de nombreux militants composés de chefs traditionnels, de sympathisants. Les forces de l’ordre assuraient la securite. La loge officielle a enregistré la présence de Monsieur Maxime Boni fils de Didievi, opérateur économique et membre du Grand Conseil Régional représentant le vice-président du PDCI RDA N’Guessan Édouard député de Didievi parrain de la conférence. A ses côtés, avaient pris place le conférencier du jour Cherif Osman et les responsables politiques locaux du parti octogénaire. Les différentes allocutions ont vite situé l’auditoire sur le cadre et l’enjeu de cette cérémonie. En effet, il était question de redynamiser la jeunesse PDCI locale pour gagner les batailles futures avec pour objectif principal le retour du PDCI RDA au palais présidentiel. C’est pourquoi, le représentant du parrain Maxime Boni a dit ce qui suit:  » La jeunesse doit être au coeur du renouveau de notre parti. Elle doit être engagée, forte, mobilisée et unie autour des valeurs de solidarité et d’engagement héritées du président Houphouet Boigny et aujourd’hui portées par le président Tidiane Thiam en passant par notre regretté le président Henri Konan Bédié. La reconquête du pouvoir d’Etat ne sera possible que par le travail, la cohésion et la mobilisation de toutes les forces vives du parti, notamment notre jeunesse qui constitue l’énergie et l’avenir du PDCI.  » Après ces mots, Maxime Boni en sa qualité de représentant du parrain a déclaré ouverte ladite conférence.

Le Conférencier Cherif Osman très attendu est allé droit au but:
 » Nous avons constaté une baisse de la mobilisation générale de plus en plus progressive des jeunes du PDCI RDA. Et la, on ne peut pas rester silencieux sans réagir. On ne peut pas rester silencieux pendant 4 ans 5 ans et revenir en 2029 dire que nous avons un candidat. Pour nous, il s’agissait de sonner la mobilisation et signifier à notre jeunesse de façon régulière que nous avons un président qui s’appelle Tidiane Thiam qui est le candidat naturel du PDCI RDA que nous vendons pour 2030. Parce que nous avons foi qu’en 2030, l’élection qui va avoir lieu sera une élection de passation de génération entre le président Alassane Ouattara et le président Tidiane Thiam. C’est notre foi. En 2030, il y aura changement de président. Le président sera Tidiane Thiam. C’est ce message que nous passons. En même temps, nous continuons de dire a la jeunesse qu’il faut qu’ils investissent déjà les quartiers. Il ne faudrait pas attendre à la fin pour faire ce travail. Nous avons les municipales qui arrivent bientôt. Didievi est une base quand même historique. Cela fait trois élections ou Didievi perd les municipales. C’est vrai qu’on gagne toujours les législatives avec les villages. Mais pour nous, ce n’est pas concevable. Il faut se battre encore pour gagner les municipales. Au niveau de notre stratégie a adopter, nous avons privilégié le porte a porte. En politique, la meilleure façon de convaincre une personne, ce n’est pas au meeting. C’est plutôt le corps a corps. « 
Avant de boucler son intervention et attendre les questions et les préoccupations des uns et des autres, Cherif Osman a fait la précision suivante:
 » Nous avons décidé de sillonner les communes pour sensibiliser la jeunesse; qu’elle se mobilise et qu’à Didievi, les jeunes bougent pour la victoire aux municipales. « 

Au final, Cherif Osman président de la coalition des leaders de jeunesse du PDCI RDA a lance un vibrant appel:  » Nous demandons aux jeunes de s’investir avec nous, de se battre avec nous. Ce combat, nous allons le mener ensemble. »

Après quoi, les questions de toute nature ont fuse de partout. Le Conférencier avec la sagesse comme vertu enseignée au PDCI RDA a répondu sans faux fuyants aux préoccupations des uns et des autres. Toutefois, il a invité l’auditoire a rester focus sur l’essentiel qui se résume au combat que les jeunes doivent mener en investissant déjà les quartiers pour prêcher l’évangile du PDCI RDA.

Alassane digbeu

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RHDP à Bako–Bougousso : la colère des militants remonte jusqu’au Directoire

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Le malaise interne au sein du département politique Odienné 2 (Bako–Bougousso) du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix prend une nouvelle tournure. De plus en plus critiques à l’égard du fonctionnement local du parti, des secrétaires de section, cadres et militants ont décidé de porter leurs revendications devant la haute direction du RHDP.

Les 10 et 11 mai 2026, plusieurs rencontres organisées à Bougousso et à Férémandougou ont permis aux responsables locaux d’exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une crise persistante au sein des structures du parti dans la zone de Bako–Bougousso.

À l’issue de ces échanges, différents rapports ont été transmis au Directoire du RHDP par Hien Sié Yacouba, sous couvert du coordonnateur principal du RHDP du Denguélé. Dans ces documents, dont nous avons reçu copie ce vendredi 15 mai 2026, les contestataires dénoncent une gestion « opaque », « centralisée » et « inefficace » du secrétariat départemental conduit par Koné Bouakary.

Une base militante de plus en plus frustrée

Selon plusieurs militants, les tensions internes remontent à la mise en place du secrétariat départemental en juillet 2023. Malgré les appels à l’unité lancés à plusieurs reprises par le ministre Gaoussou Touré, coordonnateur principal du RHDP du Denguélé, les divergences se seraient accentuées au fil des mois.

Les responsables locaux dénoncent notamment l’absence d’activités politiques régulières, le manque de concertation avec les structures de base ainsi qu’une faible implication des militants dans les prises de décisions.

« Les militants ne se reconnaissent plus dans le fonctionnement actuel du parti », confie un cadre local ayant participé aux différentes réunions.

À Férémandougou, les secrétaires de section réunis dans le canton Gbrangala ont également évoqué l’absence d’un bureau départemental véritablement opérationnel et le manque de transparence dans la gestion des ressources du parti.

Koné Zackaria également ciblé

Au cours des discussions, plusieurs intervenants ont également mis en cause Koné Zackaria, délégué de zone de Bako pour les cantons Gbrangala et Sienko, vice-président du Conseil régional du Kabadougou et député suppléant de l’honorable Cédric Diarra.

Certains militants lui reprochent, aux côtés de Koné Bouakary, de concentrer les responsabilités politiques autour d’un cercle restreint de collaborateurs, au détriment d’une gestion plus ouverte et inclusive.

Le Directoire appelé à agir

Face à la montée de la contestation, les cadres et militants disent désormais attendre une réaction du Directoire du RHDP. Ils souhaitent une profonde réorganisation du département politique Odienné 2 afin de restaurer la confiance entre les dirigeants locaux et la base militante.

Pour plusieurs observateurs, cette crise interne intervient dans un contexte sensible, à l’approche des prochaines échéances électorales en Côte d’Ivoire, où la mobilisation des structures locales du parti sera déterminante.

Natacha kouakou

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