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Côte d’Ivoire : Faux et usage de faux à la NPSP-CI, le PCA de pris en flagrant délit

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Après la suspension du directeur général de la Nouvelle pharmacie de la santé publique de Côte dIvoire (NPSP-CI), Dr Yapi Ange Désiré, le président du conseil dadministration, Gala Kouamé, a procédé, au mépris des textes, à la nomination de Zoulou Koné Landry en qualité de directeur général par intérim. Sans en informer le ministre de tutelle et les membres du Conseil d’administration.

Question : Que cache cette décision du PCA prise au noir ? Quand on sait que Dr Zoulou Koné Landry a été complice du détournement des produits Covid-19. Nous y reviendrons. Le pot aux roses sera découvert quant au lendemain de cette décision, le PCA informa les banques où sont logés les comptes de la NPSP-CI de prendre toutes les dispositions pour l’exécution des procédures relatives aux personnes habilitées à signer sur lesdits comptes. Et dans sa volonté de masquer le faux, il transmet un procès-verbal datant de 2013.

Cette manipulation frauduleuse na pas échappé à la perspicacité des agents des banques (dont nous taisons les noms) qui ont découvert la supercherie. Ceci, pour répondre à la banque qui lui demande le PV du conseil d’administration (CA) faisant foi de la nomination du DG intérimaire afin qu’il ait droit de signature sur le compte. Et c’est pour passer les mailles du filet de la Banque, que le PCA joint au dossier demandé un PV de 2013. Chose curieuse, il n’était même pas PCA à cette époque-là. En invoquant à dessein une session extraordinaire d’une Assemblée générale du 1er juillet 2021, dont le procès-verbal est matériellement inexistant. Le PCA voulait tromper la vigilance des banquiers.
Affaire à suivre

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Investigation

Yamoussoukro : Un riche operateur libanais impliqué dans un sale dossier arrêté à Yamoussoukro.

Tous les jours pour le voleur, un seul jour pour le propriétaire, l’on pourrait dire pour de nombreuses victimes faites par Jojo Bichara, puisque c’est de lui qu’il s’agit.

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Un riche opérateur économique très influant basé dans le centre du pays, notamment à Toumodi et à Yamoussoukro est soupçonné de pratiquer le proxénétisme, la pédophilie et le viol sur des mineurs depuis belle lurette sans être inquiété.

Le jeudi 21 juillet 2022, sur instruction  du substitut du parquet de Toumodi, l’influent  homme d’affaire vient de perdre toute sa puissance et mis aux arrêts par les hommes  du commissaire Akpo Aka, commandant de la Police Judicaire de Yamoussoukro.

L’homme est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement des filles âgées de 11 à 17 ans, dont la plupart sont des lycéennes et collégiennes qui se sont en sorties  avec un traumatisme. Selon notre source, une adolescente aurait été retrouvée morte dans sa piscine à une fête qu’il aurait organisée dans l’un ses appartements privés.

Pour réussir son pari, il a engagé une jeune fille à sa solde nommée Andréa connue sous le pseudonyme de « la vielle mère » résidente au quartier  Sopim cité  à Yamoussoukro. C’est elle qui est chargée de lui trouver des proies, des jeunes filles de la tranche d’âge définie entre 11 et 17 ans qu’elle convainc à visiter son boss. Une fois chez le gourou, elles sont dopées  par des solutions buvables ou d’autres manières par le couple. Les filles dans un état d’innocence subissent le courroux du gourou.

Certaines filles seraient sorties de cette situation avec des traumatismes et sommées de menaces si jamais elles le dénonçaient.

Depuis plusieurs années, la situation fait bruit bas sans que personne ne puisse inquiéter Jojo Bichara.

Saisie du dossier, Madame le procureur de Toumodi,  Mohiro Richmonde Paule a instruit la police judiciaire de Yamoussoukro qui a diligenté une enquête, minutieuse pendant plusieurs mois pour aboutir à l’arrestation du Sieur Jojo Bichara  qui se disait intouchable vu ses relations ‘’d’en haut’’.

Jojo Bichara est  passé aux aveux, mais avant il avait nié en bloc tout ce qui lui était reproché. A sa grande surprise, sa collaboratrice était déjà entre les mains de la police. A la voir face en face, Jojo s’est senti désarmé et était dans l’obligation de tout avouer.

C’est un soulagement pour les nombreux parents dans les communes de Yamoussoukro et de Toumodi qui pendant plus de vingt ans souffraient des agissements de l’opérateur économique libanais Jojo Bichara.

Les parents des victimes seraient en train de s’organiser en collectif de parents des victimes de Jojo Bichara pour le dédommagement de leurs enfants dont certaines ont été dans l’obligation d’abandonner les bancs.

 Christ Kémondé

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ENQUÊTE /PÊCHE ILLÉGALE : LES CÔTES IVOIRIENNES PRISES EN OTAGE PAR DES PÊCHEURS CHINOIS

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Depuis 2019, les poissons de mer se font de plus en plus rares sur les marchés locaux en Côte d’Ivoire, principalement des villes côtières. Ce constat est fait par les amateurs de poissons et de crustacés. Un détour dans le marché de Grand-Bassam révèle une pénurie de poissons frais. Pour remédier à la pénurie de poissons frais sur les marchés urbains, les populations assistent à un déferlement de poissons congelés sur les étalages des vendeuses. Cette situation retient l’attention. À quoi est due cette pénurie de poissons sur les marchés nationaux ? Notre équipe a enquêté. 
 
Une présence des bateaux chinois qui suscite des inquiétudes
Les pêcheurs locaux sont unanimes, Tous les jours, de nuit comme de jour, des navires gouvernés par des armateurs battant pavillon chinois sont de plus en plus présents sur les côtes ivoiriennes. Selon l’ONG internationale Greenpeace, il y avait à peine une dizaine de navires le long des côtes africaines en 1985. Aujourd’hui, ce sont plusieurs centaines de gros chalutiers qui raclent les fonds des eaux ouest africaines pour emporter leurs différentes prises vers la Chine. En contrepartie des poissons frais qu’ils amassent pour servir leurs consommateurs chinois, ils déversent leurs poissons congelés, gavés dans des aquariums avec des produits chimiques, sur les marchés ivoiriens.
Déjà en 2017, l’ONG Greenpeace tirait la sonnette d’alarme en dénonçant « le pillage éhonté des eaux africaines avec plus de quatre cents (400) navires qui réalisent des prises annuelles qui s’élèvent à un montant de 400 millions d’euros soit 260 milliards de francs CFA». Toujours selon l’ONG internationale, en général, plus de 70% des bateaux de pêche chinois présents en Afrique se trouvent au large des côtes ouest-africaines. 40% des poissons y sont pêchés illégalement. Des pratiques attribuées en grande partie aux chalutiers chinois. Pourquoi les pêcheurs chinois prennent-ils d’assaut les côtes ivoiriennes ?
La chine a 1,4 milliards de consommateurs à satisfaire en poissons. Cette situation fait que la plupart des stocks de poissons bordant les côtes chinoises a drastiquement baissé sous l’effet de la surpêche et de l’industrialisation, contraignant ainsi les navires chinois à s’aventurer de plus en plus loin pour remplir leurs filets. 
Selon le rapport de l’analyse mondiale « Tendance dans le secteur du poisson en Chine 2017 de l’Agriculture et agroalimentaire au Canada, publié par le Secrétariat de l’Accès aux marchés du Canada daté d’octobre 2017 », le poisson et les fruits de mer biologiques gagnaient en popularité parmi les consommateurs chinois. La plupart de ceux-ci préfèrent les produits naturels et exotiques en raison de leurs qualités supérieures. « La Chine a trouvé au large des côtes de l’Afrique de l’Ouest des eaux peu surveillées. Cela favorise la prolifération des navires de pêche étrangers dans cette région, où ils opèrent parfois dans l’illégalité. La surpêche est donc rapidement devenue une réalité », déplore Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom.

La pénurie de poissons donne naissance au ‘’poisson américain’’
Maricha est une bourgade encastrée entre la mer au sud et la Lagune Ebrié au Nord, à quelques encablures du village d’Azurretti, à Grand-Bassam. C’est un village de pêcheurs qui est composé de cases en paillotes embellissant une architecture pittoresque. La promiscuité gouverne ce bourg d’environ 1000 âmes. 
Sur la plage, des “Héba ! Aho ! Aho ! Héba ! Hé !” se font entendre. Ce sont des chants d’encouragement fredonnés par une horde de pêcheurs immigrés togolais, ghanéen et autochtones ivoiriens. Ils sont une dizaine à tirer de l’inspiration de ce cri de guerre pour résister au courant d’eau qui les traîne à vue d’œil vers la mer. Ils tirent sur une corde raide à intervalle irrégulier, le temps pour eux de prendre des forces. Si ces pêcheurs locaux tirent sur le filet, comme ils le disent dans leur jargon, « s’ils jouent le filet à terre », c’est parce qu’il n’y a plus de poissons. Ils sont contraints de s’aventurer en haute mer. Chose qu’ils ne peuvent faire, faute de matériels adéquats. 


Jean Cédric pêche depuis ses 8 ans, âgé aujourd’hui de 32 ans, il est catégorique : « Il n’y a plus de poissons ». Un tel pessimisme est accentué par Diahon Marie Diatou, originaire du Ghana, la quarantaine révolue est femme de pêcheur. « Quand nos maris vont en mer, ils ne rapportent plus rien. Il n’y a plus de poissons dans la mer. Les Chinois sont venus tout gâter », s’hérisse-t-elle, avant de montrer une insignifiante récolte de la pêche de la veille. Aux termes de tant d’efforts fournis et de temps perdu, ce sont six poissons qui ont été capturés. Six poissons dont un gros capitaine d’une trentaine de kilos ainsi que cinq poissons maquereaux. « Avant, ils pouvaient revenir avec trois ou quatre poches remplies de poissons. Aujourd’hui, cela est réduit à une ou deux. Parce que les Chinois sont venus tout racler dans la mer », se plaint-elle. Sur ses grilles à fumer, pas de poissons. Et pourtant, dit-elle, il fut un temps où les grilles étaient bondées de poissons. Elle fumait du poisson jusqu’à épuisement. La pauvreté et la famine sont aux portes du village. Une situation d’extrême misère pour laquelle les conséquences de la pénurie de poissons sont désastreuses. Moins de poissons signifient pour ces pêcheurs, pas d’argent, pas de moyens de scolarisation pour les enfants, pas d’assurance maladie. 
Toujours sur le marché de Grand-Bassam, comme la pénurie est grande, la pression monte. Bonzo Viviane décrit une situation alarmante. « Voilà cinq ans qu’il n’y a plus de poissons. Aujourd’hui, ce sont les petits poissons que je vends à 100 FCFA le tas. Auparavant, je gagnais entre 10 et 15 paniers de poissons, mais maintenant je n’en gagne qu’à peine deux paniers », se désole-t-elle. Dans cette atmosphère, les vendeuses se lancent des jurons, des injures, des menaces de tout genre. Les paroles sont dures, les regards sont vifs et la tension est tangible. Réclamer du poisson frais, dans ce marché, est un crime de lèse-majesté. La pénurie de poissons amène les vendeuses à rivaliser d’ingéniosité pour s’offrir leur pitance quotidienne. Sans foi ni loi, certaines ont recours à une pratique peu recommandable appelée : « le poisson américain », qui est plastronné sur les étaux au marché de Grand-Bassam. D’origine ghanéenne, Akossia Georgette explique la stratégie « Le poisson américain », c’est une technique, précise-t-elle, qui consiste à badigeonner sciemment les poissons congelés avec du sable de mer pour donner l’illusion de poissons tout droit sortis de l’océan. Ainsi, les clients moins vigilants n’y voient que du feu.

Les pêcheurs chinois tenus pour responsables de la pénurie de poissons dans les localités côtières 
Tout comme Grand-Bassam, la pénurie de poissons est à l’origine de la précarité de la vie des pêcheurs. Cette misère des pêcheurs locaux est accentuée par la pêche illégale réalisée par les armateurs chinois. Les conséquences de cette pratique sont pesantes. Dans le village de Maricha, les pêcheurs sont au chômage, contraints de rester à la maison. Et pourtant, ils n’ont que la pêche comme gagne-pain.  
Âgé de 48 ans, Ayabi Richard, pêcheur n’arrive plus à joindre les deux bouts. Comme chaque jour, il s’agite comme un diable pour justifier son titre de chef de famille. Lui, aussi, porte un doigt inquisiteur sur les dégâts de la pêche illégale pratiquée par ses pairs chinois. Ces marins chinois agissent ainsi au mépris de l’arrêté du 31 octobre 2006 portant organisation de la Direction des productions halieutiques réglementant la pêche maritime, lagunaire, continentale et d’aquaculture. Ayabi Richard dénonce même le vol de prises des pêcheurs locaux par des navires chinois sur les côtes ivoiriennes ; surtout que le dispositif de pêche comprenant les filets, les plombs et les flotteurs, dit-il, coûte la rondelette somme de 15 millions de francs CFA sans pirogue, sinon 20 millions de francs CFA la pirogue y compris. « Auparavant quand on allait en mer, on faisait une bonne partie de pêche. On rentrait avec beaucoup de poissons. On vendait nos récoltes jusqu’à ce qu’on soit fatigués. Tellement, il y avait des poissons à vendre. On était donc obligés de faire appel à des acheteurs venus du port de pêche d’Abidjan. Ils pouvaient acheter pour 4 à 10 millions de francs CFA de poissons notamment de brochets, capitaines, thons blancs, etc. Mais aujourd’hui, sur une période d’une semaine, il est impossible de réaliser cette performance », s’indigne ce père de 4 enfants avec une voix pleine de mélancolie. 
Ce jour-là, dans le village de Maricha, un cahier ouvert, un jeune tenant à peine un stylo, griffonne des chiffres, fait des calculs qui ne concordent pas avec ceux de son chef Ayabi Richard. D’une voix, Ayabi Richard lui intime l’ordre d’arrêter. Il s’agissait de partager le butin de 300.000FCFA de la partie de pêche de la veille à 60 pêcheurs. Ce casse-tête chinois se solde par un ratio de 5000FCFA par pêcheur émigré. Une somme d’argent très insignifiante de ces chefs de famille qui ont au moins 6 personnes à sustenter.  
L’activité touristique quant à elle, tributaire de ressources halieutiques dans cette localité, semble fortement ébranlée. En témoigne N’Guessan N’Damoin, restaurateur depuis 17 ans et responsable de « La bonne fourchette » de Grand-Bassam, qui dit avoir aperçu des pêcheurs asiatiques pêcher à quelques mètres de son réceptif hôtelier. « Les bateaux chinois arrivent. On les voit grâce à la lumière sur les navires. En tout début de cette année 2021, il y en a un qui est venu jusqu’à 50 mètres du rivage pour pêcher. Nous ne sommes pas pécheurs mais c’est un manque à gagner pour nous, les hôteliers. Quand les pêcheurs locaux rentrent de la pêche, ils nous livrent leurs poissons. Nous avons des produits frais que nous proposons à nos clients », confirme-t-il l’impact de la pénurie de poissons sur les hôteliers, avant de révéler les dégâts sur l’environnement : « La mer est vide aujourd’hui. Les pêcheurs chinois doivent respecter la législation sur la pêche et leurs confrères locaux doivent être formés ». La formation des pêcheurs ivoiriens locaux est essentiellement afin qu’ils respectent le repos marin et le cycle de reproduction des poissons pélagiques. 

À Jacqueville, dans le village d’Akrou, 60 km d’Abidjan, même son de cloche. Le secteur de la pêche est sinistré. La seule poissonnerie du village est fermée. Signe que l’activité de pêche est essoufflée. Nous rencontrons Atchô Albert qui nous parle de la même souffrance des habitants à consommer du poisson frais. « Aujourd’hui, on n’a plus de poissons pour notre consommation locale. On est obligé de se rabattre sur les poissons venus de la Chine. Mais ces poissons qui y viennent, dans quelles conditions sont-ils élevés ? On ne sait pas ?», affirme Atchô Albert, fils du village d’Akrou. 
Si ces pêcheurs jadis friands de poissons frais sont contraints de consommer des poissons congelés, c’est la faute, dit-il, aux nombreux bateaux inconnus qui pêchent dans les environs. Il a fallu attendre que l’un de navires qui pêchent au large échoue sur la plage en 2019 pour que ces villageois découvrent l’identité de ces squatteurs. « J’ai vu un bateau sur lequel les occupants criaient à l’aide. Ils étaient quatre Chinois et l’équipage était composé d’Africains. Il y avait un Ghanéen et quelques Ivoiriens. Les jeunes du village sont allés leur porter secours. Ils ne savaient pas nager. Des pêcheurs qui ne savaient pas nager. Quand ils ont été secourus, nous avons fait appel aux autorités administratives et politiques ainsi que la gendarmerie de Jacqueville. Nous leur avons remis nos hôtes. Après le contrôle de leurs identités, les gendarmes nous ont fait savoir que nos infortunés étaient d’origine chinoise, ghanéenne et ivoirienne. En trois semaines, la mer a englouti les épaves du bateau », se souvient-il. Des pêcheurs chinois dont la présence suscite la peur et l’angoisse. C’est la raison pour laquelle Beugré N’guessan, premier Notable du village d’Akrou, lance un appel aux autorités ivoiriennes pour régler le problème qui touche à l’écologie, à la biodiversité et l’économie. 
Par ailleurs, située à 400 km de la capitale économique ivoirienne, la ville côtière de Grand-Béréby n’est pas exempte de l’invasion des pêcheurs chinois. Tout comme à San-pédro, à Jacqueville ou à Grand-Bassam, le tableau est identique. Pour V. T, mareyeuse, la pénurie de sa matière première se fait de plus en plus sentir. « Il y a quelques années, on achetait 3 à 4 bars blancs (sosso) à 1000FCFA. Les spécimens un peu plus gros se vendaient 3 ou 4 à 2000FCFA. Mais aujourd’hui, ils coûtent 5000 FCFA. Cela parce qu’il n’y en a plus », commente-t-elle. 
Les conséquences écologiques, économiques et sociales sont désastreuses. Selon Greenpeace, la pêche illégale (pas seulement chinoise) coûterait chaque année à l’Afrique de l’Ouest plus de 1100 milliards de FCFA. Un manque à gagner qui pénalise non seulement les économies de la région mais aussi la pêche artisanale et les millions de familles qui en vivent.
 
Des accords de pêche inexistants entre la Côte d’Ivoire et la Chine
Selon l’Union Européenne, le premier accord de pêche entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne date de 1990. Après le protocole de 2013-2018, le nouvel accord de pêche 2018-2024, d’une durée de six ans, donne accès aux eaux ivoiriennes à 36 navires de l’Union européenne, offrant ainsi au secteur de la pêche européen des opportunités à la fois rentables et durables. Qu’en est-il de la Chine ? Lu Jun, conseiller économique et commercial de l’ambassade de la République populaire de Chine en Côte d’Ivoire, dans un entretien téléphonique précise : « La coopération de la Chine en matière de pêche n’occupe pas une grande proportion dans la coopération bilatérale entre la Côte d’Ivoire et la Chine. C’est la vérité. Il n’y a que 3 ou 4 entreprises chinoises de pêche installées en Côte d’Ivoire. Je sais que la Côte d’Ivoire a signé une convention avec le Japon, l’Union Européenne (UE), la France, etc. votre ministère des ressources halieutiques à la liste des partenaires coopérants, il n’y a pas la Chine sur cette liste ». Alors la question se pose de savoir si la Chine a signé un accord de pêche avec la Côte d’Ivoire ? Comment se fait-il que les navires chinois pullulent dans les eaux ivoiriennes ? Le Colonel Bina Fofana, DG de la pêche maritime répond que ce sont des opérateurs chinois qui ont créé des sociétés ivoiriennes. Ce sont donc des navires « ivoirisés » qui naviguent et pêchent dans les eaux ivoiriennes.  “Ce sont des opérateurs chinois qui sont venus créer des sociétés ivoiriennes. Quand on parle de coopération, ce genre de navires ne rentrent pas dans la coopération. C’est-à-dire si on doit parler de coopération avec la Chine, il faut que ce soit des navires qui battent pavillon chinois, en ce moment-là, on va vérifier. On dit aux gens où ils doivent travailler. Par exemple, ils ne doivent pas faire de transbordement en mer. Donc, si les gens vont au-delà de ça, c’est ce sont des choses que nous devons chercher à traquer et que nous faisons tous les jours. Le principal syndicat des marins pêcheurs, SYMAPECI (syndicat des marins pêcheurs de Côte d’Ivoire), fort de 7000 membres, prend le contrepied des arguments du Colonel Bina Fofana. Selon le Capitaine Dakoury Jean de Dieu, SG du SYMAPECI, des licences de pêche artisanale sont délivrées à des chalutiers chinois qui, selon les normes internationales, sont des navires adaptés pour la pêche industrielle. Il sort de son attaché-case, une attestation d’assurance corps de navire daté du 29 juillet 2020 sur laquelle il est écrit : « Nous soussignés, SONAN GENERALE ASSURANCES CÔTE D’IVOIRE certifions que le navire HAI LONG est titulaire d’un contrat d’assurance corps de navire de pêche artisanale pour une période allant du 31/07/2020 au 30/07/2021 à minuit, sous le numéro de police 20873 selon les stipulations figurant aux conditions ci-après : Caractéristiques du bateau : nom : HAI LONG 2. Armateur : HAI LONG. Type : Chalutier. Moteur : Zibo  Diesel. Coque : acier. Immatriculation : AN 1626. Longueur/Largeur : 27m/5m. Puissance : 480 Kw. Catégorie de navigation : 5e». Comment comprendre qu’un chalutier (bateau industriel) peut obtenir une licence de pêche artisanale ? Le capitaine Dakoury Jean de Dieu, SG du SYMAPECI soutient avec véhémence l’existence d’une mafia qui tire les ficelles au sein de l’administration ivoirienne. 

@Fac-similé d’une licence de pêche industrielle 

Une mafia qui entretient la corruption dans le secteur de la pêche.
Face à la destruction de l’écosystème marin ivoirien par la pêche illégale non déclarée et non réglementée (pêche INN), le Capitaine Dakoury Jean de Dieu, SG du syndicat des marins pêcheurs de Côte d’Ivoire (SYMAPECI), s’est érigé en défenseur pour interpeller les autorités ivoiriennes sur la gravité de “la pêche INN”. Il va plus loin en dénonçant l’existence “d’une mafia qui entretient une corruption dans le secteur de la pêche en Côte d’Ivoire”. Il dit craindre pour sa vie. Le siège de son syndicat a été fermé après une mise en demeure. Certains de ses lieutenants et lui-même sont désormais privés d’accès au Port autonome d’Abidjan. Pour le réduire au silence, cette mafia, dit-il, serait à la base du cambriolage perpétré à son domicile dans la commune de Yopougon. Sa maison serait cambriolée dans la nuit du 30 au 31 octobre 2021. Au vu de la menace qui pèse sur lui, il s’inquiète pour sa sécurité. Ce sujet de la pêche illégale est une préoccupation majeure qui amène des journalistes à s’intéresser à ce phénomène. Marcelle Aka, journaliste ivoirienne a enquêté et son constat est sans équivoque. « Il existe une mafia dans ce secteur.
Au niveau du gouvernement, comment les licences de pêche sont-elles délivrées ? Il y a aussi la guerre entre les pêcheurs artisans et leurs confrères de la pêche industrielle », révèle le journaliste spécialiste de la pêche. Dans une requête en date du 2 décembre 2021, avec copie à la Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics (CAIDP), nous avons joint Pascale Kouamé, conseiller technique pour lui demander des réponses aux accusations dont le ministère des Ressources animales et Halieutiques (MIRAH) faisait l’objet dans la délivrance des licences de pêche. Ces questions sont les suivantes : 
-Le MIRAH (Ministère des Ressources animales et halieutiques) est accusé de délivrer des licences artisanales à des chalutiers chinois qui font de la pêche industrielle dans les eaux ivoiriennes. Que répondez-vous ?


-Le MIRAH (Ministère des Ressources animales et halieutiques) est également accusé d’alimenter une fraude dans la délivrance des licences de pêche. Qu’en dites-vous ?
Notre interlocutrice nous a répondu qu’elle n’était plus à ce poste dans ce ministère. Elle nous a renvoyés vers son remplaçant Ibrahim Diakité que nous avons joint par téléphone. Ce conseiller technique nous a demandé de déposer un courrier physique au cabinet du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH). Nous lui avons expliqué qu’au regard de la loi n°2013-867 du 23 décembre 2013 portant sur l’accès à l’information d’intérêt public, il était l’interface chargé de donner les informations demandées. Mais, malgré nos explications pour lui faire entendre raison, avant que nous mettions sous presse cette enquête, nous n’avons pas obtenu la réaction du MIRAH (Ministère des Ressources animales et halieutiques) sur les accusations portées contre elle dans le cadre de la délivrance des licences.  

@Fac-similé d’une attestation d’assurance corps de navire 

L’impuissance des gardes côtes ivoiriennes
Si les prédateurs prolifèrent dans ces fonds marins surexploités, c’est parce qu’il n’y a pas de moyens logistiques et humains pour les en empêcher. Conséquence, les garde-côtes laissent libre cours à cette pêche illégale. « Tous ces pays disposent de services de contrôle chargés de la surveillance. Ils ont quelques vedettes. Mais il faudrait beaucoup plus de moyens et une collaboration au niveau sous régional pour une harmonisation des sanctions et des réglementations au niveau de la sous-région », explique Ibrahima Cissé, responsable de campagne Océan à Greenpeace Afrique, basée à Dakar.

En Côte d’Ivoire, précisément à Grand-Béréby, les agents de la police maritime ne disposaient d’aucune navette pour surveiller les côtes jusqu’en septembre 2021. Ils ont été rendus opérationnels par l’Etat ivoirien qui les a dotés d’une navette. Comme une goutte d’eau dans l’océan, ce bateau a soulagé un tant soit peu les gardes côtes déjà habitués à travailler avec des outils désuets comme des loupes de longues portées. Ces moyens moyenâgeux qui ne limitaient leurs actions qu’à des patrouilles pédestres au bord des plages.  
Cette nuit du samedi 11 décembre 2021, à Grand-Béréby, le Lieutenant Maxime Guivé et ses hommes de la Police Maritime s’apprêtent pour une patrouille de routine en mer avec son unique bateau. « Ce soir, ce sont des instructions que je donne à mes éléments avant la patrouille. Cela consiste à contrôler les pièces administratives relatives aux engins comme la licence de pêche industrielle, la visite technique et le livret maritime », confie le chef d’antenne maritime de Grand-Béréby, avant de lancer ses hommes sur l’océan. 
Conscients des ravages de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée pratiquée par les armateurs chinois, le préfet de région de San Pedro, préfet du département de San Pedro, tape du poing sur la table pour mettre fin au phénomène. Un arrêté préfectoral sanctionne désormais la pêche illégale dans cette région. 
« Ce sont les actions antérieures qui font qu’aujourd’hui le constat est triste. Quand on sait qu’il y a quelque temps les chalutiers ont raclé le fond de l’océan. Beaucoup de dégâts ont été occasionnés. Aujourd’hui, avec toutes les actions qui sont mises en œuvre pour préserver l’océan, nous ne pouvons que penser à des lendemains meilleurs. Ces actions viennent juguler la pêche illégale », fait savoir Vah Maudri Victoire, Sous-préfet de Grand-Béréby. 
Au plan régional, des États se mobilisent pour faire barrage à la pêche illégale. 


Selon Séraphin Dédi Nadjé, SG du CPCO (Comité de pêche centre-ouest du Golfe de Guinée), les actions communes sont envisagées pour des patrouilles mixtes dans les eaux ouest africaines ainsi que la formation des inspecteurs pour assurer le respect des normes internationales sur les bateaux en mer. « Un tiers de la production que nous avons est illégale, et échappe à l’économie des pays de la région. « On se rend compte que la ressource au débarquement n’est plus comme par le passé. Il y a une baisse tragique des produits dans nos zones de production dans tous les pays », reconnaît l’expert ivoirien du CPCO.  

Retour à Grand-Bassam. 


Assis sur une pirogue renversée, Ayabi Richard scrute l’horizon – peut-être pour attendre de l’aide – une aide qui viendra de qui ? Un regard perdu dans le vide qui traduit l’impuissance. 
Il faudrait que les autorités ivoiriennes croisent véritablement le fer contre la pêche illégale pratiquée par les pêcheurs chinois. Il faudrait aussi sensibiliser les acteurs locaux de la pêche à se départir de pratiques nuisibles de pêche en empêchant les bateaux battant pavillons étrangers non conventionnés avec l’État de Côte d’Ivoire à s’abstenir de draguer le fond marin dans les eaux ivoiriennes. 


Selon le ministre des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), Sidi Tiémoko Touré qui s’exprimait au cours d’un atelier sur la planification de la chaîne de valeur de l’aquaculture du tilapia, le 8 décembre dernier au CAMPC (Centre africain de perfectionnement des cadres) le poisson serait la principale source de protéines du consommateur ivoirien avec 24,9 kg par habitant alors que la production locale tourne autour de 5000 tonnes, à peine 20% sur un besoin estimé à 600 mille tonnes.  Pour satisfaire la demande de consommation, la Côte d’Ivoire est obligée d’importer 325 milliards de francs CFA de produits halieutiques notamment du poisson tilapia chaque année. 
Une somme de 325 milliards de francs CFA qui aurait permis la construction d’écoles, d’universités, d’hôpitaux, le financement de plusieurs projets pour des jeunes. 

Équipe d’enquête
François M’BRA II
Ella DJIGUIMBE
Check KONE
Patrick KROU

Projet PAGOF financé par CFI & Expertise France

*Filiale du groupe France Médias Monde, CFI agit pour favoriser le développement des médias en Afrique, dans le monde arabe et en Asie du Sud Est.

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