Politique
Des trônes au sommet de l’État : Les coups de pouvoir qui détruisent l’Afrique de l’Ouest
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infocentrale
L’Afrique de l’Ouest est une région marquée par de nombreux bouleversements politiques au fil des années. Les coups d’État et les luttes intestines pour le pouvoir semblent être une constante dans cette partie du continent. Cependant, il est important de comprendre que ces jeux de pouvoir ne se limitent pas uniquement aux sphères de la gouvernance officielle. En réalité, les coups se multiplient dans diverses institutions, administrations, et même au sein des chefferies traditionnelles. Ce dossier se propose d’explorer les mécanismes et les conséquences de ces coups de pouvoir qui détruisent l’Afrique de l’Ouest.
La soif de pouvoir déstabilise la région
Depuis des décennies, l’Afrique de l’Ouest est le théâtre de coups d’État politiques qui ont profondément déstabilisé la région. Ces événements tumultueux ont souvent pour point de départ la soif de pouvoir et la volonté de certains individus de s’emparer du contrôle de l’État.
<< Les coups d’État entraînent généralement une instabilité politique dans la région concernée. Le renversement violent d’un gouvernement élu crée un vide politique et peut déstabiliser les institutions démocratiques et les processus de gouvernance. Les coups d’État sont souvent accompagnés de violations massives des droits de l’homme. Les coups d’État ont également un impact économique significatif. Les investisseurs étrangers sont souvent réticents à s’engager dans des pays politiquement instables. Les déplacements forcés de populations, les pénuries alimentaires, les difficultés d’accès aux soins de santé et l’insécurité généralisée sont autant de conséquences possibles >> a indiqué Hervé Koumoin, délégué du Conseil National des Jeunes de Côte d’Ivoire- département de Prikro


La violence et la terreur accompagnent souvent les coups d’État. Les récits de victimes d’arrestations arbitraires, de détentions illégales et de tortures mettent en évidence la brutalité des forces en présence. Les citoyens ordinaires se retrouvent pris au piège dans une lutte pour le pouvoir qui les dépasse, subissant les conséquences tragiques de ces affrontements politiques.
Plusieurs facteurs politiques, économiques et sociaux sous-tendent les motivations et les stratégies des protagonistes de ces coups d’État. Les rivalités politiques, les luttes de factions, la corruption et l’impunité sont autant de catalyseurs qui alimentent ces crises politiques. La recherche effrénée du pouvoir et de ses avantages, tels que l’accès aux ressources économiques, la mainmise sur les institutions et l’immunité face à la justice, pousse certains individus à prendre des mesures extrêmes pour satisfaire leurs ambitions personnelles.
Les conséquences des coups d’État sur la stabilité politique et économique de la région sont considérables. Les institutions étatiques sont souvent affaiblies, voire démantelées, ce qui entraîne un vide de pouvoir propice à l’instabilité et aux conflits. Les investissements étrangers se raréfient, l’économie est mise à mal, et les populations sont plongées dans une situation de précarité croissante. De plus, la confiance envers les gouvernements et les institutions est ébranlée, ce qui nuit au processus de consolidation démocratique.
Au-delà des témoignages et des analyses, il est important de noter que des efforts sont déployés pour prévenir et résoudre ces crises politiques. Les organisations régionales, telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), jouent un rôle crucial dans la promotion de la stabilité et de la démocratie. Les initiatives de médiation, les sanctions ciblées et les mécanismes de surveillance sont autant d’outils utilisés pour dissuader les acteurs politiques de corruption et népotisme, les maîtres dans les administrations

L’Afrique de l’Ouest est depuis longtemps le théâtre de nombreux coups d’État qui ont secoué la stabilité politique de la région. Si certains de ces coups ont été perpétrés par des militaires cherchant à prendre le pouvoir, d’autres se sont déroulés dans les coulisses des administrations, où la corruption et le népotisme règnent en maîtres. La corruption endémique est un fléau qui mine les administrations de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Des fonctionnaires corrompus exploitent leur position pour s’enrichir personnellement, détournant des fonds publics destinés au développement et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Cette pratique généralisée a des conséquences désastreuses sur l’économie et la qualité des services publics, et fragilise davantage les institutions déjà affaiblies. En outre, le népotisme est un autre facteur qui alimente les coups dans les administrations de l’Afrique de l’Ouest. Les dirigeants politiques et les hauts fonctionnaires favorisent souvent leurs proches, leur attribuant des postes clés pour lesquels ils ne sont pas nécessairement qualifiés. Cette pratique répandue crée un climat de favoritisme et de méfiance au sein des administrations, sapant l’efficacité et l’intégrité des institutions.
Les conséquences de ces coups dans les administrations sont multiples. Tout d’abord, ils sapent la confiance du public dans le gouvernement et les institutions, alimentant ainsi un sentiment de frustration et d’impuissance. En outre, la mauvaise gestion des ressources publiques entraîne une détérioration des infrastructures, des services de santé et de l’éducation, ce qui a un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens.
La lutte contre la corruption et le népotisme est un défi majeur pour les pays d’Afrique de l’Ouest. Des réformes politiques et institutionnelles sont nécessaires pour renforcer la transparence et lutter contre ces pratiques destructrices. Cela implique la mise en place de mécanismes de contrôle indépendants, l’application rigoureuse de la loi et la promotion d’une culture de responsabilité et d’intégrité au sein des administrations.
En outre, il est essentiel de promouvoir la participation citoyenne et la société civile afin de tenir les gouvernements responsables de leurs actions. Les médias indépendants jouent également un rôle crucial en exposant les cas de corruption et en sensibilisant l’opinion publique à ces problèmes.
Le pouvoir ancestral devient un enjeu politique
En Afrique de l’Ouest, les chefferies traditionnelles occupent une place importante dans la société depuis des siècles. Ces institutions, héritées du pouvoir ancestral, ont longtemps joué un rôle central dans la prise de décision et la résolution des conflits au sein des communautés. Cependant, ces chefferies sont devenues des enjeux politiques majeurs, suscitant des rivalités et des luttes de pouvoir qui contribuent à la déstabilisation de la région. Dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, les chefferies traditionnelles conservent une influence significative sur les affaires locales. Les chefs traditionnels sont souvent considérés comme des gardiens de la culture et de la tradition, et sont respectés en tant que tels par les membres de leurs communautés. Leurs décisions et leurs recommandations sont souvent prises en compte dans les processus politiques et administratifs. Cependant, au fil du temps, le pouvoir des chefferies traditionnelles est devenu un enjeu politique. Les politiciens cherchent à gagner le soutien des chefs traditionnels afin de renforcer leur légitimité et d’obtenir des voix lors des élections. Cela a conduit à une politisation croissante des chefferies, où les chefs sont courtisés et parfois corrompus par les politiciens en quête de pouvoir.
Cette politisation des chefferies traditionnelles a des conséquences néfastes. Tout d’abord, elle entraîne des divisions au sein des communautés, car différents chefs peuvent soutenir des candidats politiques rivaux, créant ainsi des tensions et des rivalités. De plus, cela affaiblit l’autorité et la neutralité des chefs traditionnels, qui peuvent être perçus comme étant partisans et motivés par des intérêts politiques plutôt que par le bien-être de leur communauté.
En outre, cette politisation conduit à l’instrumentalisation des chefferies traditionnelles par les politiciens au pouvoir. Les chefs traditionnels sont souvent utilisés pour réprimer l’opposition politique ou pour promouvoir des politiques favorables au gouvernement en place, même si elles ne correspondent pas nécessairement aux intérêts de la population.
« Normalement, nos chefs sont les garants de nos traditions et du développement de nos villages. A ce titre, ils doivent être libres et non partisans. Malheureusement, certains de nos chefs sont des militants de partis politiques ; ce qui crée des discordances et des crises au sein de la société, surtout pendant les élections. Ce n’est pas normal. Nos chefs traditionnels doivent donc revoir leurs copies » interpelle Yves Zogbé, sociologue
Pour préserver l’intégrité et le rôle des chefferies traditionnelles, il est essentiel de promouvoir leur indépendance et leur neutralité vis-à-vis des enjeux politiques. Cela nécessite d’établir des mécanismes de gouvernance clairs et transparents pour les chefferies, afin d’éviter les influences politiques indésirables. De plus, il est important de renforcer la participation citoyenne et la démocratie au sein des communautés, afin que les chefs traditionnels puissent être responsables envers leur population plutôt que d’être soumis à des pressions politiques.
La politisation croissante des chefferies crée des divisions, affaiblit leur autorité et compromet leur neutralité. Pour préserver l’intégrité de ces institutions, il est essentiel de promouvoir leur indépendance et leur neutralité, ainsi que de renforcer la participation citoyenne au sein des communautés.
Des réformes sont nécessaires pour encadrer le rôle des chefs traditionnels dans le paysage politique. Il est primordial d’établir des mécanismes de gouvernance clairs et transparents, garantissant l’impartialité et l’intégrité des chefs. Ces mécanismes devraient inclure des procédures pour la sélection des chefs, des codes de conduite éthiques et des mécanismes de reddition de comptes.
En outre, il est crucial de renforcer la sensibilisation et l’éducation au sein des communautés, en mettant l’accent sur l’importance de préserver les valeurs culturelles et traditionnelles. Les chefs traditionnels peuvent jouer un rôle clé dans la préservation de l’identité culturelle, mais cela doit se faire de manière indépendante, sans être influencé par des motivations politiques.
La collaboration entre les chefs traditionnels et les institutions gouvernementales est également essentielle. Les gouvernements doivent reconnaître et respecter le rôle des chefs traditionnels dans la société, en les consultant sur les questions qui les concernent et en facilitant leur participation dans les processus de prise de décision. Cela permettrait de renforcer la légitimité des chefs et de favoriser une meilleure harmonie entre les systèmes de gouvernance traditionnels et modernes.
En préservant le rôle des chefs traditionnels en tant que gardiens de la culture et de la tradition, l’Afrique de l’Ouest pourra préserver son héritage culturel et promouvoir une gouvernance plus inclusive et participative.
Les coups de pouvoir et la faillite des systèmes démocratiques
L’Afrique a été le théâtre de nombreux coups de pouvoir au fil des décennies, des actes qui ont profondément ébranlé les fondements des systèmes démocratiques du continent. Ces coups d’État, souvent orchestrés par des dirigeants avides de pouvoir, ont engendré une pression énorme sur les institutions politiques africaines, conduisant à leur effondrement progressif.
L’un des principaux problèmes réside dans l’affaiblissement des mécanismes de contrôle et d’équilibre du pouvoir. Les constitutions démocratiques, qui devraient servir de garde-fous contre les abus de pouvoir, sont souvent violées ou modifiées selon les intérêts des dirigeants en place. Ces modifications constitutionnelles sont souvent utilisées pour prolonger les mandats présidentiels, éliminer les limites de durée et consolider le contrôle du pouvoir. En conséquence, les systèmes démocratiques sont affaiblis et les institutions perdent leur indépendance.
De plus, la corruption endémique qui sévit dans de nombreux pays africains alimente les coups de pouvoir. Les dirigeants corrompus s’appuient sur des réseaux de clientélisme et de népotisme pour maintenir leur emprise sur le pouvoir. Les ressources publiques sont détournées à des fins personnelles, créant ainsi des inégalités sociales et économiques croissantes. Cette situation de corruption généralisée mine la confiance du peuple dans les institutions démocratiques et crée un terreau propice aux coups d’État.
Les coups de pouvoir eux-mêmes entraînent souvent une désintégration rapide des institutions démocratiques. Les dirigeants putschistes dissolvent généralement les organes législatifs, suppriment les partis d’opposition et s’attribuent des pouvoirs exécutifs étendus. Les élections sont souvent suspendues ou manipulées pour maintenir les putschistes au pouvoir. Ce genre d’actions autoritaires mine la stabilité politique et sociale, et conduit à une gouvernance non démocratique.
Enfin, les coups de pouvoir ont des conséquences dévastatrices sur le développement économique et social de l’Afrique. L’instabilité politique qui en découle décourage les investissements étrangers, limite les opportunités commerciales et entrave la croissance économique. Les ressources sont souvent détournées vers des intérêts personnels plutôt que d’être investies dans des programmes de développement durable. Par conséquent, les populations africaines continuent de souffrir de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et de l’accès limité aux services essentiels tels que l’éducation et les soins de santé.
On peut toujours sauver notre société
Pour relever ces défis, il est essentiel de renforcer les institutions démocratiques en Afrique. Cela passe par la promotion de la transparence, de l’état de droit et de la responsabilisation des dirigeants. Il est primordial de lutter contre la corruption en mettant en place des mécanismes de contrôle et de sanction efficaces. De plus, il est essentiel de garantir l’indépendance des institutions judiciaires et de renforcer la participation citoyenne dans le processus politique.

La communauté internationale a également un rôle important à jouer dans la promotion de la démocratie en Afrique. Les partenaires étrangers doivent soutenir les efforts visant à renforcer les institutions démocratiques, en fournissant une assistance technique, en favorisant les échanges et la coopération, et en exerçant une pression diplomatique sur les régimes autoritaires.
Parallèlement, il est crucial de promouvoir une culture politique basée sur le respect des droits de l’homme, la tolérance politique et le dialogue inclusif. Les différents acteurs politiques doivent être encouragés à résoudre pacifiquement leurs différends et à chercher des solutions consensuelles pour le bien-être de leurs pays.
Enfin, il est essentiel de reconnaître que la démocratie ne peut être imposée de l’extérieur. Les solutions durables doivent être développées localement, en tenant compte des spécificités culturelles, sociales et politiques de chaque pays. L’engagement des citoyens africains, notamment des jeunes générations, est crucial pour construire des sociétés démocratiques et résistantes aux coups de pouvoir.
L’Afrique de l’Ouest est confrontée à un défi majeur : celui de mettre fin à la spirale des coups de pouvoir qui détruisent la région. Il est donc nécessaire que les dirigeants politiques, les organisations régionales et la société civile unissent leurs efforts pour promouvoir la bonne gouvernance, la transparence et l’État de droit.
François M'BRA II
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Politique
Guémon : Mission-terrain des parlementaires RHDP auprès des autorités, leaders communautaires et populations
Published
5 jours agoon
9 septembre 2026
Une forte délégation des députés issus du groupe parlementaire RHDP est arrivée ce lundi 7 septembre 2026 dans la capitale du Guémon, pour une mission-terrain de 72h auprès des autorités, leaders communautaires et populations, en vue de restituer les 6 mois de travaux législatifs à l’hémicycle ivoirien présidé par l’honorable Patrick Achi.
Conduite par l’honorable Flore Kouassi Lago, député d’Oumé dans la Région du Góh, la délégation a d’abord présenté ce lundi 7 septembre 2026, ses civilités à M. Addoh Tanoh, préfet de la Région du Guémon, préfet du Département de Duékoué.
En outre, le mardi 8 septembre 2026, à la salle Paul Gui-Dibo de la Mairie de Duékoué, aura lieu la cérémonie de restitution des 6 mois de travaux à l’hémicycle ivoirien.
Enfin, le mercredi 9 septembre 2026 aura lieu la tournée de remerciements des populations.
Selon la correspondance du 1 septembre 2026 signée par la député-maire de Duékoué dont copie est parvenue à notre rédaction, cette mission diligentée par le groupe parlementaire RHDP, a pour but de « renforcer les liens entre élus et populations, non sans informer l’opinion sur les activités parlementaires et les lois votées pendant la première session 2026 ».
Ouncado PIERROT
Politique
Bagohouo : Constant Lao Doh conduit une délégation du PDCI-RDA au domicile du chef central après le décès de son épouse
Published
1 semaine agoon
7 septembre 2026
Une délégation du PDCI-RDA, conduite par Constant Lao Doh, président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA du District des Montagnes et cadre du parti à Duékoué, s’est rendue, le 4 août 2026, au domicile de Sa Majesté Desséi Étienne, chef central de la sous-préfecture de Bagohouo et chef du canton Zagné.
Cette visite avait pour objectif de présenter les condoléances du PDCI-RDA au chef central, durement éprouvé par le décès de son épouse, survenu après une période de maladie. À travers cette démarche, les responsables et militants du parti ont tenu à lui témoigner leur compassion et leur solidarité dans cette douloureuse épreuve.
La délégation était composée notamment de Constant Lao Doh, de Kouihé Adèle, présidente de l’UF-PDCI-RDA, des secrétaires de section du parti à Bagohouo, de militants de base ainsi que de plusieurs membres du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA.
« C’est au nom de l’ensemble des cadres et militants du PDCI-RDA que nous avons initié cette visite auprès du patriarche éploré. Nous avons tenu à lui exprimer nos mots de compassion et de réconfort à travers des dons symboliques en numéraire, accompagnés de boissons », a expliqué Constant Lao Doh.
Pour le président du mouvement Aodoeboh, la présence du PDCI-RDA auprès des populations dans les moments difficiles traduit la volonté du parti de maintenir une relation de proximité avec les communautés.
« Pour le parti de Tidjane Thiam, l’engagement pour le bien-être de nos parents et le soutien aux populations en détresse sont une condition d’existence. Le PDCI-RDA ne peut être présent dans une localité et rester sourd aux cris de cœur des uns et des autres. C’est impossible », a-t-il déclaré.
Constant Lao Doh a également rappelé l’engagement récent du parti aux côtés de populations victimes d’un conflit communautaire ayant occasionné une perte en vie humaine. « Il n’y a pas longtemps, à la suite d’un conflit communautaire où il y a eu mort d’homme, nous étions encore là pour soutenir les victimes, avant de traduire les mots de cohésion sociale de nos responsables politiques », a-t-il souligné.
En marge de cette visite de compassion, le président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA a par ailleurs attiré l’attention des responsables du parti sur le fonctionnement de la délégation 2 du PDCI-RDA de Bagohouo, qui regroupe les sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon.
Selon lui, cette délégation connaît aujourd’hui des difficultés en matière d’animation et de proximité avec la base. « La délégation 2 du PDCI-RDA, composée des sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon, est aujourd’hui défaillante du point de vue de la proximité et de l’animation. Ceux qui ont la tâche de diriger cette délégation sont absents sur le terrain et donc déconnectés des réalités de la base », a-t-il déploré.
Face à cette situation, Constant Lao Doh plaide auprès du secrétaire exécutif en chef, Yapo Yapo Calice, pour une réorganisation de cette structure. Il propose notamment de scinder la délégation en deux, voire en trois, afin de permettre une meilleure présence des responsables sur le terrain et une animation plus efficace des structures de base.
Pour le cadre du PDCI-RDA, cette réorganisation permettrait de renforcer le travail de proximité et de mieux préparer le parti aux prochaines échéances politiques, notamment dans la perspective de la conquête du pouvoir d’État à l’horizon 2030.
AXEL GONKANOU
Édito
Côte d’Ivoire : attaques contre Tidjane Thiam, les faits contredisent Anoma Magloire
Published
2 semaines agoon
31 août 2026
Dans une interview accordée au quotidien Liberté, Magloire Anoma Kouao, membre du Bureau politique du PDCI-RDA et ancien responsable du parti à Aboisso, a livré une sévère critique de la direction actuelle. Au cœur de ses déclarations, une affirmation particulièrement tranchée : Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI ». L’ancien responsable va plus loin, jugeant le président du parti « pas courageux » et estimant qu’il « a échoué ».
Des propos qui relancent le débat sur la gouvernance du PDCI-RDA, le fonctionnement de ses instances et surtout sur la notion de « militant avéré ». Mais face aux déclarations, les faits politiques et les résultats des consultations internes du parti imposent une autre lecture.

Une charge politique qui pose la question du militantisme
La critique d’un président de parti n’a, en soi, rien d’exceptionnel. Dans une formation politique structurée comme le PDCI-RDA, le débat interne, la contradiction et la confrontation des idées font partie de la vie démocratique.
Magloire Anoma Kouao réclame notamment la tenue d’un Bureau politique et dénonce ce qu’il considère comme une concentration de la décision autour de la direction actuelle. Il plaide pour davantage de discussions au sein des instances et revendique, de son côté, plusieurs années d’engagement au sein du parti.
Le débat est donc légitime.
Mais lorsque l’ancien responsable affirme que Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI », la question mérite d’être confrontée aux faits.
Car qu’est-ce qu’un militant « avéré » ? Est-ce uniquement celui qui compte le plus grand nombre d’années dans les structures du parti ? Est-ce celui qui a occupé le plus de responsabilités ? Ou est-ce également celui qui participe à la vie démocratique de la formation et accepte le verdict de ses instances ?
C’est sur ce terrain que la polémique prend une autre dimension.

Le parcours de Tidjane Thiam ne peut pas être effacé
Réduire le parcours politique de Tidjane Thiam à son éloignement de la vie politique ivoirienne pendant plusieurs années serait incomplet.
Le PDCI-RDA lui-même retrace, dans sa présentation officielle de ses dirigeants, plusieurs étapes de son engagement politique. Le parti rappelle notamment son rôle auprès d’Henri Konan Bédié et son entrée au Bureau politique en 1996.
Certes, chacun peut apprécier différemment la régularité ou la profondeur de ce parcours.
On peut considérer que son activité politique a connu des périodes d’interruption. On peut également discuter de son implantation dans les structures locales du parti ou de sa présence sur le terrain.
Mais entre considérer un parcours comme insuffisant et affirmer qu’il n’existe « aucun parcours », il y a une différence importante.
L’histoire politique du PDCI-RDA apporte ici un élément de contradiction à l’affirmation d’Anoma Magloire.
Le verdict des militants, un fait difficile à contourner
L’autre élément central de cette controverse est le vote des militants et des congressistes.
Tidjane Thiam n’est pas devenu président du PDCI-RDA par désignation personnelle.
Lors du 8e Congrès extraordinaire électif, organisé le 22 décembre 2023, il a été élu président du parti avec 4 001 voix, soit 96,48 % des suffrages exprimés, face à Jean-Marc Yacé.
Cette victoire constituait déjà un signal politique majeur.
Mais le résultat a été confirmé lors du 9e Congrès extraordinaire, tenu le 14 mai 2025. Tidjane Thiam y a été reconduit à la tête du PDCI-RDA avec 99,77 % des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par le comité électoral.
Deux consultations internes. Deux victoires très larges.
Ces résultats ne signifient évidemment pas que le président du PDCI-RDA est au-dessus de toute critique. Ils signifient cependant que sa légitimité interne repose sur des votes exprimés dans le cadre des instances du parti.
Dès lors, une déclaration médiatique ne peut, à elle seule, effacer le verdict des congressistes.
Une question à ceux qui contestent sa légitimité
La polémique soulève alors une question politique simple.
Si certains cadres estiment que Tidjane Thiam n’est pas suffisamment expérimenté, qu’il manque de courage ou qu’il a échoué, pourquoi ne pas porter cette contestation directement devant les militants ?
La démocratie interne donne précisément aux responsables politiques la possibilité de défendre une autre vision, de présenter une candidature et de demander aux militants de trancher.
C’est là que se mesure véritablement la force d’une conviction politique.
Il est toujours possible de critiquer un dirigeant après son élection. Il est beaucoup plus exigeant de se présenter devant les militants et de leur demander de choisir une autre voie.
La légitimité politique se conquiert par les urnes, mais elle se respecte également après le vote.
« Il a échoué » : de quel échec parle-t-on ?
L’affirmation selon laquelle Tidjane Thiam « a échoué » mérite également d’être précisée.
A-t-il échoué à conquérir la présidence du PDCI-RDA ? Non. Il l’a remportée en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.
A-t-il échoué à conserver cette fonction ? Non plus. Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.
Son parcours politique comporte néanmoins des difficultés majeures. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2025 a notamment été empêchée dans le cadre des procédures portant sur son éligibilité et sa situation de nationalité.
Mais il convient de distinguer une défaite électorale d’une candidature empêchée pour des raisons juridiques.
Tidjane Thiam n’a pas été battu dans les urnes lors de la présidentielle ivoirienne de 2025. Il n’a pas été confronté au suffrage présidentiel.
Cette nuance est essentielle dans toute analyse politique.
Anoma Magloire pose aussi des questions légitimes
Pour autant, il serait journalistiquement incorrect de rejeter l’intégralité des critiques formulées par Magloire Anoma Kouao.
Certaines de ses interrogations méritent d’être débattues.
Sa demande de voir se réunir les instances du parti, notamment le Bureau politique, relève d’une préoccupation qui peut être entendue. Dans toute formation politique, les dirigeants doivent pouvoir être interpellés, les décisions discutées et les orientations stratégiques débattues.
Un président de parti n’est pas infaillible.
La direction doit accepter la contradiction.
Les cadres doivent pouvoir exprimer leurs désaccords.
Les militants doivent pouvoir être consultés.
Et les textes du parti doivent constituer la référence commune.
Sur ce point, Anoma Magloire pose donc un véritable sujet : celui du fonctionnement démocratique des instances du PDCI-RDA.
Mais le débat interne ne doit pas nécessairement conduire à la délégitimation permanente du président élu.
« Les alliances se discutent au Bureau politique » : le principe vaut pour tous
Dans son entretien, Magloire Anoma estime également que les éventuelles alliances politiques du PDCI-RDA doivent être discutées au sein des instances du parti et non décidées dans un cercle restreint.
Sur le principe, cette revendication peut difficilement être contestée.
Les grandes orientations d’un parti doivent être débattues dans les structures compétentes.
Mais cette exigence appelle une autre interrogation : si les instances doivent être le lieu de décision pour les grandes orientations politiques, ne doivent-elles pas également être le lieu privilégié pour contester la gouvernance du président ?
La presse peut être un espace d’expression.
Elle ne peut cependant pas se substituer aux instances statutaires d’un parti politique.
Lorsqu’un cadre estime qu’une décision est contraire aux intérêts du PDCI-RDA, le meilleur moyen de la combattre reste de porter le débat devant les structures habilitées.
« Dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu »
L’une des formules utilisées par Anoma Magloire mérite également attention.
Il estime que lorsqu’on arrive dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu avant soi.
L’image est forte et rappelle une réalité essentielle : le PDCI-RDA possède une histoire, une mémoire et des générations de militants qui ont contribué à son existence.
Les anciens méritent donc respect et reconnaissance.
Mais respecter les anciens ne signifie pas figer le parti dans son passé.
Une formation politique peut préserver ses fondations tout en modernisant son fonctionnement.
Elle peut honorer son histoire tout en ouvrant davantage ses portes aux jeunes.
Elle peut reconnaître l’expérience des anciens sans empêcher l’émergence de nouvelles générations.
L’enjeu n’est donc pas de choisir entre anciens et nouveaux, mais de parvenir à faire travailler les deux générations ensemble.

Le véritable défi : quelle alternative au-delà de la critique ?
C’est probablement là que se situe le cœur du débat.
Dire que Tidjane Thiam n’est pas courageux est une appréciation politique.
Dire qu’il a échoué est un jugement.
Dire qu’il n’est pas un militant avéré est une position.
Mais quelle alternative est proposée ?
Quelle stratégie pour reconquérir le pouvoir ?
Quelle organisation pour renforcer le parti sur le terrain ?
Quelle place pour les jeunes et les femmes ?
Quelle stratégie pour les échéances électorales à venir ?
Quelle réponse aux attentes des militants ?
Ces questions sont beaucoup plus importantes pour l’avenir du PDCI-RDA que les affrontements de personnes.
Un parti politique ne se renforce pas uniquement par la multiplication des critiques contre son président. Il se renforce également par la capacité de ses cadres à proposer des solutions et à convaincre la base.
Le militantisme ne se résume pas à l’ancienneté
Au fond, la polémique pose une question plus profonde : qu’est-ce qu’être un « militant avéré » ?
L’ancienneté est certainement un élément important.
L’engagement sur le terrain compte.
La fidélité au parti compte.
L’expérience compte.
Mais le militantisme politique suppose également le respect des règles communes et des décisions issues des mécanismes démocratiques.
Si l’ancienneté devenait le seul critère de légitimité, les nouvelles générations seraient condamnées à attendre indéfiniment avant de prendre des responsabilités.
Or un parti qui veut conquérir ou reconquérir le pouvoir doit nécessairement se renouveler.
L’expérience des anciens et l’énergie des nouvelles générations doivent donc se compléter plutôt que s’affronter.

Après le vote, vient le temps du rassemblement
La démocratie ne s’arrête pas le jour du vote.
Avant une élection, chacun doit pouvoir défendre son candidat.
Pendant la campagne, chacun doit pouvoir convaincre.
Mais après le scrutin, la décision collective doit être respectée.
Dans le cas de Tidjane Thiam, deux consultations internes ont produit des résultats particulièrement nets : 96,48 % en 2023 et 99,77 % en 2025.
Ces chiffres ne le rendent pas infaillible.
Ils ne lui donnent pas un blanc-seing.
Ils ne signifient pas que les critiques doivent être interdites.
Ils établissent simplement une réalité : le président du PDCI-RDA dispose d’une légitimité élective interne qui ne peut être effacée par une déclaration dans la presse.
Ceux qui souhaitent une autre orientation disposent, eux aussi, de moyens démocratiques pour la défendre.
Ils peuvent saisir les instances.
Ils peuvent présenter des propositions.
Ils peuvent convaincre les militants.
Et, lorsque le moment viendra, ils peuvent solliciter leur suffrage.
Le PDCI-RDA au-dessus des querelles de personnes
Au-delà de la confrontation entre Magloire Anoma et Tidjane Thiam, c’est finalement l’avenir du PDCI-RDA qui est en jeu.
Le parti peut-il conjuguer son héritage historique avec les exigences d’une formation politique moderne ?
Peut-il permettre la critique sans tomber dans la division ?
Peut-il donner toute leur place aux anciens tout en permettant aux jeunes générations d’émerger ?
Peut-il organiser un débat interne suffisamment ouvert pour que les divergences se règlent dans les instances plutôt que par médias interposés ?
C’est à ces questions que les responsables du parti devront répondre.
Magloire Anoma a raison sur un point : le PDCI-RDA doit rester un parti de débat.
Mais le débat ne doit pas devenir une guerre permanente de légitimité.
Tidjane Thiam a un parcours au sein du PDCI-RDA, même si chacun peut apprécier différemment son degré d’implication selon les périodes.
Il a été élu président du parti en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.
Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.
Ces faits constituent une réalité politique incontournable.
La critique est légitime. La contradiction est nécessaire. Le débat est indispensable.
Mais la démocratie impose également une autre exigence : respecter le choix collectif.
Le PDCI-RDA est plus grand que Tidjane Thiam. Il est également plus grand que Magloire Anoma Kouao. Il est plus grand que chacun de ses dirigeants et de ses cadres.
La « maison verte » appartient à l’ensemble de ses militants.
Aux anciens de transmettre.
Aux nouvelles générations de construire.
Aux dirigeants d’écouter.
Aux contestataires de proposer.
Et à tous de préserver l’essentiel : l’unité du parti, le respect de ses textes, la vitalité de son débat interne et la conquête démocratique du pouvoir d’État.
Le véritable militantisme ne se mesure pas seulement au nombre d’années passées dans une maison politique. Il se mesure aussi à la capacité de la faire vivre, de respecter ses règles et d’accepter le verdict de ceux qui en constituent la base.
Christ Kémondé
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