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Sassandra : Les hôteliers sensibilisés à la Taxe de Développement Touristique

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La campagne de sensibilisation sur la Taxe de Développement Touristique (TDT) s’est tenue le lundi 19 octobre 2026 à l’hôtel Ayoka de Sassandra, sous la présidence du préfet de la région du Gbôklè, préfet du département de Sassandra, Kouassi Bruno Yao. Cette initiative vise à renforcer la compréhension des nouvelles dispositions fiscales applicables au secteur hôtelier et à favoriser le financement du développement touristique en Côte d’Ivoire.

Les propriétaires d’établissements hôteliers et d’espaces ludiques de la région du Gbôklè ont été instruits sur les modalités de collecte, de sécurisation et de reversement de la Taxe de Développement Touristique (TDT), à l’occasion d’une campagne de sensibilisation organisée par le ministère du Tourisme et des Loisirs, en collaboration avec la Direction générale des Impôts et la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement du tourisme, dénommée « Sublime Côte d’Ivoire », qui ambitionne de renforcer l’attractivité de la destination ivoirienne et de consolider les investissements dans le secteur touristique.

Les échanges ont été animés par Django Mathias, représentant du directeur général du Tourisme, Koffi Benson, représentant de la Direction générale des Impôts, et Doubahi Jeannot, représentant de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique. Les intervenants ont présenté les nouvelles dispositions de l’annexe fiscale 2026 relatives à la TDT, en insistant sur les obligations des opérateurs concernés ainsi que sur les mécanismes de collecte et de reversement de cette taxe.

Ils ont également expliqué que les ressources issues de la TDT contribuent à alimenter le Fonds de développement touristique (FDT). Ce mécanisme de financement vise notamment à soutenir les acteurs du secteur et à favoriser la réalisation d’infrastructures touristiques, avec pour ambition de faire de la Côte d’Ivoire une destination de référence en Afrique.

Présidant la rencontre, le préfet de la région du Gbôklè, préfet du département de Sassandra, Kouassi Bruno Yao, a salué l’initiative et invité les acteurs locaux à s’impliquer activement dans sa réussite. Il les a exhortés à faire preuve de civisme fiscal en s’acquittant régulièrement des taxes et contributions liées à leurs activités, afin de contribuer à la mobilisation des ressources nécessaires au développement du tourisme.

La rencontre a enregistré la participation des élus locaux, de la directrice régionale du Tourisme des régions de San Pedro et du Gbôklè, ainsi que des propriétaires d’établissements hôteliers et d’espaces ludiques de la région.

À travers cette campagne, les autorités entendent renforcer l’adhésion des professionnels aux mécanismes de financement du tourisme et promouvoir une gestion plus efficace des ressources destinées au développement du secteur en Côte d’Ivoire.

Bibi floor

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COTE D’IVOIRE : Mobilité durable , Abidjan passe des paroles aux actes

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La 2e Conférence internationale de la mobilité durable et du climat (CIMDC 2026) s’est achevée ce mercredi 21 octobre à Abidjan, avec l’adoption d’une Déclaration d’Abidjan destinée à transformer les engagements en actions concrètes. Plus de 1 300 participants issus de 40 pays ont pris part aux travaux.

Après trois jours d’échanges, de réflexions et de propositions, la 2e Conférence internationale de la mobilité durable et du climat (CIMDC 2026) a officiellement refermé ses portes ce mercredi 21 octobre 2026, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. La cérémonie de clôture, présidée par le Ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, représenté par son Directeur de cabinet, Dioman Coné, a marqué une étape importante dans la recherche de solutions durables aux défis de la mobilité urbaine en Afrique.

Ouverte quelques jours plus tôt par le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, cette rencontre internationale a mobilisé plus de 1 300 participants, dont plus de 800 Ivoiriens et environ 400 délégués venus de 40 pays. Conférence scientifique, forum d’affaires de l’Union européenne, panels et ateliers ont permis aux acteurs publics, aux experts, aux entreprises et aux partenaires techniques et financiers de confronter leurs expériences et de formuler des recommandations.

Au cœur des échanges, quatre enjeux majeurs : l’articulation entre urbanisme et mobilité, la gouvernance et le financement, la lutte contre le changement climatique ainsi que l’innovation sociale et l’inclusion. Pour Romain Kouakou, Directeur général de l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), ces travaux traduisent la volonté commune de faire de la mobilité durable un levier essentiel du développement des villes.

Il a notamment insisté sur la nécessité d’une planification intégrée, d’une gouvernance associant davantage les collectivités territoriales, de mécanismes de financement adaptés et du renforcement des compétences locales. Le suivi des engagements à travers des indicateurs précis devra également permettre de mesurer les progrès accomplis et de maintenir la mobilisation des décideurs.

L’un des temps forts de la cérémonie a été l’annonce du programme « Femmes MOB », un incubateur destiné à promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans le secteur de la mobilité. Présenté par Astrid Dessi Foulon, directrice juridique et des relations publiques du groupe suédois Scania en Afrique de l’Ouest, ce programme d’une durée d’un an reposera sur le mentorat, la découverte des métiers et la formation à la gestion d’entreprise. Sa première cohorte, prévue en 2027, accueillera quatre femmes, dont deux à Abidjan et deux à Dakar. Baptisée « promotion Astou Cissé », elle rendra hommage à la première femme à la tête d’une entreprise de transport du personnel.

Cette initiative entend contribuer à réduire les inégalités d’accès aux métiers de la mobilité. Selon Astrid Dessi Foulon, les femmes font face à des difficultés spécifiques dans leurs déplacements quotidiens, entre responsabilités familiales, coût du transport et insécurité. « La mobilité ne se fera pas sans les femmes », a-t-elle affirmé, appelant à une mobilisation collective en faveur de leur participation au secteur.

La cérémonie a également récompensé les initiatives innovantes à travers l’Appel à initiatives mobilité durable (AIMD), organisé avec l’AMUGA et plusieurs partenaires, dont l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny. Sur 63 candidatures reçues en six mois, six projets ont été distingués après une sélection et des présentations devant un jury. Les lauréats ont reçu des prix compris entre 500 000 et 2 millions de FCFA.

Le grand prix est revenu à Jean-Marc André pour « Bon Chauffeur », une application pédagogique destinée à encourager l’écomobilité. Les initiatives primées couvrent notamment l’électromobilité, les solutions numériques et la modernisation du transport artisanal. L’appel à projets sera reconduit tous les deux ans.

Pour François Durovray, président de la CODATU et ancien ministre français des Transports, les enjeux de mobilité dépassent largement la seule question des infrastructures. « Faire de la mobilité, c’est permettre à nos concitoyens de s’éduquer, de travailler, de se soigner. En un mot, de faire société », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance d’une planification urbaine cohérente et d’une meilleure prise en compte du transport artisanal, tout en appelant les acteurs à passer résolument à l’action.

Le principal acquis de cette deuxième édition reste l’adoption de la Déclaration d’Abidjan, un document de douze pages porté par les trois co-organisateurs : la CODATU, l’AMUGA et Climate Chance. Présenté par Jean-Jacques Helluin, délégué général de la CODATU, ce texte définit une feuille de route pour accompagner la transformation des systèmes de mobilité, particulièrement dans les villes africaines confrontées à une urbanisation rapide et aux effets croissants du changement climatique.

La déclaration repose sur plusieurs principes, notamment l’accès à la mobilité pour tous, une organisation publique efficace, la reconnaissance du rôle du transport artisanal, la sobriété et la justice climatique. Elle préconise le renforcement des autorités organisatrices de la mobilité, le développement de transports collectifs accessibles et de qualité, la promotion de la marche et des autres modes actifs, ainsi que la décarbonation progressive et équitable des déplacements.

Le document met également l’accent sur la résilience des infrastructures face aux catastrophes, la préservation de la biodiversité, la mobilisation des financements, l’innovation, l’emploi et l’inclusion des populations vulnérables. Il appelle enfin à renforcer la coopération entre pays africains et à faire reconnaître la mobilité urbaine comme un secteur prioritaire dans les engagements climatiques nationaux liés à l’Accord de Paris.

Plusieurs intervenants ont salué cette orientation. Fatim Chigate Tuo, représentant les étudiants en transport et urbanisme, a notamment relevé la place accordée aux femmes et aux jeunes. De son côté, Gilles Vermot Desroches, représentant de Schneider Electric, a annoncé que le groupe mettrait ses infrastructures de recharge pour véhicules électriques à la disposition des Ivoiriens à compter du 1er janvier, sans préciser davantage les modalités de ce déploiement. Delali Adedje, de la coopérative togolaise Yokoum, a pour sa part rappelé que la justice climatique devait également intégrer les réalités du monde rural.

Dans la continuité de cette dynamique, la CODATU a signé une convention avec l’Association africaine des autorités organisatrices de la mobilité, dont Romain Kouakou est le premier vice-président. Cette organisation, qui représente déjà près d’une centaine de millions d’habitants, entend contribuer au renforcement des capacités institutionnelles et à une meilleure coordination des politiques de mobilité sur le continent.

Le président de Climate Chance, le sénateur français Ronan Dantec, a présenté les principales orientations de la feuille de route : diffuser largement la Déclaration d’Abidjan, mutualiser les initiatives, porter les recommandations dans les grandes rencontres internationales et renforcer les capacités des autorités de mobilité. Il a rappelé que le sommet Climate Chance organisé à Abidjan en 2018 avait contribué au lancement de la première étude sur la mobilité dans le Grand Abidjan, prélude aux évolutions engagées depuis.

Dans son discours de clôture, le Ministre Amadou Koné, par la voix de son Directeur de cabinet, a retenu trois priorités : mieux articuler la mobilité et l’aménagement urbain, accélérer le développement de transports collectifs intégrés et accessibles, puis mobiliser les financements climatiques et concessionnels tout en préservant la soutenabilité des finances publiques.

Ces orientations font écho aux projets structurants engagés en Côte d’Ivoire, notamment le métro d’Abidjan, le Bus Rapid Transit (BRT) et le transport lagunaire. Les recommandations issues de la conférence seront consolidées et soumises au gouvernement en vue de leur prise en compte dans les politiques publiques.

« La mobilité durable n’est pas seulement un défi environnemental. Elle est un levier de croissance, de compétitivité et de progrès social », a souligné Dioman Coné, au nom du Ministre.

Après le dîner offert aux participants, des visites des chantiers du métro et du BRT ainsi que de sites touristiques sont prévues ce jeudi 22 octobre. La troisième édition de la CIMDC est désormais en perspective, même si son pays ou sa ville d’accueil reste à déterminer.

À Abidjan, le rendez-vous s’achève donc sur une feuille de route commune. Reste désormais à traduire les recommandations en décisions, puis les décisions en réalisations concrètes, au bénéfice des populations.

Christ Kémondé

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Société

Facobly : reprofilage des routes / les engins sont prêts, la pluie retarde le démarrage des travaux

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Trois semaines après la présentation officielle des engins acquis par la mairie, le reprofilage des routes de Facobly est temporairement freiné par la persistance des pluies. Le personnel est recruté et formé, le calendrier des interventions est établi et les premiers kilomètres ont déjà été traités. Le maire, Gnamké Moïse, promet une reprise des travaux dès l’amélioration des conditions météorologiques.

À Facobly, dans la région du Guémon, les engins de travaux publics acquis par le Conseil municipal sont prêts à reprendre du service. Présentés officiellement le mardi 29 septembre 2026, la niveleuse, le camion-benne et la chargeuse ont commencé à être mis à contribution dès le lendemain de la cérémonie. Mais la persistance des pluies, inhabituelle pour cette période de l’année, retarde le déploiement du programme de reprofilage des routes dans la commune.

Pour répondre aux interrogations des populations, le maire Gnamké Moïse apporte des précisions sur les dispositions prises et les raisons de cette suspension temporaire.

Conformément aux dispositions du contrat de service après-vente conclu avec le fournisseur, un expert a été dépêché à Facobly pour assurer la sélection et la formation du personnel chargé de la conduite et de l’entretien des engins.

Sur une dizaine de candidats ayant fait acte de candidature, cinq ont été retenus pour une formation pratique d’environ dix jours. Cette phase a notamment permis de tester leurs compétences sur le terrain. À cette occasion, la voie reliant la mairie au petit pont, en direction de la morgue, a été reprofilée.

À l’issue de cette évaluation, quatre professionnels ont été définitivement retenus : un conducteur de niveleuse, un conducteur de camion-benne, un conducteur de chargeuse et un responsable de la maintenance. Ce dernier a également bénéficié de rappels techniques sur les procédures d’entretien, indispensables à la préservation du matériel communal.

La mairie prévoit, par ailleurs, de former progressivement des jeunes de la commune afin de renforcer les compétences locales dans la conduite de ces équipements.

Le calendrier des travaux était établi, avec un démarrage initialement prévu le 14 octobre 2026. Les engins sont effectivement sortis à cette date, mais les conditions météorologiques n’ont pas permis de poursuivre les opérations dans des conditions optimales.

Le programme prévoit de commencer par le chef-lieu de commune avant de s’étendre progressivement aux différents axes routiers et à l’ensemble des villages de Facobly. L’objectif affiché est d’achever cette campagne de reprofilage d’ici février 2027, avant le retour des grandes pluies.

Dans ce dispositif, la niveleuse occupe une place centrale en raison de son adaptation aux pistes villageoises. La chargeuse interviendra ponctuellement en renfort, selon les besoins constatés sur le terrain.

Si les équipements sont disponibles et les opérateurs prêts, la météo constitue actuellement le principal frein à l’exécution du programme. Le maire Gnamké Moïse relève que les pluies se poursuivent au-delà de la période habituelle.

« D’habitude, à partir du 15 octobre, ce ne sont plus que de petites pluies. Cette année, ce n’est pas le cas », constate-t-il.

Pour l’édile, maintenir les engins sur des pistes détrempées entraînerait une hausse importante de la consommation de carburant, sans résultat proportionnel. Alors qu’une équipe peut normalement traiter trois à quatre kilomètres de route par jour, le rendement pourrait tomber à environ un kilomètre dans ces conditions.

« Lancer les machines sous la pluie, c’est gaspiller l’argent du contribuable », estime le maire, qui privilégie ainsi une gestion rationnelle des ressources communales.

La reprise des travaux est envisagée dès l’accalmie, avec l’espoir d’un retour à des conditions favorables avant la fin du mois d’octobre.

Gnamké Moïse assure que l’arrêt temporaire des opérations ne signifie nullement l’abandon du programme. Le personnel recruté continue d’être rémunéré, même lorsque les engins ne sont pas en activité. À terme, la mise en location de ces équipements figure également parmi les perspectives envisagées par la mairie pour générer des ressources supplémentaires.

« Des engins garés ne profitent à personne, et certainement pas à la mairie », souligne-t-il.

À Facobly, l’enjeu est désormais de profiter de la première accalmie durable pour engager pleinement les travaux et améliorer progressivement l’état des routes reliant le chef-lieu aux villages. Malgré ce contretemps météorologique, la municipalité maintient son objectif : faire des engins acquis un véritable outil de développement local au bénéfice des populations.

Christ Kémondé

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Zoukougbeu : De retour après plusieurs mois d’absence, le maire Maurice Deabo Pocka annonce un audit de la gestion communale

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Après plusieurs mois d’absence pour des raisons de santé, le maire de Zoukougbeu, Maurice Deabo Pocka, a regagné sa commune le mercredi 14 octobre 2026. À l’occasion de son retour, l’édile a évoqué le fonctionnement de la mairie, les tensions avec certains de ses collaborateurs et des soupçons de mauvaise gestion. Il annonce notamment le recours à un huissier de justice pour faire constater la gestion de certains services municipaux.

Le retour du maire Maurice Deabo Pocka à Zoukougbeu est marqué par des déclarations sans détour sur la situation au sein de l’administration communale. Dans cet entretien accordé à Infocentrale, il exprime son mécontentement face à l’attitude de certains collaborateurs, tout en appelant les populations au calme. Il affirme également vouloir prendre des dispositions pour renforcer le contrôle de la gestion municipale.

Infocentrale : Monsieur le Maire, après plusieurs mois d’absence pour des raisons de santé, comment vous portez-vous ?

Maurice Deabo Pocka : Merci, mon fils. Je suis très heureux d’être là aujourd’hui. C’est Dieu qui fait tout et je lui rends gloire. Ceux qui m’ont vu avant cette rencontre peuvent témoigner de mon état de santé. Aujourd’hui, ma voix est revenue.

Je voudrais également remercier tous mes parents pour l’accueil fraternel et chaleureux qu’ils m’ont réservé, ainsi que pour leur forte mobilisation. Les nouvelles parviendront à ceux qui n’ont pas pu effectuer le déplacement.

Infocentrale : Comment se porte la mairie de Zoukougbeu après votre longue absence ?

Maurice Deabo Pocka : On peut appartenir à un même groupe ou à un même conseil municipal sans partager la même vision. Dans certaines communes, pour devenir adjoint au maire, il faut participer activement à la campagne électorale. Ici, à Zoukougbeu, j’ai contribué à faire élire certains de mes collaborateurs, mais leur comportement actuel me déçoit.

Le mardi 13 octobre, les quatre adjoints au maire sont venus me rencontrer à Abidjan. Ils m’ont dit qu’ils étaient venus présenter leurs excuses. Je leur avais pourtant demandé de rester à Zoukougbeu afin que nous puissions discuter devant nos parents. Ils ont préféré venir me voir à Abidjan avant mon retour dans la commune.

J’ai apprécié leur démarche, mais je voulais surtout constater moi-même la situation sur le terrain. À mon arrivée, je les ai appelés, mais aucun n’est venu me rencontrer.

Ils n’ont pas participé aux travaux des commissions. Toutefois, les commissions ont pu travailler. Le maire préside ces commissions, tandis que les adjoints en assurent la vice-présidence. Deux commissions importantes ont travaillé et leurs conclusions sont entre les mains du secrétaire général de la mairie.

Je suis satisfait de la présence des journalistes, des chefs de village, des chefs de communautés, du sous-préfet de Zoukougbeu et du secrétaire général de la préfecture, qui représentait la préfète du département. La session s’est bien déroulée. À l’avenir, je ferai tout pour être présent lorsqu’une session importante sera organisée.

Infocentrale : Pourquoi les quatre adjoints au maire sont-ils venus à Abidjan pour vous présenter leurs excuses ?

Maurice Deabo Pocka : Je les avais convoqués à Abidjan à une période où des difficultés ont conduit au report du budget modificatif.

Des jeunes ont bénéficié d’un financement de 2 500 000 FCFA destiné à certaines activités de vacances, mais, selon les informations qui m’ont été communiquées, ces activités n’ont pas été réalisées. Le secrétaire général de la mairie, qui est très disponible, m’a rendu compte de la situation.

Ce qui me préoccupe, c’est que certains de ceux qui soutiennent ces pratiques sont des adjoints au maire.

Nous devons également tout mettre en œuvre pour élaborer le programme triennal 2027-2029.

Par ailleurs, je déplore certaines pratiques que je juge irrégulières. Comment un directeur technique peut-il attribuer des marchés relatifs à un même projet à deux entreprises ? Comment peut-on prendre une chargeuse appartenant à la commune pour exécuter des travaux ailleurs et, selon mes informations, faire encaisser les recettes en dehors de la caisse municipale ?

Dans une commune, les recettes doivent être gérées conformément aux règles de la comptabilité publique. Le régisseur est chargé de leur conservation et de leur gestion selon les procédures en vigueur. Je ne comprends donc pas que des fonds puissent, comme je le soupçonne, être remis à des responsables pour être ensuite partagés entre eux.

Infocentrale : Quel sort réservez-vous aux adjoints au maire qui ont été absents lors de la troisième session du conseil municipal, tenue le vendredi 16 octobre 2026 ?

Maurice Deabo Pocka : Chacun devra désormais faire preuve de prudence et de responsabilité. Les adjoints restent mes collaborateurs. S’ils viennent travailler, nous travaillerons ensemble. Mais ils doivent comprendre que je resterai attentif à leur comportement et à l’exercice de leurs fonctions.

Je prendrai, dans les prochains jours, des dispositions pour associer d’autres conseillers municipaux à certaines responsabilités, notamment en matière de signature, dans le respect des textes applicables.

Dans certaines mairies, le secrétaire général est également habilité à signer des extraits d’actes d’état civil, dans le cadre d’une délégation régulière. Il faut donc que chacun assume ses responsabilités et que le fonctionnement de la mairie soit assuré dans les règles.

Infocentrale : L’une des commissions a recommandé le départ des directeurs techniques, du directeur financier et du chef des services administratifs. Quelle est votre appréciation ?

Maurice Deabo Pocka : Cette recommandation traduit la manière dont les membres de la commission apprécient la situation. Pour ma part, je considère que certaines pratiques ne peuvent pas continuer.

Les agents de l’État affectés à la mairie sont là pour travailler au service de la population. Je déplore notamment des comportements que je juge incompatibles avec leurs responsabilités, en particulier des absences répétées pour se retrouver dans les maquis situés en face de la mairie.

Cette recommandation engage ses auteurs, mais je partage la nécessité d’examiner sérieusement les problèmes soulevés. La situation ne peut pas rester en l’état. Des dispositions devront être prises dans le respect des procédures administratives.

Infocentrale : Quel message adressez-vous à la population de Zoukougbeu dans ce contexte de tensions au sein de la mairie ?

Maurice Deabo Pocka : Je demande à la population de rester calme. Le mensonge va vite, mais la vérité prend du temps.

Certains ne croyaient pas que je reviendrais à Zoukougbeu. Pourtant, je suis là. Le mardi 13 octobre, des collaborateurs sont venus me rencontrer à Abidjan pour présenter leurs excuses. Certains étaient très émus. Mais, à mon arrivée dans la commune, je n’ai pas constaté leur présence.

Ceux qui veulent travailler sont les bienvenus. Toutefois, je prendrai les dispositions nécessaires pour que chacun assume ses responsabilités.

Concernant le secrétaire général de la mairie, je tiens à préciser que son affectation relève de sa hiérarchie administrative. Ce n’est pas moi qui l’ai affecté à Zoukougbeu. S’il refuse de rejoindre son poste, il appartient à son supérieur hiérarchique d’apprécier la situation et de prendre les mesures qui s’imposent.

Infocentrale : Vous avez évoqué des soupçons concernant l’utilisation du matériel communal et la gestion des recettes. Quelles mesures comptez-vous prendre ?

Maurice Deabo Pocka : Je veux que toute la lumière soit faite sur la gestion de la commune. Je m’interroge notamment sur l’utilisation de certains équipements municipaux pour des travaux effectués en dehors de Zoukougbeu et sur la destination des recettes qui en découlent.

Avant de retourner à Abidjan, je vais faire appel à un huissier de justice pour faire constater les éléments relatifs à la gestion. Je veux que les faits soient établis.

Ma signature est celle qui engage la commune devant les institutions de contrôle, notamment la Cour des comptes. Je ne peux donc pas rester indifférent aux pratiques susceptibles d’engager ma responsabilité.

J’ai déjà pris des mesures fermes au cours de mon premier mandat. Je prendrai, une nouvelle fois, mes responsabilités si les faits le justifient.

Entretien réalisé par Kevin Bakou

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