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Reportage

Bouaké : La présence des présidents ivoirien et français exigée à nouveau pour l’inauguration du grand marché de Bouaké

La livraison du grand marché de Bouaké est prévue pour 2023, les commerçants invités à s’inscrire massivement.

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Sous un soleil de plomb, ce jeudi 17 mars 2022, nous sommes sur le chantier du grand marché de Bouaké au milieu d’ouvriers coiffés de casques et de chasubles. De grosses machines vrombissent à n’en point finir.

Le chantier est vaste et le travail harassant.  » Nous avons un délai à respecter », lance à la cantonade un chef de chantier. L’homme revient vite à la charge. Avez-vous une autorisation pour être ici? Notre réponse n’est pas convaincante et nous sommes dirigé vers un bureau où le responsable nous donne des instructions fermes. « Contactez la mairie qui est le premier responsable et revenez nous voir ».

le chantier du grand marché de Bouaké en construction

Nous avons beau expliqué à notre interlocuteur que nous avons passé quelques coups de fil avant d’être présent, que nenni. Poliment, mais fermement, nous sommes reconduits. Revenu à la charge le vendredi 18 mars 2022, accompagné de Monsieur Abdramane Thiero, directeur de cabinet du maire de Bouaké, coordinateur du projet Maby composante Bouaké (c’est ce projet qui a en charge la construction du grand marché), les choses deviennent plus simples.

L’homme est très aimable et semble être à la disposition totale de la presse. « Dans le cadre de ce projet, la mairie de Bouaké assure le rôle de maître d’ouvrage délégué et c’est la première fois en notre connaissance, qu’une mairie assure le rôle de maître d’ouvrage délégué pour un projet de 60 millions d’euros », déclare confiant monsieur Abdramane Thiero. Effectivement, ce projet bénéficie d’un prêt souverain de 60 millions d’euros (40 milliards de francs Cfa) de l’Agence française de développement (AFD) et permettra la construction d’un équipement de 8.000 magasins dont 3000 tables, ce qui en fera le plus grands marchés couverts de l’Afrique subsaharienne.

Abdramane Thiero, directeur de cabinet de Nicolas Djibo et coordinateur des travaux

Donnant dans les détails, notre interlocuteur et guide du jour, précise que « la commercialisation va démarrer le 5 avril 2022. Et elle sera assurée par le groupement urbaplan-allnext-transitec qui a une mission d’AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage). C’est le groupement qui nous appuie au niveau de la maîtrise d’ouvrage. La première partie des travaux sera achevée en décembre 2022, ce qui voudrait dire que déjà en janvier, février 2023, les commerçants pourront avoir en leur possession les clés de leurs magasins.

Une chose est l’ouverture et nous ne sommes pas les seuls à décider, il y aura une concertation au plus haut niveau pour savoir quand est ce que l’inauguration sera faite » précise encore monsieur Thiero. Selon lui, les coûts des magasins sont fixés entre 90 mille, 300 milles et 4 millions de francs Cfa, qui sont considérés comme les droits d’entrée et ces droits d’entrée vous donnent accès au marché. « Le marché, ce sont des charges, vous aurez à payer des loyers mensuels et même à ce niveau, les prix ont été très étudiés pour ne pas que ça soit différent des coûts qui sont pratiqués actuellement. L’objectif est de toujours faire du social.

Le loyer servira à entretenir ce marché », détaille encore le directeur de cabinet de Nicolas Djibo. La pose de la première pierre dudit marché a eu lieu le 22 décembre 2019.

Quelles sont les évolutions sur le site?

A cette question, Abdramane Thiero est plus à l’aise
« Les travaux avancent bien. La construction était reparti en deux lots. On avait le premier lot, le lot A qui est le terrassement (VRD) et la fondation, à ce niveau, nous sommes à 92% de réalisation des travaux et il y a le lot B qui est la construction et la pose de la charpente. Le lot A a été attribué au groupement Colas-Afrique et le lot B a été attribué à l’entreprise Mota-Engil Africa. Colas-Afrique a commencé les travaux depuis le 20 avril 2020 pour un contrat de 17 mois » soutient-il. A l’analyse des faits, Il y a eu un décalage assez important entre le démarrage du lot A et du lot B. Explication du coordinateur du projet, « pour le simple fait qu’on a été emmené à reprendre l’appel d’offre au niveau du lot B mais à ce jour tout se passe bien.

Et conformément au planning que nous avons arrêté, à fin mars nous allons observer une suspension des travaux du groupement Colas-Afrique et qui reprendra en mi octobre 2022. Et l’entreprise Mota-Engil Africa va continuer avec le lot B. Il faut aussi retenir que conformément à notre programme, le projet est constitué de cinq blocs. Bloc 1, 2, 3, 4 et 5. Trois blocs seront livrés à la fin de cette année en décembre 2022, à savoir les blocs 1, 2 et 5 et deux blocs seront livrés en juillet 2023, à savoir les blocs 3 et 4 conformément au délai contractuel. Initialement prévu pour être livré en juin 2022. Comme je l’ai souligné toute à l’heure, il a fallu reprendre l’appel d’offre au niveau du lot B. C’est ce qui a fait qu’il y a eu un décalage de plus de 12 mois entre le premier lancement et le second.

C’est ce qui explique le décalage que nous avons enregistré », indique t-il et de rassurer les commerçants et la population de Bouaké que « contractuellement, le marché sera livré en juillet 2023. Mais déjà, il y aura une première réception qui aura lieu fin décembre 2022 ».

Le souhait de la commune

Sur le site, des centaines d’ouvriers sont à l’œuvre, chacun dans son compartiment de compétence. Selon des informations sur place, 80% de ce personnel est de la commune de Bouaké. Une idée du maire de Bouaké, Nicolas Djibo pour réduire le chômage dans sa commune. « Aujourd’hui, il n’y a pas de difficultés particulières que nous rencontrons sur le site. Ce marché ne sera pas en hauteur, parce que l’expérience que nous avons, c’est que les marchés en hauteur, nos parents ne sont pas trop habitués », se convainc Abdramane Thiero. Pour le maire de Bouaké, l’impact, au plan politique sera très important. « Vous savez très bien que Bouaké est une ville commerçante et une population de commerçants qui est très importante. Donc la réalisation de ce marché va forcément engendrer un mouvement commercial très important. En plus, Bouaké ville carrefour à quelques centaines de kilomètres de plusieurs frontières, je suis sûr que ce marché va prendre une dimension sous régionale.

Nicolas Djibo, Maire de la commune de Bouaké

Je pense particulièrement au Mali, au Burkina Faso, donc très rapidement, ce marché va servir d’échange entre ces pays », déclare satisfait le fils de feu Djibo Sounkalo. Selon lui, la mairie de Bouaké gagnera beaucoup dans ce projet car la commune gagne le marché parce que ce marché sera à Bouaké. « C’est pour moi l’occasion de remercier le président de la République Alassane Ouattara parce qu’on aurait pu construire ce marché et nous demander de le rembourser mais ça ne sera pas le cas. L’Etat va remettre ce marché à la commune de Bouaké, c’est très important. Et en terme de gestion des infrastructures, cela va rapporter beaucoup à la mairie de Bouaké. C’est un cadeau en or de l’Etat de Côte d’Ivoire », soutient Nicolas Djibo. Depuis plus de 20 ans que le grand marché de Bouaké a brûlé, c’est seulement sous son mandat qu’il est en chantier. Nicolas Djibo voit en cela comme une simple chance. « Je dirai que c’est la chance, la chance d’avoir été écouté par le président de la République Alassane Ouattara. C’est surtout parce qu’il a pris ce projet pour en faire une priorité. Je serai très heureux lors de la remise de ce marché aux populations.


C’est un rêve, nous souhaiterions que les deux présidents, ivoirien et français puissent venir à nouveau pour l’inauguration qui est prévu pour 2023″, a-t-il souhaité. Interrogé sur le site, le chef de mission contrôle groupement d’études Richez et associés-Archi 2000, Maatong Ben Ameur, a avoué que « les travaux restants sont des travaux d’achèvement.


Le délai contractuel est de juillet 2023 pour la livraison total du marché ». Ce nouveau marché sera doté d’un poste de police, d’une caserne des sapeurs pompiers, d’une infirmerie et de banques.

L’Avis des commerçants et de la population.

Kamagaté Lamine est le président de la Coordination des opérateurs de commerce de Côte d’Ivoire (Cocomci), il estime qu’à leur niveau, il n’y a aucun souci, mieux, il félicite le gouvernement ivoirien et la municipalité de Bouaké pour le travail accompli. A l’en croire, de tous les marchés modernes construits récemment en Côte d’Ivoire, celui de Bouaké a les tarifs les plus abordables. « Pour l’heure, nous n’avons aucun soucis avec les tarifs qui ont été fixés, nous attendons la livraison des magasins pour apprécier leurs qualités et nous prononcer. Ce que nous pouvons dire, c’est qu’à l’unanimité, les commerçants de Bouaké félicitent Nicolas Djibo et toute son équipe pour ce beau travail.

S’il y a des gens qui se plaignent, je les invitent à faire un tour du côté du forum d’Adjamé, ils comprendront beaucoup de choses et certainement, reviendront dire merci au maire de Bouaké » dixit Kamagaté Lamine. Dame Awa Coulibaly est une commerçante de 54 ans et réside au quartier Dar-Es-Salam 1 (situé au nord de la ville). Pour elle, les tarifs appliqués sont à portée de main sauf que la pandémie du Corona virus qui a frappé le monde a fortement joué sur le gain des commerçants de Bouaké. « Cette pandémie a considérablement contribué à faire baisser nos revenus comme partout ailleurs. Nous négocions donc pour un délai raisonnable pour le payement des droits d’entrée », a plaidé dame Coulibaly.


Pour le président de la coordination des opérateurs de commerce de Côte d’Ivoire, Kamagaté Lamine, « de tous les marchés modernes du pays, celui de Bouaké à le meilleur tarif », clame t-il avant de remercier les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron pour ce marché. Dans un communiqué daté du 9 mars 2022, dont nous avons reçu copie, le maire de la commune de Bouaké, Nicolas Djibo informe les commerçants et la population de Bouaké que « l’opération de réservation des droits d’entrée au marché démarre le 5 avril 2022 ». Et cette opération prendra fin dans trois mois selon nos sources, qui précisent cependant, que cette date pourrait être prorogée. Et il est bon de noter que les payements se font par mobil money ou auprès d’une banque de la place.

Réalisé par Ladji Abou SANOGO
(A Bouaké)

Reportage

Congrès parlementaire à Yamoussoukro, ce qui se passe à Yamoussoukro

Le président Ivoirien Alassane Ouattara siège à Yamoussoukro depuis hier lundi.

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A la demande du chef de l’état, les parlementaires sont réunis en congrès à la fondation Félix HOUPHOUET BOIGNY de Yamoussoukro ce mardi 19 avril 2022.
Nous y sommes.

Il s’agira d’un message sur l’état de la nation qui sera adressé par le président de le république, Alassane Ouattara.
Sur total de 350 parlementaires, 340 présents. Cette séance n’étant une séance de délibération, l’appel nominal répond juste aux exigences des deux chambres parlementaires pour identifier les absents et prendre les mesures disciplinaires contre les absences non justifiées.

En attendant l’arrivée du président Alassane Ouattara, le président du Congrès, Jeannot Ahousou Kouadio, président du sénat a défi le cadre de ce congrès sur invitation du président ivoirien.

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Reportage

Yamoussoukro: Ouverture de solennelle de 5è session ordinaire du Sénat, discours de Ahoussou Kouadio Jeannot

Ahoussou Kouadio Jeannot, Président du Sénat de Côte d’Ivoire a procédé ce mardi 12 avril 2022, à la Fondation Felix Houphouët Boigny Yamoussoukro, à l’ouverture solennelle de la session ordinaire 2022.

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ALLOCUTION DE  S.E.M. JEANNOT AHOUSSOU-KOUADIO,  PRESIDENT DU SENAT

Chers invités ;

C’est avec un insigne honneur que je prends la parole, ce jour, à l’occasion de la séance d’ouverture de la session ordinaire 2022 du Sénat de la République de Côte d’Ivoire.

Je voudrais saluer chacune et chacun de vous pour votre présence si distinguée et si chaleureuse à nos côtés en ce jour solennel.

Mesdames et Messieurs ;

Chers collègues ;

Chers invités ;

La cérémonie qui nous réunit ce matin, a lieu en application de l’article 94 de la Constitution, qui dispose que « la session du Sénat commence sept jours ouvrables après celle de l’Assemblée nationale … »

Ce jour marque donc le début officiel, pour cette année 2022, de nos activités parlementaires.

Mesdames et Messieurs,

Nous entamons à partir de ce jour, la cinquième session ordinaire de notre Institutionetla dernière de la présente législature.

Ainsi, conformément à l’article 89 de la Constitution qui fixe le principe de la durée d’une législature à cinq ans, la présente législature, débutée le 12 avril 2018, devrait prendre fin à la clôture de cette session ordinaire, en décembre 2022.

En conséquence, dans la mesure où les circonstances du moment le permettront, les élections sénatoriales devraient intervenir au premier trimestre de 2023, conformément à la Constitution de 2016.  

Vous conviendrez avec moi, chers collègues, que nous devons faire preuve d’ardeur au travail au cours des neuf prochains mois en vue de marquer, devant l’histoire, notre statut de pionniers de cette auguste assemblée.

Je voudrais à ce stade de mon propos, exprimer, en votre nom et en mon nom personnel, la profonde reconnaissance du Sénat à son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire, pour les efforts inlassables qu’il n’a cessé de déployer afin d’accompagner notre Chambre dans l’accomplissement de ses missions.

Le Président de la République a toujours cru en la force du bicamérisme dans la consolidation de notre démocratie ; il a eu raison.

Le Président de la République a toujours cru en la force des territoires pour adresser les questions de développement local au moyen de solutions elles aussi locales ; il a eu raison.

Au-delà des réformes institutionnelles majeures qu’il a initiées, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, par son leadership charismatique, a su propulser notre pays au rang des Etats les plus respectés du continent et les plus convoités au niveau international.

Aussi, dans un contexte mondial, dominé par la résurgence sans précédent des tensions dans les relations internationales depuis la seconde guerre mondiale, marqué notamment par la guerre en Ukraine, le Président Alassane OUATTARA constitue une chance inouïe pour conduire le Navire Ivoire vers des destinées meilleures.

Les pays du monde font face à des défis sans précèdent, la Covid-19 a entraîné en effet une augmentation spectaculaire de la dette publique.

Les secteurs de l’éducation et de l’apprentissage ont subi des perturbations considérables aggravant, pour les décennies à venir, le fossé de développement entre les Etats.

Au moment où le forum parlementaire mondial virtuel aux Assemblées de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International prévoit l’examen de toutes ces difficultés à un sommet auquel nous avons été invités à prendre part du 13 au 20 avril 2022, voici que survient cette crise militaro politique entre la Russie et l’Ukraine dont les impacts se ressentent, là encore, dans tous les pays.

Je voudrais saluer les mesures énergiques prises par le Gouvernement pour contenir les impacts négatifs de cette crise sur notre économie et la vie de nos concitoyens.

Le Sénat voudrait ainsi marquer son adhésion et son soutien total au Président de la République et au Gouvernement qui est à pied d’œuvre au quotidien, au service des citoyens, pour la paix en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Je voudrais saisir l’occasion de votre très distinguée présence en cet hémicycle, pour vous témoigner ma fraternité et celle de l’ensemble des sénateurs, et pour vous exprimer mes chaleureuses félicitations pour le remarquable travail que vous accomplissez à la tête du Gouvernement.

La pertinence des interventions de l’ensemble des membres du Gouvernement qui nous visitent ainsi que la qualité des projets de loi qui nous sont soumis pour examen, illustrent votre détermination et votre engagement à opérer, aux côtés du Président de la République, une transformation profonde de la Côte d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Votre présence constante aux côtés de notre Chambre, au nom de la solidarité institutionnelle, constitue pour le Sénat un réel motif de satisfaction que je voudrais saluer à sa juste valeur.

Il me plaît à ce propos de relever, tout particulièrement, l’excellente collaboration que notre Institution entretient, depuis sa création, avec l’Assemblée nationale.

Je voudrais saluer Monsieur Amadou Soumahoro, Président de l’Assemblée nationale et former à son endroit mes vœux de prompt rétablissement.

Monsieur le Vice-Président Adama BICTOGO, représentant le Président de l’Assemblée nationale, les sénateurs sont si fiers et honorés de l’importante délégation de députés que vous conduisez à cette occasion particulière, témoignage de votre solidarité et de votre fraternité.

L’étroite collaboration entre les parlementaires des deux chambres ainsi que la formalisation progressive du cadre d’échanges entre les services administratifs facilitent la mise en œuvre des missions constitutionnelles communes dévolues au Sénat et à l’Assemblée nationale, qui ont en partage le vote de la loi, le contrôle de l’action du Gouvernement et l’évaluation des politiques publiques.  

Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique,

Je voudrais vous exprimer la gratitude du Sénat pour le soutien que vous ne cessez d’apporter à notre Institution.

Votre appui devrait être déterminant cette année encore, dans la mise en œuvre de notre vision de faire de la diplomatie parlementaire, un pan essentiel des activités de notre Institution. Merci pour l’appui des chambres hautes de vos pays à notre jeune Institution.

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Chers collègues,

Je voudrais vous rendre hommage pour toute l’œuvre accomplie.

Il reste constant que votre dévouement au travail a permis de conférer à notre Institution une place de choix dans l’armature institutionnelle de la Côte d’Ivoire. Je voudrais vous traduire ma profonde gratitude pour votre sens élevé du devoir et de responsabilité.

Pour l’année 2022, notre objectif est de démarrer avec la réalisation de nos missions de représentation des Ivoiriens établis hors de Côte d’Ivoire d’une part, et d’évaluation des politiques publiques d’autre part.

Dans le cadre de la représentation des Ivoiriens établis hors de Côte d’Ivoire, nous organiserons cette année, en collaboration avec le Ministère en charge de la diaspora, le Forum du Sénat avec la communauté ivoirienne à l’étranger.

Ce forum permettra de dresser un état synoptique de la situation des Ivoiriens établis hors de Côte d’Ivoire et de recueillir les propositions visant l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Pour ce qui concerne l’évaluation des politiques publiques, il convient d’indiquer que son érection en tant que mission constitutionnelle dévolue au Parlement, est récente.

Il est heureux de relever au demeurant qu’un projet de loi relatif à l’évaluation des politiques publiques a été déposé au Parlement.

Dans le souci d’une meilleure connaissance des mécanismes de mise en œuvre de cette mission nouvelle, une délégation de notre Institution a participé récemment, du 29 février au 5 mars 2022, à un atelier organisé par l’Union Européenne à Paris.

Par ailleurs, il importe de porter à votre connaissance que la modification en cours de notre Règlement consacre un chapitre à l’évaluation des politiques publiques. Ces modifications tiennent compte de l’évolution      des mécanismes d’évaluation des politiques publiques tels que pratiqués dans les parlements ayant une expérience avérée dans ce domaine.

Mesdames et Messieurs,

Chers Collègues,

Les nombreux défis de cette session ne doivent en aucun cas nous faire perdre de vue la prépondérance absolue de notre fonction législative. Ainsi, outre la programmation des projets déposés sur le Bureau du Sénat, notre Chambre reste en attente des délibérations de l’Assemblée nationale relatives aux 24 premiers projets de loi dont elle a été saisie.

A cet égard, il importe que notre Institution veille à rendre la loi plus intelligible et plus accessible au citoyen de sorte qu’il ait une parfaite connaissance et une entière compréhension de la règle qui lui est applicable.

Par ailleurs, il apparaît essentiel de mettre en œuvre de manière effective, conformément aux dispositions de la Constitution, notre droit d’initiative législative.

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

A l’occasion de son adresse à la Nation, le 31 décembre 2021, le Président de la République a défini les trois (3) actions prioritaires du Gouvernement pour l’année 2022, à savoir : la transformation de notre économie et l’amélioration des conditions de vie de chacun de ses habitants, l’emploi des jeunes et des femmes ainsi que la bonne gouvernance.

Le Sénat entend accompagner le Président de la République dans l’atteinte de ses objectifs pour le développement de notre chère Côte d’Ivoire.

Dans cette perspective, je me propose d’aller à la rencontre de nos concitoyens établis à l’extérieur, à l’effet d’obtenir leur adhésion et leur participation effective à la transformation structurelle de l’économie ivoirienne et à la lutte contre la pauvreté.

Selon une étude de la Banque Africaine de Développement (BAD), la diaspora ivoirienne compte environ 1,2 million de personnes.

Sa contribution aux flux financiers est passée de 99,5 milliards de FCFA en 2008 à près de 190 milliards de FCFA en 2017, soit une progression de 91%.

On le voit, l’apport de cette diaspora à l’économie ivoirienne est important et le potentiel des plus encourageants.

Au-delà de l’apport de la diaspora, la transformation structurelle de l’économie ivoirienne et la lutte contre la pauvreté et la vie chère, devraient prendre en considération la nécessité de modernisation de notre agriculture.

L’agriculture représente en effet 19% du PIB et plus de 75% des exportations de notre pays en 2019.

S’il est ainsi incontestable que « l’économie ivoirienne repose sur l’agriculture », le Sénat voudrait inviter le Gouvernement à multiplier les lycées et collèges agricoles, en vue de l’installation, à moyen terme, de jeunes formés aux métiers de l’agriculture, sur des fermes aménagées.

A cet effet, l’autosuffisance alimentaire devrait être inscrite au rang des priorités nationales en vue de réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur quant à l’approvisionnement des ménages en denrées alimentaires de base.

Une telle orientation pourrait constituer, en partie, une réponse efficace et durable au phénomène récurrent de flambées des prix des denrées alimentaires de base et des produits de première nécessité sur les marchés.

Dans ce contexte, l’adoption du Plan National de Développement (PND) 2021-2025 est à saluer.

Ce PND crée les conditions d’une transformation structurelle de l’économie par l’industrialisation, le développement du capital humain et le renforcement de la gouvernance, de façon à hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, à l’horizon 2030, conformément à la vision déclinée par le Président Alassane OUATTARA dans son programme de gouvernement « Côte d’Ivoire solidaire ».

Sur l’emploi des jeunes et des femmes, il convient de relever le rôle important imparti aux Collectivités territoriales qui devraient s’engager dans une forte dynamique de création d’emplois pour les jeunes et les femmes.

La Côte d’Ivoire a une population très jeune, environ 77% de la population a moins de 35 ans. Les femmes, quant à elles, constituent une proportion d’environ 48 % de la population nationale selon les estimations du RGPH de 2021.

C’est le lieu une fois encore de rendre hommage au Gouvernement pour la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme Social qui consacre une part substantielle à l’emploi des jeunes dans notre pays.

Le succès de ce programme nécessite une forte implication des collectivités territoriales.

Les Régions et les communes ont en commun d’être des secteurs de proximité favorisant la création d’activités et donc, d’être pourvoyeurs d’emplois.

C’est pourquoi, j’invite le Gouvernement à lever les barrières pour une vraie décentralisation, en procédant notamment au transfert effectif des compétences et des ressources aux collectivités territoriales.

Il convient à ce niveau de saluer la mise en place des Districts autonomes qui permettront une meilleure intégration et une congruence renforcée des efforts de développement à une échelle suprarégionale.

Le renforcement de la décentralisation dans notre pays devrait tenir compte également de la particularité de la mégalopole abidjanaise dont l’extension exponentielle mérite d’être contrôlée sinon freinée.

Dans cette perspective, le Sénat félicite le Gouvernement pour la mise en œuvre, à brève échéance, de la ligne 1 du Métro d’Abidjan et de la politique de modernisation du transport en Côte d’Ivoire pour le renouvellement du parc automobile. L’implication effective des élus locaux des communes concernées dans la mise en œuvre de ce type de projets structurants, permettra d’offrir des opportunités nouvelles aux catégories de jeunes et de femmes parmi les plus durement frappées par le chômage.

Au moment où tous ces efforts sont consentis, c’est le lieu de rappeler notre jeunesse à ses devoirs et à ses responsabilités.

Nous assistons à une inversion intolérable et inacceptable des valeurs sociales dans notre pays.

Je voudrais exhorter l’ensemble de la jeunesse de ce pays, nos chers enfants, à revenir aux fondamentaux de l’éducation sociale africaine qui met un point d’honneur au respect des uns et des autres et à la valorisation de la discipline, du courage et de la résilience. 

Sur la bonne gouvernance, le Sénat entend poursuivre l’exercice de ses missions de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques.

La moralisation de la vie publique, par le biais de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, est un préalable à l’atteinte des objectifs de développement.

Le Sénat soutient et encourage les audits en cours dans les entreprises publiques.

En effet, au-delà de la lutte contre la corruption, les services publics doivent développer la culture du résultat, du contrôle et de la redevabilité.

Le Sénat y veillera particulièrement en mettant en œuvre, au cours de cette session ordinaire, les moyens que lui confèrent la Constitution et son Règlement.

Par ailleurs, cette mission de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques impose aux membres de notre Institution un devoir de redevabilité et d’exemplarité.

C’est au nom de cette obligation qu’à mon initiative, le Sénat a porté plainte contre X dès lors que des fraudes ont été constatées sur des attestations d’exonération de droits et taxes douaniers sur l’achat d’un véhicule à l’importation, dont bénéficient les sénateurs.

Nous demeurons en attente des conclusions judiciaires de cette affaire pour en tirer éventuellement les conséquences idoines.  

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Depuis quelques années, l’école ivoirienne est en proie à une crise profonde.

En dépit des investissements importants réalisés par le Président de la République depuis 2011, l’instabilité y demeure et la situation se révèle des plus préoccupantes.

C’est pourquoi, notre chambre manifestera une attention toute particulière aux résultats des états généraux de l’école initiés par madame la Ministre Mariatou KONE, que nous espérons recevoir ici pour une séance d’information sur la question.

Nous comptons recevoir également le Ministre en charge de la Construction et de l’Urbanisme dans le cadre des questions orales avec débat pour évoquer la question de l’urbanisation rapide de nos localités qui occasionne parfois des conflits fonciers. En outre, ce phénomène met à mal la sécurité des personnes et des biens lorsque des constructions sont réalisées de façon anarchique au mépris de la réglementation en vigueur.

Sur cette question, le Sénat mettra en place un groupe de travail à la suite de la séance parlementaire               sus-évoquée, afin, d’une part, de faire l’état de la législation dans ce domaine et d’autre part, d’évaluer le rôle et les responsabilités de chaque acteur aux différentes étapes devant aboutir à la construction des immeubles.

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Chers invités,

Ces deux dernières années, des pays de notre sous-région connaissent des soubresauts d’ordre politique matérialisés par des coups d’Etat militaire dans des pays voisins.

Ces coups d’Etat affaiblissent notre organisation communautaire sous-régionale, la CEDEAO, et aggravent sans conteste une situation sécuritaire déjà fragilisée par le terrorisme.

Ces crises politiques, dont les populations demeurent les victimes, mettent à mal la paix et la sécurité collectives sans oublier leurs impacts négatifs sur l’économie sous- régionale.

Face à cette menace, le Sénat de la République de Côte d’Ivoire, appelle à la cohésion et à la solidarité au sein de l’UEMOA afin de garantir le leadership de notre espace monétaire au sein de la CEDEAO.

Face à cette menace, le Sénat appelle l’ensemble des Ivoiriens à faire preuve d’une extrême vigilance sur toute l’étendue du territoire national.

Dans ce contexte de crise sécuritaire, les partis politiques doivent taire leurs querelles de chapelle pour s’ériger en protecteurs de la paix en se rassemblant au chevet de la Nation.

Aussi, le Sénat salue la tenue effective de la phase 5 du dialogue politique et invite l’ensemble des parties prenantes au respect des résolutions issues de ces discussions et à leur mise en œuvre rapide.

Nous ne le dirons jamais assez, le dialogue s’impose à tous comme la voie impérieuse de prévention et de résolution des conflits.

Dans un monde devenu multipolaire et au regard des défis de notre nation, je voudrais inviter l’ensemble de nos concitoyens à constituer une union forte autour du Président Alassane OUATTARA en vue de la consolidation et de la pérennisation des précieux acquis des dix dernières années.

Sachons, chers concitoyens, mettre l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de nos divergences !

Sachons, chers concitoyens, faire en sorte que le pays de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY demeure cette oasis et ce havre de paix et de prospérité envié et respecté de tous !

La démocratie ivoirienne doit être apaisée et consolidée par le dialogue permanent.

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Avant de clore mon propos, je voudrais vous souhaiter d’excellents travaux au cours de la session ordinaire 2022.

Sur ce, conformément à l’article 94 alinéa 3 de la Constitution, je déclare ouverte la session ordinaire du Sénat pour l’année 2022.

Dieu protège notre beau pays !

Vive le Sénat !

Vive la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie.

Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO Président du Sénat

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Reportage

A la découverte d’une horlogerie made in Côte d’Ivoire, Monsieur Adiko le concepteur

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