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Politique

xw Côte d’Ivoire : Un ex compagnon de Blé Goudé tout feu tout flamme dans une intervieintervieww

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Ancien membre de la galaxie patriotique, M.Koné Largaton est aujourd’hui le vice-président du parti Concorde en charge de la promotion et de la mobilisation. Dans cette interview, il nous parle des expolois réalisés par le président Alassane Ouattara et nous édifie aussi sur son concept « Travaillons pour la Côte d’ivoire », une initiative qui invite la jeunesse ivoirienne à un changement de mentalité et à la culture du travail.

Présentez-vous pour nos lecteurs.


Je suis Koné Largaton à l’état civil. Sur le terrain politique je suis le grand cheval de la République aux ailes déployés. Je suis originaire de la cité du Tchologo dans le département de ferkéssedougou précisément de kigninkaha du canton palaga. Je suis vice-président du parti Concorde chargé de la promotion et de la mobilisation.Ancien membre de la galaxie patriotique sous le régime de la refondation, vous êtes aujourd’hui membre fondateur du parti Concorde qui a rejoint la grande famille des houphouëtistes c’est-à-dire le Rhdp. Comment expliquez ce revirement ?
Koné Largaton:
Non ce n’est pas un revirement puisque je n’ai appartenu à aucun parti politique avant la création de Concorde. J’étais juste un membre important de la galaxie patriotique comme vous venez de le souligner. La galaxie patriotique était un mouvement composé de plusieurs jeunes ivoiriens qui avaient décidé de soutenir le régime de la refondation qui était en difficulté face à une rébellion venue du nord. Nous étions mobilisés comme un seul homme pour défendre un régime qui était en plein mandat. A cette époque il fallait bien faire un choix entre les destabilisateurs et ceux qui défendaient la République, entre Soro Guillaume à la tête de cette rébellion et Charles Blé Goudé qui au sud défendait le régime et les institutions de la République. Mon choix était vite fait et j’étais coaché par feu le président Laurent Dona Fologo. Je me suis engagé pleinement pour défendre un régime en plein mandat. C’était un choix de principe. Pour revenir à votre question, ma présence au Rhdp n’est pas un revirement. C’est après la chute du régime de la refondation que mon aîné le ministre Alcide Djédjé que je salue au passage qui était le Directeur Général des relations multilatérales au ministère des Affaires étrangères m’a fait appel avec d’autres leaders dont Watchard Kedjebo pour créer un parti politique qui est Concorde et le ministre m’a fait l’honneur de me nommer vice-président en charge de la promotion et la mobilisation. Très bientôt, nous allons nous fondre totalement dans notre grande famille le Rhdp.

Le passeport de votre ex-compagnon de lutte Charles Blé Goudé alimente tous les débats, que pouvez vous dire sur cette question?


Cette question est du ressort de la diplomatie ivoirienne et vous savez que tout ce qui porte sur la diplomatie demande la discrétion et la sagesse. Ce que je puisse vous dire est que M. Charles Blé Goudé aura naturellement son passeport.

Est-ce une annonce?

Non je n’ai pas cette prétention d’être le porte-parole de notre diplomatie. Simplement, je pense que ce dossier doit être sur la table du président de la République qui comme vous le savez ne ménage aucun effort pour donner sens à la réconciliation. Avec sa volonté affichée de voir son pays réconcilié, je pense qu’il donnera une favorable au dossier Charles Blé Goudé et très bientôt, il sera parmi nous et pour retrouver sa famille.

Le 21 novembre dernier, vous et vos amis aviez lancé un mouvement citoyen depuis la fondation Houphouet à Yamoussoukro. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un concept intitulé « Travaillons pour la Côte d’ivoire ». Une inspiration que nous tirons du travail abattu par le chef de l’État son excellence Monsieur Alassane Ouattara qui en ci-peu de temps a fait des explois spectaculaires pour notre pays. Dès sa prise de pouvoir, il s’est mis au travail et a mis les ivoiriens au travail. Nous pouvons dire aujourd’hui sans gros risque de nous tromper que nous avons atteint un niveau considérable en terme de développement. Nous sommes aujourd’hui un pays en développement. C’est donc cette force de travail du président Ouattara qui nous a inspiré à créer ce concept pour demander aux jeunes de Côte d’Ivoire de se lever et de se mettre au travail en prenant toute leur place dans le train du développement. Pour demander aux jeunes de Côte d’Ivoire de s’approprier cette noble ambition du premier d’entre-nous de faire de notre pays un grand pays. Notre inspiration est aussi divine dans la mesure où dans le livre saint il dit que l’Homme se nourrira à la sueur de son front. Il s’agit de travailler pour sa propre liberté, pour son indépendance personnelLe. Notre constat est que nos jeunes n’ont pas la culture du travail alors que justement c’est ce à quoi le chef de l’État nous invite chaque jour. Il nous invite à la culture de l’entrepreunariat. Regardez aux États-Unis, en Chine et même tout près de nous au Ghana. Dans ces pays, les jeunes entreprennent, le jeune ghanéen est chaque jour au travail, il occupe tous les corps de métier. Chez nous, tous nos jeunes aspirent à la fonction publique. Non il faut que ça change. Il faut entreprendre, il n’y a pas de sous-metier. Prenez le cas des étrangers qui vivent chez nous, ils sont dans tous les petits boulots et s’en sortent. Les jeunes ivoiriens doivent avoir la culture du travail. Ne pas croiser les doigts pour attendre l’aumône, il faut s’occuper. Voici donc notre concept et son sens. Nous devons travailler pour notre pays.

Votre mouvement milite pour la culture du travail ainsi qu’un changement de mentalité. Croyez vous que ces valeurs manquent aux jeunes ivoiriens ?

C’est un triste constat mais c’est une réalité et ce n’est pas moi seul qui le dit. Il y a peu de jeunes ivoiriens qui entreprennent. Je pense que nos jeunes doivent tourner dos aux gains faciles, à l’oisiveté. Ils doivent se mettre au travail. Nous avons un pays riche. Nous avons des terres cultivables, des cours d’eau, la forêt , tout ce potentiel est à exploiter. Moi-même je suis un exemple édifiant. Je fais la politique depuis 20 ans, mais je n’ai jamais abandonné l’agriculture, c’est même avec ce que je tire de cette agriculture que je nourris ma petite famille.

Quelles sont les actions concrètes que vous prévoyez mener pour une prise de conscience collective?


Nous allons prendre notre bâton de pèlerin pour sillonner le pays afin d’échanger avec les jeunes. Nous allons sensibiliser nos jeunes sur la culture du travail. Nous allons leur dire de ne pas trier le travail et à s’intéresser à tous les corps de métier, seul le travail conduit à l’indépendance. Nous allons organiser des séminaires de formation, des rencontres pour partager les expériences.

Parlant du travail et de la culture du travail, vous vous référez beaucoup au président Alassane Ouattara. Qu’est-ce qui vous fascine tant chez l’homme?


Certains journalistes et certains historiens ignorent souvent le personnage Ouattara. Le président Ouattara est un descendant de l’empereur Sekou Ouattara qui était roi de Kong qui fût la capitale de plusieurs grands empires de l’Afrique de l’ouest. Rappelons qu’après le passage tragique de Samory Touré qui avaient demandé à ses sofas d’exterminer tous les enfants, des prophètes avaient prédi qu’à Kong naîtrait un enfant qui deviendrait président de la République. Cet enfant en question descendant du roi de Kong est né plus tard à Dimbokro et s’en suit ce que nous connaissons tous: brillant parcours scolaire et professionnel Alassane Ouattara, descendant de Sekou Ouattara est aujourd’hui locataire du palais du plateau depuis 2011. C’est un infatigable bosseur, un leader dans la sous-région, sur le continent et sur la scène internationale. Il a redonné à la Côte d’Ivoire sa place dans le concert des grandes nations. Digne héritier du père fondateur. Un tel homme ne peut être qu’une source d’inspiration. Pour moi Koné Largaton, le président Ouattara est un président de mission et non un président de mandat.

Que répondez vous à ceux qui disent que le président Ouattara a échoué sur le chantier de la réconciliation?


Non le président Ouattara n’a pas échoué sur le chantier de la réconciliation. Quand vous regardez toutes les structures qu’il a mis en place pour la réconciliation depuis sa prise de pouvoir, vous aller comprendre sa disponibilité à voir la Côte d’Ivoire réconciliée. Plusieurs de nos compatriotes hier en exile sont rentrés et vaquent paisiblement à leurs occupations, il a facilité le retour de l’ex-président de la République qu’il a reçu au palais de présidence, après les événements liés à la désobéissance civile lancée par l’opposition, il a reçu sans rancune son aîné le président Bédié, il a également reçu le premier ministre Affi N’guessan qu’il et a même réhabilité, il reçu Amont Tanoh. Autant d’actes qui montrent qu’il n’est pas juste de dire que le président Ouattara a échoué sur la question de la réconciliation. Le président a toujours tendu sa main il revient à chacun de saisir cette main tendue. La réconciliation est un processus dans lequel chaque citoyen doit jouer son rôle. Le président Ouattara avec toute sa bonne volonté ne peut pas décréter la réconciliation. Il revient à chacun de le concrétiser par des actes de paix et d’amour. Un autre volet, c’est que le président Ouattara a une réponse scientifique pour la réconciliation. Dès sa prise du pouvoir, il a mis les ivoiriens au travail. Car, vous êtes d’accord avec moi que c’est le manque d’activité qui fait qu’on s’accroche aux mauvais souvenirs. Il nous faut regarder l’avenir. Ce sont des politiciens en manque d’inspiration et de projets qui donnent dans la manipulation en faisant croire que les ivoiriens ne sont pas réconciliés. Les ivoiriens sont réconciliés. Allez dans nos marchés, gares, quartier et vous comprendrez que le vivre-ensemble est une réalité et non un simple slogan politique. Les ivoiriens ne se regardent plus en chiens de faïence.

Qu’est-ce que vous avez voulu dire que nous n’avons pas pu aborder?


Il est de notre responsabilité aussi de dire les choses telles qu’elles sont. Je pense que beaucoup de collaborateurs du président Ouattara ne lui rapportent pas fidèlement certaines choses. Il faut que chacun fasse son travail pour lequel il est payé. Le président Ouattara travaille chaque jour pour donner une fière allure à nos villes notamment à Abidjan notre capitale économique, vitrine de notre pays. Mais regardez ce qui se passe à nos grands carrefours: le phénomène des enfants mendiants, ils sont à ses endroits 24h/24 et 7jrs/7. Alors que le terrorisme est un danger qui nous guette, ces enfants mendiants peuvent être utilisés par des djihadistes moyennant de l’argent. Cela s’est passé à Lagos, où des dijadidistes ont mis des explosifs sur des enfants. Autre chose ce sont les gros camions qui déversent chaque jour du gravier et du sable sur les chaussées qui coûtent déjà trop chers à l’Etat. Sans oublier aussi que toutes les entrées de notre capitale économique présentent une vue non reluisante de notre capitale. Il faut voir aussi le nombre trop élevé des personnes atteintes des troubles mentaux dans nos rues d’Abidjan, tout ceci mis ensemble, on peut dire que cela sabote le travail du chef de l’Etat. Que chacun fasse son travail pour accompagner le président de la République.

Emmanuel de Kouassi

Politique

Guémon : Mission-terrain des parlementaires RHDP auprès des autorités, leaders communautaires et populations

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Une forte délégation des députés issus du groupe parlementaire RHDP est arrivée ce lundi 7 septembre 2026 dans la capitale du Guémon, pour une mission-terrain de 72h auprès des autorités, leaders communautaires et populations, en vue de restituer les 6 mois de travaux législatifs à l’hémicycle ivoirien présidé par l’honorable Patrick Achi.

Conduite par l’honorable Flore Kouassi Lago, député d’Oumé dans la Région du Góh, la délégation a d’abord présenté ce lundi 7 septembre 2026, ses civilités à M. Addoh Tanoh, préfet de la Région du Guémon, préfet du Département de Duékoué.

En outre, le mardi 8 septembre 2026, à la salle Paul Gui-Dibo de la Mairie de Duékoué, aura lieu la cérémonie de restitution des 6 mois de travaux à l’hémicycle ivoirien.

Enfin, le mercredi 9 septembre 2026 aura lieu la tournée de remerciements des populations.

Selon la correspondance du 1 septembre 2026 signée par la député-maire de Duékoué dont copie est parvenue à notre rédaction, cette mission diligentée par le groupe parlementaire RHDP, a pour but de « renforcer les liens entre élus et populations, non sans informer l’opinion sur les activités parlementaires et les lois votées pendant la première session 2026 ».

Ouncado PIERROT

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Politique

Bagohouo : Constant Lao Doh conduit une délégation du PDCI-RDA au domicile du chef central après le décès de son épouse

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Une délégation du PDCI-RDA, conduite par Constant Lao Doh, président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA du District des Montagnes et cadre du parti à Duékoué, s’est rendue, le 4 août 2026, au domicile de Sa Majesté Desséi Étienne, chef central de la sous-préfecture de Bagohouo et chef du canton Zagné.

Cette visite avait pour objectif de présenter les condoléances du PDCI-RDA au chef central, durement éprouvé par le décès de son épouse, survenu après une période de maladie. À travers cette démarche, les responsables et militants du parti ont tenu à lui témoigner leur compassion et leur solidarité dans cette douloureuse épreuve.

La délégation était composée notamment de Constant Lao Doh, de Kouihé Adèle, présidente de l’UF-PDCI-RDA, des secrétaires de section du parti à Bagohouo, de militants de base ainsi que de plusieurs membres du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA.

« C’est au nom de l’ensemble des cadres et militants du PDCI-RDA que nous avons initié cette visite auprès du patriarche éploré. Nous avons tenu à lui exprimer nos mots de compassion et de réconfort à travers des dons symboliques en numéraire, accompagnés de boissons », a expliqué Constant Lao Doh.

Pour le président du mouvement Aodoeboh, la présence du PDCI-RDA auprès des populations dans les moments difficiles traduit la volonté du parti de maintenir une relation de proximité avec les communautés.

« Pour le parti de Tidjane Thiam, l’engagement pour le bien-être de nos parents et le soutien aux populations en détresse sont une condition d’existence. Le PDCI-RDA ne peut être présent dans une localité et rester sourd aux cris de cœur des uns et des autres. C’est impossible », a-t-il déclaré.

Constant Lao Doh a également rappelé l’engagement récent du parti aux côtés de populations victimes d’un conflit communautaire ayant occasionné une perte en vie humaine. « Il n’y a pas longtemps, à la suite d’un conflit communautaire où il y a eu mort d’homme, nous étions encore là pour soutenir les victimes, avant de traduire les mots de cohésion sociale de nos responsables politiques », a-t-il souligné.

En marge de cette visite de compassion, le président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA a par ailleurs attiré l’attention des responsables du parti sur le fonctionnement de la délégation 2 du PDCI-RDA de Bagohouo, qui regroupe les sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon.

Selon lui, cette délégation connaît aujourd’hui des difficultés en matière d’animation et de proximité avec la base. « La délégation 2 du PDCI-RDA, composée des sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon, est aujourd’hui défaillante du point de vue de la proximité et de l’animation. Ceux qui ont la tâche de diriger cette délégation sont absents sur le terrain et donc déconnectés des réalités de la base », a-t-il déploré.

Face à cette situation, Constant Lao Doh plaide auprès du secrétaire exécutif en chef, Yapo Yapo Calice, pour une réorganisation de cette structure. Il propose notamment de scinder la délégation en deux, voire en trois, afin de permettre une meilleure présence des responsables sur le terrain et une animation plus efficace des structures de base.

Pour le cadre du PDCI-RDA, cette réorganisation permettrait de renforcer le travail de proximité et de mieux préparer le parti aux prochaines échéances politiques, notamment dans la perspective de la conquête du pouvoir d’État à l’horizon 2030.

AXEL GONKANOU

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Édito

Côte d’Ivoire : attaques contre Tidjane Thiam, les faits contredisent Anoma Magloire

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Dans une interview accordée au quotidien Liberté, Magloire Anoma Kouao, membre du Bureau politique du PDCI-RDA et ancien responsable du parti à Aboisso, a livré une sévère critique de la direction actuelle. Au cœur de ses déclarations, une affirmation particulièrement tranchée : Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI ». L’ancien responsable va plus loin, jugeant le président du parti « pas courageux » et estimant qu’il « a échoué ».

Des propos qui relancent le débat sur la gouvernance du PDCI-RDA, le fonctionnement de ses instances et surtout sur la notion de « militant avéré ». Mais face aux déclarations, les faits politiques et les résultats des consultations internes du parti imposent une autre lecture.

Une charge politique qui pose la question du militantisme

La critique d’un président de parti n’a, en soi, rien d’exceptionnel. Dans une formation politique structurée comme le PDCI-RDA, le débat interne, la contradiction et la confrontation des idées font partie de la vie démocratique.

Magloire Anoma Kouao réclame notamment la tenue d’un Bureau politique et dénonce ce qu’il considère comme une concentration de la décision autour de la direction actuelle. Il plaide pour davantage de discussions au sein des instances et revendique, de son côté, plusieurs années d’engagement au sein du parti.

Le débat est donc légitime.

Mais lorsque l’ancien responsable affirme que Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI », la question mérite d’être confrontée aux faits.

Car qu’est-ce qu’un militant « avéré » ? Est-ce uniquement celui qui compte le plus grand nombre d’années dans les structures du parti ? Est-ce celui qui a occupé le plus de responsabilités ? Ou est-ce également celui qui participe à la vie démocratique de la formation et accepte le verdict de ses instances ?

C’est sur ce terrain que la polémique prend une autre dimension.

Le parcours de Tidjane Thiam ne peut pas être effacé

Réduire le parcours politique de Tidjane Thiam à son éloignement de la vie politique ivoirienne pendant plusieurs années serait incomplet.

Le PDCI-RDA lui-même retrace, dans sa présentation officielle de ses dirigeants, plusieurs étapes de son engagement politique. Le parti rappelle notamment son rôle auprès d’Henri Konan Bédié et son entrée au Bureau politique en 1996.

Certes, chacun peut apprécier différemment la régularité ou la profondeur de ce parcours.

On peut considérer que son activité politique a connu des périodes d’interruption. On peut également discuter de son implantation dans les structures locales du parti ou de sa présence sur le terrain.

Mais entre considérer un parcours comme insuffisant et affirmer qu’il n’existe « aucun parcours », il y a une différence importante.

L’histoire politique du PDCI-RDA apporte ici un élément de contradiction à l’affirmation d’Anoma Magloire.

Le verdict des militants, un fait difficile à contourner

L’autre élément central de cette controverse est le vote des militants et des congressistes.

Tidjane Thiam n’est pas devenu président du PDCI-RDA par désignation personnelle.

Lors du 8e Congrès extraordinaire électif, organisé le 22 décembre 2023, il a été élu président du parti avec 4 001 voix, soit 96,48 % des suffrages exprimés, face à Jean-Marc Yacé.

Cette victoire constituait déjà un signal politique majeur.

Mais le résultat a été confirmé lors du 9e Congrès extraordinaire, tenu le 14 mai 2025. Tidjane Thiam y a été reconduit à la tête du PDCI-RDA avec 99,77 % des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par le comité électoral.

Deux consultations internes. Deux victoires très larges.

Ces résultats ne signifient évidemment pas que le président du PDCI-RDA est au-dessus de toute critique. Ils signifient cependant que sa légitimité interne repose sur des votes exprimés dans le cadre des instances du parti.

Dès lors, une déclaration médiatique ne peut, à elle seule, effacer le verdict des congressistes.

Une question à ceux qui contestent sa légitimité

La polémique soulève alors une question politique simple.

Si certains cadres estiment que Tidjane Thiam n’est pas suffisamment expérimenté, qu’il manque de courage ou qu’il a échoué, pourquoi ne pas porter cette contestation directement devant les militants ?

La démocratie interne donne précisément aux responsables politiques la possibilité de défendre une autre vision, de présenter une candidature et de demander aux militants de trancher.

C’est là que se mesure véritablement la force d’une conviction politique.

Il est toujours possible de critiquer un dirigeant après son élection. Il est beaucoup plus exigeant de se présenter devant les militants et de leur demander de choisir une autre voie.

La légitimité politique se conquiert par les urnes, mais elle se respecte également après le vote.

« Il a échoué » : de quel échec parle-t-on ?

L’affirmation selon laquelle Tidjane Thiam « a échoué » mérite également d’être précisée.

A-t-il échoué à conquérir la présidence du PDCI-RDA ? Non. Il l’a remportée en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.

A-t-il échoué à conserver cette fonction ? Non plus. Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.

Son parcours politique comporte néanmoins des difficultés majeures. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2025 a notamment été empêchée dans le cadre des procédures portant sur son éligibilité et sa situation de nationalité.

Mais il convient de distinguer une défaite électorale d’une candidature empêchée pour des raisons juridiques.

Tidjane Thiam n’a pas été battu dans les urnes lors de la présidentielle ivoirienne de 2025. Il n’a pas été confronté au suffrage présidentiel.

Cette nuance est essentielle dans toute analyse politique.

Anoma Magloire pose aussi des questions légitimes

Pour autant, il serait journalistiquement incorrect de rejeter l’intégralité des critiques formulées par Magloire Anoma Kouao.

Certaines de ses interrogations méritent d’être débattues.

Sa demande de voir se réunir les instances du parti, notamment le Bureau politique, relève d’une préoccupation qui peut être entendue. Dans toute formation politique, les dirigeants doivent pouvoir être interpellés, les décisions discutées et les orientations stratégiques débattues.

Un président de parti n’est pas infaillible.

La direction doit accepter la contradiction.

Les cadres doivent pouvoir exprimer leurs désaccords.

Les militants doivent pouvoir être consultés.

Et les textes du parti doivent constituer la référence commune.

Sur ce point, Anoma Magloire pose donc un véritable sujet : celui du fonctionnement démocratique des instances du PDCI-RDA.

Mais le débat interne ne doit pas nécessairement conduire à la délégitimation permanente du président élu.

« Les alliances se discutent au Bureau politique » : le principe vaut pour tous

Dans son entretien, Magloire Anoma estime également que les éventuelles alliances politiques du PDCI-RDA doivent être discutées au sein des instances du parti et non décidées dans un cercle restreint.

Sur le principe, cette revendication peut difficilement être contestée.

Les grandes orientations d’un parti doivent être débattues dans les structures compétentes.

Mais cette exigence appelle une autre interrogation : si les instances doivent être le lieu de décision pour les grandes orientations politiques, ne doivent-elles pas également être le lieu privilégié pour contester la gouvernance du président ?

La presse peut être un espace d’expression.

Elle ne peut cependant pas se substituer aux instances statutaires d’un parti politique.

Lorsqu’un cadre estime qu’une décision est contraire aux intérêts du PDCI-RDA, le meilleur moyen de la combattre reste de porter le débat devant les structures habilitées.

« Dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu »

L’une des formules utilisées par Anoma Magloire mérite également attention.

Il estime que lorsqu’on arrive dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu avant soi.

L’image est forte et rappelle une réalité essentielle : le PDCI-RDA possède une histoire, une mémoire et des générations de militants qui ont contribué à son existence.

Les anciens méritent donc respect et reconnaissance.

Mais respecter les anciens ne signifie pas figer le parti dans son passé.

Une formation politique peut préserver ses fondations tout en modernisant son fonctionnement.

Elle peut honorer son histoire tout en ouvrant davantage ses portes aux jeunes.

Elle peut reconnaître l’expérience des anciens sans empêcher l’émergence de nouvelles générations.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre anciens et nouveaux, mais de parvenir à faire travailler les deux générations ensemble.

Le véritable défi : quelle alternative au-delà de la critique ?

C’est probablement là que se situe le cœur du débat.

Dire que Tidjane Thiam n’est pas courageux est une appréciation politique.

Dire qu’il a échoué est un jugement.

Dire qu’il n’est pas un militant avéré est une position.

Mais quelle alternative est proposée ?

Quelle stratégie pour reconquérir le pouvoir ?

Quelle organisation pour renforcer le parti sur le terrain ?

Quelle place pour les jeunes et les femmes ?

Quelle stratégie pour les échéances électorales à venir ?

Quelle réponse aux attentes des militants ?

Ces questions sont beaucoup plus importantes pour l’avenir du PDCI-RDA que les affrontements de personnes.

Un parti politique ne se renforce pas uniquement par la multiplication des critiques contre son président. Il se renforce également par la capacité de ses cadres à proposer des solutions et à convaincre la base.

Le militantisme ne se résume pas à l’ancienneté

Au fond, la polémique pose une question plus profonde : qu’est-ce qu’être un « militant avéré » ?

L’ancienneté est certainement un élément important.

L’engagement sur le terrain compte.

La fidélité au parti compte.

L’expérience compte.

Mais le militantisme politique suppose également le respect des règles communes et des décisions issues des mécanismes démocratiques.

Si l’ancienneté devenait le seul critère de légitimité, les nouvelles générations seraient condamnées à attendre indéfiniment avant de prendre des responsabilités.

Or un parti qui veut conquérir ou reconquérir le pouvoir doit nécessairement se renouveler.

L’expérience des anciens et l’énergie des nouvelles générations doivent donc se compléter plutôt que s’affronter.

Après le vote, vient le temps du rassemblement

La démocratie ne s’arrête pas le jour du vote.

Avant une élection, chacun doit pouvoir défendre son candidat.

Pendant la campagne, chacun doit pouvoir convaincre.

Mais après le scrutin, la décision collective doit être respectée.

Dans le cas de Tidjane Thiam, deux consultations internes ont produit des résultats particulièrement nets : 96,48 % en 2023 et 99,77 % en 2025.

Ces chiffres ne le rendent pas infaillible.

Ils ne lui donnent pas un blanc-seing.

Ils ne signifient pas que les critiques doivent être interdites.

Ils établissent simplement une réalité : le président du PDCI-RDA dispose d’une légitimité élective interne qui ne peut être effacée par une déclaration dans la presse.

Ceux qui souhaitent une autre orientation disposent, eux aussi, de moyens démocratiques pour la défendre.

Ils peuvent saisir les instances.

Ils peuvent présenter des propositions.

Ils peuvent convaincre les militants.

Et, lorsque le moment viendra, ils peuvent solliciter leur suffrage.

Le PDCI-RDA au-dessus des querelles de personnes

Au-delà de la confrontation entre Magloire Anoma et Tidjane Thiam, c’est finalement l’avenir du PDCI-RDA qui est en jeu.

Le parti peut-il conjuguer son héritage historique avec les exigences d’une formation politique moderne ?

Peut-il permettre la critique sans tomber dans la division ?

Peut-il donner toute leur place aux anciens tout en permettant aux jeunes générations d’émerger ?

Peut-il organiser un débat interne suffisamment ouvert pour que les divergences se règlent dans les instances plutôt que par médias interposés ?

C’est à ces questions que les responsables du parti devront répondre.

Magloire Anoma a raison sur un point : le PDCI-RDA doit rester un parti de débat.

Mais le débat ne doit pas devenir une guerre permanente de légitimité.

Tidjane Thiam a un parcours au sein du PDCI-RDA, même si chacun peut apprécier différemment son degré d’implication selon les périodes.

Il a été élu président du parti en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.

Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.

Ces faits constituent une réalité politique incontournable.

La critique est légitime. La contradiction est nécessaire. Le débat est indispensable.

Mais la démocratie impose également une autre exigence : respecter le choix collectif.

Le PDCI-RDA est plus grand que Tidjane Thiam. Il est également plus grand que Magloire Anoma Kouao. Il est plus grand que chacun de ses dirigeants et de ses cadres.

La « maison verte » appartient à l’ensemble de ses militants.

Aux anciens de transmettre.

Aux nouvelles générations de construire.

Aux dirigeants d’écouter.

Aux contestataires de proposer.

Et à tous de préserver l’essentiel : l’unité du parti, le respect de ses textes, la vitalité de son débat interne et la conquête démocratique du pouvoir d’État.

Le véritable militantisme ne se mesure pas seulement au nombre d’années passées dans une maison politique. Il se mesure aussi à la capacité de la faire vivre, de respecter ses règles et d’accepter le verdict de ceux qui en constituent la base.

Christ Kémondé

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