Le ministre ivoirien des Transports Amadou Koné, candidat du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir) aux élections municipales du 2 septembre 2023 dans la commune de Bouaké ( centre de la Côte-d’Ivoire) a présenté ses 65 colistiers et les 7 piliers de son projet de société « Bouaké nouveau » à la population. C’était le vendredi 25 août 2023 à la place du Carnaval de Bouaké.
« Bouaké, ville cosmopolite, doit demeurer une cité paisible et prospère, un carrefour d’échanges par excellence, un pôle agro économique de développement durable et inclusif ». Telle est la vision futuriste du ministre Amadou Koné. Une vision qui repose sur 7 grands piliers déclinés en actions concrètes « pour bâtir ensemble un Bouaké nouveau ». Devant une foule massive qui l’a accueilli et escorté de l’aéroport à la place du Carnaval ce vendredi, le candidat du RHDP aux élections municipales à Bouaké, Amadou Koné a présenté ses colistiers, son projet de société sur la période 2023-2028 et lancé officiellement sa campagne pour le scrutin du 2 septembre prochain.
Les 7 piliers pour bâtir Bouaké nouveau
A Bouaké, deuxième ville du pays avec une densité de 11 561 habitants/km2, dont 48% de femmes et 52% d’hommes et une population fortement jeune avec 57% ayant moins de 20 ans, le candidat du RHDP promet une gouvernance inclusive et participative avec une parité 50/50 du genre. Il annonce un investissement global pour la période 2023-2028 de 200 milliards FCFA « pour bâtir ensemble l’avenir économique de Bouaké ». Pour répondre aux besoins d’une démographie galopante, Amadou Koné promet construire 10.000 logements par an. Bouaké ville durable est également au cœur des priorités d’Amadou Koné. Ainsi, il s’engage à reboiser et entretenir 72km2 de superficie durant sa mandature. Le candidat promet de faire de Bouaké une commune solidaire, dynamique, un cadre de vie moderne où l’on vit en parfaite harmonie et en sécurité avec des opportunités d’emploi pour les jeunes et les femmes. Une commune commerciale et industrialisée dont le rayonnement scintille à l’international.
Amadou Koné : « C’est pour quoi j’en appelle à un Bouaké nouveau »
Pour Amadou Koné, la ville de Bouaké sous sa gouvernance se veut rassurante et ouverte à tous ses cadres et natifs résidents en Côte d’Ivoire et hors du pays ; une ville qui fait bon vivre et qui attire les investisseurs et plus de visiteurs.
« Le Bouaké nouveau que je m’engage à promouvoir, est cette ville plus attrayante, avec un cadre de vie meilleure doté d’un système de transport adapté et amélioré au service de tous. Et enfin, une ville qui valorise les compétences et fabrique des champions locaux » a promis Amadou Koné.
Des axes et actions concrètes : un conseil municipal de 50% de femmes et une assemblée citoyenne de 100 membres
Pour y arriver et en plus des prérogatives traditionnelles de la mairie, le futur maire de Bouaké promet une gouvernance participative, solidaire et transparente. Une gestion participative avec un conseil municipal le plus inclusif où les femmes représentent 50%, avec 20% de jeunes et la présence de représentants de tous les secteurs d’activités et issus de tous les quartiers et cantons sans distinction d’ethnie, de race ni de religion. Un Bouaké nouveau où les établissements supérieurs et universitaires font corps avec la ville et contribuent ainsi au dynamisme socio-économique et culturel de celle-ci . « En appui au conseil municipal, nous mettrons en place une assemblée citoyenne de 100 membres, répartis comme suit : 45 issus des quartiers de Bouaké, 10 issus de la Diaspora nationale, 10 de la Diaspora internationale et 35 représentants de toutes les couches socio-professionnelles. C’est un organe consultatif qui a pour mission d’identifier les projets à réaliser avec les 20% du budget d’investissements de la mairie » a-t-il ajouté.
Amadou Koné promet la digitalisation des services d’état civil et une assistance 24h/24 et 7jours/7
Selon toujours le candidat du RHDP aux élections municipales à Bouaké, le Bouaké nouveau, c’est également la digitalisation des services d’état civil et une mairie efficiente au service des populations 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Au plan sécuritaire, Amadou Koné entend mettre en place une police municipale de proximité, mieux équipée et formée s’appuyant sur un centre d’appel mis à la disposition des populations pour une commune encore plus sûre.
Au niveau de l’éducation , Amadou Koné veut éradiquer le phénomène des doubles vacations avec la construction de plusieurs établissements scolaires publics.
« Notre objectif est de baisser drastiquement les effectifs des occupations des classes et de faire remonter le taux de réussite au CEPE, BEPC et BAC à travers une bonne formation de nos apprenants » a-t-il souligné.
Enfin, au plan social, Amadou Koné et son conseil municipal comptent mettre en place un dispositif d’aide aux personnes âgées, les plus défavorisées et en situation d’handicap. Ils promettent une subvention des moyens de transport aux élèves et étudiants démunis et un centre d’appel pour assistance aux personnes en détresses installé à la mairie 24h/24.
Une équipe municipale hétéroclite autour d’un capitaine pour gagner le scrutin du 2 septembre
Les Ivoiriens seront appelés à élire leurs conseillers Municipaux et Régionaux le 2 septembre 2023. Cette année, les élections municipales dans la commune de Bouaké seront marquées par la candidature d’une liste fondamentalement citoyenne avec des profiles hétéroclites et nul doute que chaque habitant de Bouaké pourra s’identifier à l’un d’entre eux. Cette liste «Rassemblement-Solidarité » que conduit Amadou Koné est riche de 65 membres issus des horizons différents : Entrepreneurs, universitaires, militants syndicalistes et associatifs, actifs et retraités, jeunes, femmes et enfin représentants de tous les quartiers et cantons de Bouaké.
A entendre celui qui porte le brassard de « capitaine », cette équipe est constituée à l’image de la grande et riche diversité de la commune de Bouaké : cosmopolite, pleine de vitalité et de créativité.
L’objectif selon « capi Amadou Koné ou capi AK » comme l’appellent ses partisans, étant de mêler les compétences de chacun au profit de la bonne gestion de la vie locale.
« Pour réussir cette mission, nous avons besoin d’être plus que jamais Rassemblés et Unis autour d’un leader. Ce leadership, je veux l’incarner. Je veux être le capitaine de cette équipe qui gagne avec pour 12ème homme, les populations de Bouaké dans toutes leurs diversités. Je veux me mettre à la disposition d’une équipe et d’une collectivité qui travaillent pour vous servir et développer notre ville. Ensemble donc pour gagner ces élections municipales et relever les défis auxquels font face les vaillantes et dynamiques populations de nos quartiers, villages et cantons » a conclu Amadou Koné sous des applaudissements nourris.
Une forte délégation des députés issus du groupe parlementaire RHDP est arrivée ce lundi 7 septembre 2026 dans la capitale du Guémon, pour une mission-terrain de 72h auprès des autorités, leaders communautaires et populations, en vue de restituer les 6 mois de travaux législatifs à l’hémicycle ivoirien présidé par l’honorable Patrick Achi.
Conduite par l’honorable Flore Kouassi Lago, député d’Oumé dans la Région du Góh, la délégation a d’abord présenté ce lundi 7 septembre 2026, ses civilités à M. Addoh Tanoh, préfet de la Région du Guémon, préfet du Département de Duékoué.
En outre, le mardi 8 septembre 2026, à la salle Paul Gui-Dibo de la Mairie de Duékoué, aura lieu la cérémonie de restitution des 6 mois de travaux à l’hémicycle ivoirien.
Enfin, le mercredi 9 septembre 2026 aura lieu la tournée de remerciements des populations.
Selon la correspondance du 1 septembre 2026 signée par la député-maire de Duékoué dont copie est parvenue à notre rédaction, cette mission diligentée par le groupe parlementaire RHDP, a pour but de « renforcer les liens entre élus et populations, non sans informer l’opinion sur les activités parlementaires et les lois votées pendant la première session 2026 ».
Une délégation du PDCI-RDA, conduite par Constant Lao Doh, président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA du District des Montagnes et cadre du parti à Duékoué, s’est rendue, le 4 août 2026, au domicile de Sa Majesté Desséi Étienne, chef central de la sous-préfecture de Bagohouo et chef du canton Zagné.
Cette visite avait pour objectif de présenter les condoléances du PDCI-RDA au chef central, durement éprouvé par le décès de son épouse, survenu après une période de maladie. À travers cette démarche, les responsables et militants du parti ont tenu à lui témoigner leur compassion et leur solidarité dans cette douloureuse épreuve.
La délégation était composée notamment de Constant Lao Doh, de Kouihé Adèle, présidente de l’UF-PDCI-RDA, des secrétaires de section du parti à Bagohouo, de militants de base ainsi que de plusieurs membres du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA.
« C’est au nom de l’ensemble des cadres et militants du PDCI-RDA que nous avons initié cette visite auprès du patriarche éploré. Nous avons tenu à lui exprimer nos mots de compassion et de réconfort à travers des dons symboliques en numéraire, accompagnés de boissons », a expliqué Constant Lao Doh.
Pour le président du mouvement Aodoeboh, la présence du PDCI-RDA auprès des populations dans les moments difficiles traduit la volonté du parti de maintenir une relation de proximité avec les communautés.
« Pour le parti de Tidjane Thiam, l’engagement pour le bien-être de nos parents et le soutien aux populations en détresse sont une condition d’existence. Le PDCI-RDA ne peut être présent dans une localité et rester sourd aux cris de cœur des uns et des autres. C’est impossible », a-t-il déclaré.
Constant Lao Doh a également rappelé l’engagement récent du parti aux côtés de populations victimes d’un conflit communautaire ayant occasionné une perte en vie humaine. « Il n’y a pas longtemps, à la suite d’un conflit communautaire où il y a eu mort d’homme, nous étions encore là pour soutenir les victimes, avant de traduire les mots de cohésion sociale de nos responsables politiques », a-t-il souligné.
En marge de cette visite de compassion, le président du mouvement Aodoeboh PDCI-RDA a par ailleurs attiré l’attention des responsables du parti sur le fonctionnement de la délégation 2 du PDCI-RDA de Bagohouo, qui regroupe les sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon.
Selon lui, cette délégation connaît aujourd’hui des difficultés en matière d’animation et de proximité avec la base. « La délégation 2 du PDCI-RDA, composée des sous-préfectures de Bagohouo, Gbapleu et Guézon, est aujourd’hui défaillante du point de vue de la proximité et de l’animation. Ceux qui ont la tâche de diriger cette délégation sont absents sur le terrain et donc déconnectés des réalités de la base », a-t-il déploré.
Face à cette situation, Constant Lao Doh plaide auprès du secrétaire exécutif en chef, Yapo Yapo Calice, pour une réorganisation de cette structure. Il propose notamment de scinder la délégation en deux, voire en trois, afin de permettre une meilleure présence des responsables sur le terrain et une animation plus efficace des structures de base.
Pour le cadre du PDCI-RDA, cette réorganisation permettrait de renforcer le travail de proximité et de mieux préparer le parti aux prochaines échéances politiques, notamment dans la perspective de la conquête du pouvoir d’État à l’horizon 2030.
Dans une interview accordée au quotidien Liberté, Magloire Anoma Kouao, membre du Bureau politique du PDCI-RDA et ancien responsable du parti à Aboisso, a livré une sévère critique de la direction actuelle. Au cœur de ses déclarations, une affirmation particulièrement tranchée : Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI ». L’ancien responsable va plus loin, jugeant le président du parti « pas courageux » et estimant qu’il « a échoué ».
Des propos qui relancent le débat sur la gouvernance du PDCI-RDA, le fonctionnement de ses instances et surtout sur la notion de « militant avéré ». Mais face aux déclarations, les faits politiques et les résultats des consultations internes du parti imposent une autre lecture.
Une charge politique qui pose la question du militantisme
La critique d’un président de parti n’a, en soi, rien d’exceptionnel. Dans une formation politique structurée comme le PDCI-RDA, le débat interne, la contradiction et la confrontation des idées font partie de la vie démocratique.
Magloire Anoma Kouao réclame notamment la tenue d’un Bureau politique et dénonce ce qu’il considère comme une concentration de la décision autour de la direction actuelle. Il plaide pour davantage de discussions au sein des instances et revendique, de son côté, plusieurs années d’engagement au sein du parti.
Le débat est donc légitime.
Mais lorsque l’ancien responsable affirme que Tidjane Thiam « n’a aucun parcours au PDCI », la question mérite d’être confrontée aux faits.
Car qu’est-ce qu’un militant « avéré » ? Est-ce uniquement celui qui compte le plus grand nombre d’années dans les structures du parti ? Est-ce celui qui a occupé le plus de responsabilités ? Ou est-ce également celui qui participe à la vie démocratique de la formation et accepte le verdict de ses instances ?
C’est sur ce terrain que la polémique prend une autre dimension.
Le parcours de Tidjane Thiam ne peut pas être effacé
Réduire le parcours politique de Tidjane Thiam à son éloignement de la vie politique ivoirienne pendant plusieurs années serait incomplet.
Le PDCI-RDA lui-même retrace, dans sa présentation officielle de ses dirigeants, plusieurs étapes de son engagement politique. Le parti rappelle notamment son rôle auprès d’Henri Konan Bédié et son entrée au Bureau politique en 1996.
Certes, chacun peut apprécier différemment la régularité ou la profondeur de ce parcours.
On peut considérer que son activité politique a connu des périodes d’interruption. On peut également discuter de son implantation dans les structures locales du parti ou de sa présence sur le terrain.
Mais entre considérer un parcours comme insuffisant et affirmer qu’il n’existe « aucun parcours », il y a une différence importante.
L’histoire politique du PDCI-RDA apporte ici un élément de contradiction à l’affirmation d’Anoma Magloire.
Le verdict des militants, un fait difficile à contourner
L’autre élément central de cette controverse est le vote des militants et des congressistes.
Tidjane Thiam n’est pas devenu président du PDCI-RDA par désignation personnelle.
Lors du 8e Congrès extraordinaire électif, organisé le 22 décembre 2023, il a été élu président du parti avec 4 001 voix, soit 96,48 % des suffrages exprimés, face à Jean-Marc Yacé.
Cette victoire constituait déjà un signal politique majeur.
Mais le résultat a été confirmé lors du 9e Congrès extraordinaire, tenu le 14 mai 2025. Tidjane Thiam y a été reconduit à la tête du PDCI-RDA avec 99,77 % des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par le comité électoral.
Deux consultations internes. Deux victoires très larges.
Ces résultats ne signifient évidemment pas que le président du PDCI-RDA est au-dessus de toute critique. Ils signifient cependant que sa légitimité interne repose sur des votes exprimés dans le cadre des instances du parti.
Dès lors, une déclaration médiatique ne peut, à elle seule, effacer le verdict des congressistes.
Une question à ceux qui contestent sa légitimité
La polémique soulève alors une question politique simple.
Si certains cadres estiment que Tidjane Thiam n’est pas suffisamment expérimenté, qu’il manque de courage ou qu’il a échoué, pourquoi ne pas porter cette contestation directement devant les militants ?
La démocratie interne donne précisément aux responsables politiques la possibilité de défendre une autre vision, de présenter une candidature et de demander aux militants de trancher.
C’est là que se mesure véritablement la force d’une conviction politique.
Il est toujours possible de critiquer un dirigeant après son élection. Il est beaucoup plus exigeant de se présenter devant les militants et de leur demander de choisir une autre voie.
La légitimité politique se conquiert par les urnes, mais elle se respecte également après le vote.
« Il a échoué » : de quel échec parle-t-on ?
L’affirmation selon laquelle Tidjane Thiam « a échoué » mérite également d’être précisée.
A-t-il échoué à conquérir la présidence du PDCI-RDA ? Non. Il l’a remportée en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.
A-t-il échoué à conserver cette fonction ? Non plus. Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.
Son parcours politique comporte néanmoins des difficultés majeures. Sa candidature à l’élection présidentielle de 2025 a notamment été empêchée dans le cadre des procédures portant sur son éligibilité et sa situation de nationalité.
Mais il convient de distinguer une défaite électorale d’une candidature empêchée pour des raisons juridiques.
Tidjane Thiam n’a pas été battu dans les urnes lors de la présidentielle ivoirienne de 2025. Il n’a pas été confronté au suffrage présidentiel.
Cette nuance est essentielle dans toute analyse politique.
Anoma Magloire pose aussi des questions légitimes
Pour autant, il serait journalistiquement incorrect de rejeter l’intégralité des critiques formulées par Magloire Anoma Kouao.
Certaines de ses interrogations méritent d’être débattues.
Sa demande de voir se réunir les instances du parti, notamment le Bureau politique, relève d’une préoccupation qui peut être entendue. Dans toute formation politique, les dirigeants doivent pouvoir être interpellés, les décisions discutées et les orientations stratégiques débattues.
Un président de parti n’est pas infaillible.
La direction doit accepter la contradiction.
Les cadres doivent pouvoir exprimer leurs désaccords.
Les militants doivent pouvoir être consultés.
Et les textes du parti doivent constituer la référence commune.
Sur ce point, Anoma Magloire pose donc un véritable sujet : celui du fonctionnement démocratique des instances du PDCI-RDA.
Mais le débat interne ne doit pas nécessairement conduire à la délégitimation permanente du président élu.
« Les alliances se discutent au Bureau politique » : le principe vaut pour tous
Dans son entretien, Magloire Anoma estime également que les éventuelles alliances politiques du PDCI-RDA doivent être discutées au sein des instances du parti et non décidées dans un cercle restreint.
Sur le principe, cette revendication peut difficilement être contestée.
Les grandes orientations d’un parti doivent être débattues dans les structures compétentes.
Mais cette exigence appelle une autre interrogation : si les instances doivent être le lieu de décision pour les grandes orientations politiques, ne doivent-elles pas également être le lieu privilégié pour contester la gouvernance du président ?
La presse peut être un espace d’expression.
Elle ne peut cependant pas se substituer aux instances statutaires d’un parti politique.
Lorsqu’un cadre estime qu’une décision est contraire aux intérêts du PDCI-RDA, le meilleur moyen de la combattre reste de porter le débat devant les structures habilitées.
« Dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu »
L’une des formules utilisées par Anoma Magloire mérite également attention.
Il estime que lorsqu’on arrive dans une maison, il faut respecter ceux qui y ont vécu avant soi.
L’image est forte et rappelle une réalité essentielle : le PDCI-RDA possède une histoire, une mémoire et des générations de militants qui ont contribué à son existence.
Les anciens méritent donc respect et reconnaissance.
Mais respecter les anciens ne signifie pas figer le parti dans son passé.
Une formation politique peut préserver ses fondations tout en modernisant son fonctionnement.
Elle peut honorer son histoire tout en ouvrant davantage ses portes aux jeunes.
Elle peut reconnaître l’expérience des anciens sans empêcher l’émergence de nouvelles générations.
L’enjeu n’est donc pas de choisir entre anciens et nouveaux, mais de parvenir à faire travailler les deux générations ensemble.
Le véritable défi : quelle alternative au-delà de la critique ?
C’est probablement là que se situe le cœur du débat.
Dire que Tidjane Thiam n’est pas courageux est une appréciation politique.
Dire qu’il a échoué est un jugement.
Dire qu’il n’est pas un militant avéré est une position.
Mais quelle alternative est proposée ?
Quelle stratégie pour reconquérir le pouvoir ?
Quelle organisation pour renforcer le parti sur le terrain ?
Quelle place pour les jeunes et les femmes ?
Quelle stratégie pour les échéances électorales à venir ?
Quelle réponse aux attentes des militants ?
Ces questions sont beaucoup plus importantes pour l’avenir du PDCI-RDA que les affrontements de personnes.
Un parti politique ne se renforce pas uniquement par la multiplication des critiques contre son président. Il se renforce également par la capacité de ses cadres à proposer des solutions et à convaincre la base.
Le militantisme ne se résume pas à l’ancienneté
Au fond, la polémique pose une question plus profonde : qu’est-ce qu’être un « militant avéré » ?
L’ancienneté est certainement un élément important.
L’engagement sur le terrain compte.
La fidélité au parti compte.
L’expérience compte.
Mais le militantisme politique suppose également le respect des règles communes et des décisions issues des mécanismes démocratiques.
Si l’ancienneté devenait le seul critère de légitimité, les nouvelles générations seraient condamnées à attendre indéfiniment avant de prendre des responsabilités.
Or un parti qui veut conquérir ou reconquérir le pouvoir doit nécessairement se renouveler.
L’expérience des anciens et l’énergie des nouvelles générations doivent donc se compléter plutôt que s’affronter.
Après le vote, vient le temps du rassemblement
La démocratie ne s’arrête pas le jour du vote.
Avant une élection, chacun doit pouvoir défendre son candidat.
Pendant la campagne, chacun doit pouvoir convaincre.
Mais après le scrutin, la décision collective doit être respectée.
Dans le cas de Tidjane Thiam, deux consultations internes ont produit des résultats particulièrement nets : 96,48 % en 2023 et 99,77 % en 2025.
Ces chiffres ne le rendent pas infaillible.
Ils ne lui donnent pas un blanc-seing.
Ils ne signifient pas que les critiques doivent être interdites.
Ils établissent simplement une réalité : le président du PDCI-RDA dispose d’une légitimité élective interne qui ne peut être effacée par une déclaration dans la presse.
Ceux qui souhaitent une autre orientation disposent, eux aussi, de moyens démocratiques pour la défendre.
Ils peuvent saisir les instances.
Ils peuvent présenter des propositions.
Ils peuvent convaincre les militants.
Et, lorsque le moment viendra, ils peuvent solliciter leur suffrage.
Le PDCI-RDA au-dessus des querelles de personnes
Au-delà de la confrontation entre Magloire Anoma et Tidjane Thiam, c’est finalement l’avenir du PDCI-RDA qui est en jeu.
Le parti peut-il conjuguer son héritage historique avec les exigences d’une formation politique moderne ?
Peut-il permettre la critique sans tomber dans la division ?
Peut-il donner toute leur place aux anciens tout en permettant aux jeunes générations d’émerger ?
Peut-il organiser un débat interne suffisamment ouvert pour que les divergences se règlent dans les instances plutôt que par médias interposés ?
C’est à ces questions que les responsables du parti devront répondre.
Magloire Anoma a raison sur un point : le PDCI-RDA doit rester un parti de débat.
Mais le débat ne doit pas devenir une guerre permanente de légitimité.
Tidjane Thiam a un parcours au sein du PDCI-RDA, même si chacun peut apprécier différemment son degré d’implication selon les périodes.
Il a été élu président du parti en 2023 avec 96,48 % des suffrages exprimés.
Il a été reconduit en 2025 avec 99,77 %.
Ces faits constituent une réalité politique incontournable.
La critique est légitime. La contradiction est nécessaire. Le débat est indispensable.
Mais la démocratie impose également une autre exigence : respecter le choix collectif.
Le PDCI-RDA est plus grand que Tidjane Thiam. Il est également plus grand que Magloire Anoma Kouao. Il est plus grand que chacun de ses dirigeants et de ses cadres.
La « maison verte » appartient à l’ensemble de ses militants.
Aux anciens de transmettre.
Aux nouvelles générations de construire.
Aux dirigeants d’écouter.
Aux contestataires de proposer.
Et à tous de préserver l’essentiel : l’unité du parti, le respect de ses textes, la vitalité de son débat interne et la conquête démocratique du pouvoir d’État.
Le véritable militantisme ne se mesure pas seulement au nombre d’années passées dans une maison politique. Il se mesure aussi à la capacité de la faire vivre, de respecter ses règles et d’accepter le verdict de ceux qui en constituent la base.