L’idylle légendaire tant vantée entre la France et ses ex-colonies de l’Afrique Subsaharienne est à son apogée. Zoom sur les raisons d’un tel revirement de situation, les opportunités saisies par les nouveaux dirigeants africains et les paradoxes internationaux soutenus par la France qui portent un coup à son image.
Les raisons de la rupture de l’idylle entre la France et ses ex-colonies d’Afrique subsaharienne
Trop c’est trop. Des milliers d’années de manoeuvres claires-obscures de la France et ses alliés en Afrique, avant, pendant et après les indépendances pipées auront forgé chez les Africains, des sentiments de rage et de frustration. « Un jour pour le preneur et un autre jour pour le voyeur »; dixit les Sages en Afrique.
C’est donc un véritable ouff de soulagement que poussent les populations d’Afrique subsaharienne car des pas courageux de géant viennent d’être franchis du Mali au Niger, en passant par le Sénégal et le Tchad, grâce à la clairvoyance de certains nouveaux dirigeants, tous, petits fils de tirailleurs sénégalais, valeureux soldats pourtant profondément et gauchement humiliés à Thiaroye après la Grande Guerre.
Pour la première fois, le « NON », ce fameux mot de trois lettres, a été lâché frontalement aux yeux et à la barbe des dirigeants du pays qui porte toujours le primat des intérêts sur le sens plein et profond de l’amitié dans ces contrées où la solidarité est toujours inscrite au fronton de chaque résidence, dans les gènes, les comportements et sur toutes les lèvres des populations.
La preuve, de mère chérie parmi les partenaires militaires, la France, du moins son armée ou sa Légion Étrangère et non sa population, est persona non grata. Modifiant radicalement les relations de défense et la quête d’un mieux-être sécuritaire inspirée du roucoulement en terre ivoirienne entre l’armée française et les rebelles du MPCI sous Gbagbo et de la politique du varan de l’ex-force occidentale hybride au Sahel.
Après l’armée, idem bientôt pour ses dirigeants en cas de non changement de paradigmes condescendants dans leurs rapports avec les Africains. Là, c’est un autre coup de massue qui lui (Ndlr : La France) sera appliqué : la nationalisation des entreprises françaises, voir du Bloc otanien, pour boucler la boucle.
L’opportunité d’actions des nouveaux dirigeants africains
Il aura donc fallu attendre l’ère de Poutine, de Kim, de Xi et des BRICS, après plusieurs décennies de combats et d’illumination des populations africaines par les leaders de la trempe de Lumumba Patrice Éméry, Samory Touré, Sékou Touré, Kwamé N’Kruma, Yaméogo, Thomas Sankara et Laurent Gbagbo mais aussi, et surtout, l’avènement de la crise d’Ukraine, pour voir les dirigeants de l’Afrique refuser radicalement de s’aligner veulement et aveuglement pour la première fois sur la position de l’Occident, briseur du pacte international entre les deux géants militaires après Cuba et Minsk.
Profitant de cette aubaine, les nouveaux dirigeants illuminés de l’Afrique subsaharienne ont porté le bonnet rouge aux vieilles attitudes politiques occidentales téléchargées par la France sur leur sol pour mieux les maintenir sous son joug : la FRANÇAFRIQUE.
Des paradoxes de la politique internationale de la France dénoncés par les Africains
Autant la France soutient avec force ferveur la LIBERTÉ TOTALE DANS LE MONDE: LIBERTÉ POLITIQUE, LIBERTÉ MILITAIRE ET LIBERTÉ ÉCONOMIQUE de l’Ukraine, de Taïwan et de Hong-Kong, autant tous les pays d’Afrique dont toutes ses ex-colonies ont aussi besoin de s’affranchir maintenant de leur indépendance sous la baillonnette imposée par le Général De Gaulle, depuis.
Après les demandes explicites de départ des soldats français de certains pays de l’Afrique subsaharienne dont le Mali, le Niger, le Tchad et le Sénégal, les réactions des Présidents Gabonais et Ivoiriens sont vivement attendues par les panafricanistes sur ce sujet. Oseront-ils franchir le RUBICON ?
Feu l’écrivain Ahmadou Kourouma disait à raison que « Quant on est plus dedans, on dit NON ».
Ouncado Pierrot